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Full text of "Bulletin Societe D'Histoire Naturelle de Toulouse (et de Midi Pyrenees)."

BULLETIN 




DE LA 



SOCIÉTÉ 



D'HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE 



TROISIÈME ANNÉE. - TOME III. 




TOULOUSE 

TYPOGRAPHIE DE BONNAL ET GIBRAC 

RUE SAINT-ROME, 44. 
1869. 




BULLETIN 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

DE TOULOUSE. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIETE 



D'HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE. 



TROISIEME ANNÉE. - TOME III. 



TOULOUSE 

[TYPOGRAPHIE DE BONNAL ET'GIBRAC, 

RUE SAINT-ROME, 44. 

1869. 



BULLETIN 



DE LÀ 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

DE TOULOUSE. 



Étude des formations secondaires 
des bords S.-O. du plateau central de la France , 

ENTRE LES VALLÉES DE LA YÈRE ET DU LOT. 
Découverte dans ces régions du Permien, du Muschelkàlk , du Keuper 

ET DE l'ÏNFRALIAS (PI. I) (1), 
Par M. Henri MAGNAN. 



PRÉAMBULE. 

Si l'on jette les yeux sur la Carte géologique de la France , on 
voit entre la petite rivière de la Vère, affluent de l'Aveyron , et 
Asprières, non loin du Lot, une bande formée par les terrains 
triasique, liasique et oolithique inférieur, dirigée en moyenne 
N. N. E. Cette bande, qui mesure 70 kilomètres de longueur sur 
20 kilomètres environ de largeur, est limitée, à l'ouest, par les 
étages oolithiques moyen et supérieur, qui constituent les immenses 
plateaux calcaires, connus dans le Midi sous le nom de causses, 
et à l'est, par les formations tertiaires de Castelnau-de-Montmirail 
et de Cordes (Tarn), et par les terrains cristallins de Laguépie, de 
Najac et de Villefranche. 

De nombreuses recherches m'ont fait découvrir, le long de cette 

(1) Séance du 5 mars 1869. 



- 6 - 

bande, des horizons restés jusqu'ici inconnus dans le S. 0. de la 
France, — sur lesquels je crois devoir appeler dès aujourd'hui 
l'attention des géologues, — et m'ont amené à des conclusions 
importantes, d'abord au point de vue de l'analogie qui existe entre 
les formations secondaires du Midi et celles du Nord de la France 
et de l'Europe, puis en ce qui touche à l'âge relatif des accidents 
qui se sont produits sur les bords S. 0. du plateau central et au 
rôle considérable qu'y ont joué les érosions à diverses époques 
géologiques. 

Avant de faire connaître les faits sur lesquels reposent ces 
conclusions, je passerai en revue les travaux qui ont été publiés 
sur la région dont il. s'agit, afin de montrer où en était la géologie 
de celte partie de la France avant mes recherches (1). 



HISTORIQUE. 

En 4830, Dufrénoy, dans un grand travail intitulé : Considéra- 
tions générales sur le plateau central de la France et particuliè- 
rement sur les terrains secondaires qui recouvrent les pentes 
méridionales du massif primitif qui le compose (2), après avoir 
décrit les terrains anciens et donné des détails très-instructifs sur 
la formation houillère des départements du Lot et de l'Aveyron , 
plaçait dans le terrain degrés bigarré et de marnes irisées (p. 31 3) , 
les couches rougeâtres, poudingiformes, gréseuses, schisteuses et 
gypseuses, qui, en réalité, appartiennent au permien et au grès 
bigarré, et dans le lias, les grès siliceux et les marnes du keuper, 
ainsi que les couches du lias inférieur et moyen. 

La séparation du lias avec l'oolithe ne pouvait pas, à cette épo- 
que, être exempte de quelque incertitude; aussi voyons-nous 
tantôt les marnes à Ostrea cymbium du liasien associées à l'oolithe 
inférieure (p. 431), et tantôt les couches à Ostrea sublobata 
(0. arcuata pour Dufrénoy) et à Ammonites bifrons, de la base 

(1) Ce travail a été communiqué, en partie, à l'Académie des Sciences, dans 
la séance du 8 février 1869 ; il a été renvoyé devant une commission composée 
de MM. Ch. Sainte-Claire-Deville et de Verneuil. (Compt. rend, de l'Institut, 
vol. LXVUI, p. 311). 

(2) Mém. pour servir à une descript. géol. de la France, vol. I, p. 241 ; 1830. 



du bajoeien et du lias supérieur, classées comme appartenant au 
lias inférieur. 

En revanche, nous devons dire : que le savant géologue avait 
mis à leur vraie place les immenses dépôts calcaires et argileux, 
qui constituent le système oolilhique, système dans lequel il avait 
recounu les trois grands étages étudiés en Angleterre. 

L'Administration des mines chargea M. Manès d'étudier les grés 
du bassin de Cordes, l'inclinaison et la couleur blanchâtre de ces 
grès les ayant fait prendre souvent pour du terrain houiller. En 
1836 (1), cet ingénieur les rangea, en majeure partie, dans le trias 
(grès bigarré). Les grès blancs, fins, exploités, de Gastanet et de 
"Villevayre, — qu'il considérait, avec raison, comme supérieurs, 
— furent seuls mis par lui, au niveau du Quadersandstein 
(lias inférieur). 

En 1841, ces couches gréseuses sont coloriées comme triasiques, 
sans distinction d'étages, sur la Carte géologique de la France, due 
à MM. Dufrénoy et Elie de Beaumont. La même teinte est appliquée 
aux terrains qui constituent la forêt de la Grésigne et le bois de 
Vaour. Les calcaires magnésiens, les cargneules, les calcaires et 
les marnes (zechstein, muschelkalk, keuper, infralias, lias inf. et 
moyen ) qui circonscrivent ces régions , sont considérés comme 
appartenant au système oolithique inférieur et les marnes du lias 
supérieur, à Ammonites bifrons et de la base de l'oolithe, à Ostrea 
sublobata, qui se montrent le long de l'Aveyron, entre Bruniquel 
et Saint-Antonin, sont mises sur l'horizon de YOstrea arcuata, 
c'est-à-dire coloriées comme appartenant au lias inférieur. 

M. Fournet, en 1845 (2), se basant sur des caractères litholo- 
giques, pense que les couches de calcaire magnésien et esquilleux 
de la base du jurassique, représentent le muschelkalk, depuis Lyon 
jusque dans le Rouergue. A ce propos, M. Leymerie fait observer, 
avec juste raison, qu'il existe dans le lias des calcaires ressem- 



(1) Ânn. des mines, 3<? sér., vol. X, p. 147; 1836. — Dufrénoy, Explication 
de la carte géol. de la France, vol. II, p. 140 et suiv. ; 1848. 

(2) Eludes sur le terrain jurassique, etc. — Ann. de la Soc. royale d'agri- 
culture de Lyon, vol. VI ; 1845. — Bull, de la Soc. géol. de France, 2e sér., 
vol. III, p. 29 ; 1845. 



_ 8 - 

Mant à ceux du muschelkalk. Je dois ajouter que faute de données 
suffisantes, le savant professeur de Toulouse croit pouvoir affirmer 
que ce dernier terrain n'existe pas dans ces régions (4). 

Dufrénoy, en 1848, donne une bonne coupe des environs de 
Villcfranche (2), sans pourtant reconnaître la faille qui fait buter là, 
le terrain jurassique contre les gneiss. 11 démontre que les calcai- 
res compactes, esquilleux, variés et les cargneulesque M. Fournet 
croyait appartenir au muschelkalk, représentent en réalité, le lias 
inférieur, puisqu'ils reposent, non loin de Villefranche,sur les mar- 
nes irisées du trias et qu'ils sont surmontés par les couches à 
Pecten œquivalvis, Ostrea cymbium et par les bancs ferrugi- 
neux fossilifères de Veuzac. Ces dernières couches et ces bancs, 
qui appartiennent au liasien de d'Orbigny, sont rangés, par 
Dufrénoy, dans les marnes de l'oolithe inférieure; mais il 
place, à juste titre, dans ce dernier étage, les calcaires de 
Toulongergues et de Mauriac à Terebratula perovalis. 

La même année, de Boucheporn termine la Carte géologique du 
département du Tarn (5) ; il range dans le trias, comme ses pré- 
décesseurs, les terrains des forêts de la Grésigne et de Vaour 
en y signalant, en certains points, une couche de calcaire magné- 
sien. Pour cet ingénieur, les couches qui bordent les forêts dont je 
viens de parler, sont liasiques et oolithiques. Son travail ne nous 
éclaire pas sur les relations des terrains jurassiques entre eux, 
puisque dans les coupes qui accompagnent sa carte , une seule 
teinte est consacrée à celte puissante formation, dans laquelle il 
comprend : les grès, lesdolomies et les marnes du keuper(4). 

M. A. Boisse, dans un excellent travail Sur les gîtes métallifè- 
res de l'Âveyron, etc. (5) donne, en 1853, plusieurs coupes de la 
région comprise entre la Salvetat, près de Najac, et Veuzac au N. de 



(1) Bull, de la Soc. gêol. de France, 2 e sér., vol. III, p. 42; 1855. 
12) Explication de la carie cjèol. de la France, vol. II, p. 677 5 1848. 

(3) Quatre feuilles avec coupes, 1848. 

(4) Voir aussi un dessin dû à de Boucheporn, que Dufrénoy a inséré dans le 
vol. II de Y Explication de la carte géologique de la France, p. 684. Ce dessin 
représente graphiquement, les terrains de Vaour et des bords de l'Aveyron. 

(5) Ann. des mines, "»•■ sér., vol. II, p. 567; 1853. 



_ 9 - 

Villefranche. Ce travail est accompagné d'une carte géologique des 
environs de Najac et de Villefranche, qui, plus tard, a été refondue 
quand l'auteur a dressé la Carte géologique du département de 
l'Aveyron(i). Dans cette dernière, remarquable d'ailleurs à pi us d'un 
titre , M. Boisse, adoptant en majeure partie, la manière de voir et 
)a classification de MM. Dufrénoy et Elie deBeaumont, a compris 
sous la dénomination de Terrain problématique peut-être houiller, 
(P), de Trias (t), et de Formation gypseuse .(f. g.), des couches 
appartenant au permien et au grès bigarré proprement dit; sous 
celle de Grès infraliasique (J J, les grès blancs, les calcaires dolo- 
mitiques et les marnes irisées du keuper ; sous celle de Calcaires 
du lias (J,), les calcaires en petites couches de l'infra lias et les cal- 
caires magnésiens et variés du lias inférieur; sous celle de Marnes 
supraliasiques (J), le lias moyen (liasien de<TOrbign\) ; sous celle 
de Marnes infraoolithiques (J 1 ), le lias supérieur (toarcien, id) ; 
enfin, sous celle de Calcaires de l'oolithe inférieure (J 2 ), les calcai- 
res, les dolomies et les cargneùles de l'oolithe inférieure, ainsi que 
les couches que Dufrénoy avait rangées, avec juste raison, dans 
l'oolithe moyenne. 

Marcel de Serres, dans une Notice géologique sur le départe- 
ment de VÂveyron (2), qui n'est pas d'un grand secours à celui 
qui veut s'occuper sérieusement des terrains, a divisé le lias de 
l'Aveyron en trois étages. Ainsi que le fait remarquer M. d'Archiac, 
il cite quelquefois dans ce groupe des fossiles qui caractérisent 
l'époque carbonifère. 

M. d'Archiac, résumant en 1856, dans son Histoire des progrès 
de la géologie (3) les travaux des savants dont je viens de citer 
les noms et de plusieurs autres, disait, à propos des terrains lia- 
siquesdes bords du plateau central de la France : 

« Dans la zone sud-ouest ou au moins dans sa plus grande 



(1) Imprimerie impériale, 1858. (Le texte de celte carte n'a pas encore été 
publié.) 

(2) Ann. de la Soc. royale d'agriculture de Lyon. 

(3) Vol. VI, p. 524; 1856 



- 10 - 
» partie vers l'O., il y a lieu de croire que les deux étages infé- 
» rieurs n'existent pas. Ce n'est que vers son extrémité S. E. que 
» l'on pourrait soupçonner la présence de l'un d'eux, et encore les 
» preuves de ce fait sont-elles encore assez douteuses à en juger 
» par les données paléontologiques. » 

Depuis lors, M. Th. Ebray, en étudiant la « Position des cal- 
caires caverneux autour du plateau central » (1), a signalé dans 
le département du Lot, un peu en dehors de nos limites, à 
Capdenac, à Figeac, dans des calcaires subdolomitiques, la Tere- 
bratula marsupialis et quelques Ostrea arcuata de petite taille, 
et plus loin, au Bourg, des calcaires caverneux, des argiles vertes 
avec bancs dolomiliques subordonnés, renfermant quelques rares 
débris de Mytilus minutus et de Diadema seriate, qui reposent sur 
des grès grossiers à écailles de poissons et sur des marnes rouges et 
des grès bigarrés exploités. C'est donc ce savant qui a le premier 
mentionné dans le Lot, à l'O. de Figeac, l'existence de l'Infralias. 
J'ajouterai que M. Ebray n'ayant pas en mains les documents 
suffisants, admettait que les calcaires caverneux ou cargneules, 
occupaient dans la midi de la France une position constante au 
milieu de la série des terrains (p. 174) : entre les couches à 
Ostrea arcuata et l'infralias inférieur à Mytilus minutus. Nous 
verrons plus loin, que Ton trouve des cargneules dans l'oolithe 
inférieure, dans le lias inférieur, dans l'infralias, dans le keuper, 
dans le muschelkalk et dans le zechstein. 

M. Harlé,dans un travail assez récent : Sur la formation juras- 
sique et la position des dépôts manganésifères dans la Dordogne (2) , 
a fixé, d'une manière nette, la place des couches à Ostrea 
sublobata, Desh. Il a fait voir que ce fossile, qui caractérise la 
partie inférieure du bajocien, a été confondu, dans la Dordogne, 
par les savants auteurs de la Carte géologique de la France, avec 
1 Ostrea arcuata du lias inférieur. — Je montrerai que la même 
confusion a été faite sur les bords de l'Aveyron , entre Lexos et 
Bruniquel. — Je dois ajouter que M. Harlé, qui s'est occupé, inci- 



(1) Bull, de la Soc. géol. de France, 2* sér., vol. XX, p. 1G1 5 1862. 

(2) Bull, de la Soc. géol. de France, 2 e sér , vol. XXII, p. 33 ; 1864. 



- 11 — 

demment, des couches entre Villefranche, Veuzac et Saint-Rèmy^ 
rapportait encore au liasien de d'Orbigny, les cargneules et les 
calcaires gris esquilleux de la base du lias inférieur. (Note de la 
page 56.) 

Je n'ai mentionné ici, on le comprend, que les travaux ayant 
trait à la région par moi étudiée ou contiguë à cette région. Parmi 
ceux qui ont été publiés hors de nos limites géographiques, je dois 
citer, eu égard à son importance, celui tout récent de M. le 
D r P. Reynès, intitulé : Essai de géologie et de paléontologie 
aveyronnaises (1). Ce travail, dont je n'ai eu connaissance qu'il 
y a très peu de temps, alors que ce mémoire était rédigé, est venu 
me donner l'assurance que dans les parties centrale et orientale 
de l'Aveyron, les terrains secondaires, depuis le* permien jusques 
à l'oolithe, se montraient avec des caractères presque en tout 
semblables à ceux qui constituent la bande qui m'occupe ; on 
peut, partout, retrouver les mêmes grandes divisions ; mais plus 
heureux, en certains points, que M. Reynès, je puis, grâce aux 
calcaires fossilifères du zechslein, qui paraissent manquer dans 
l'Aveyron (2), tracer nettement la limite du permien et du trias, 
comme aussi je peux indiquer d'une manière plus certaine que 
n'avait pu le faire ce savant, le plan de séparation du trias et de 
l'infra-lias, par suite de la découverte de la zone à Anatina prœ- 
cursor. 

Quant aux terrains tertiaires, je dois ajouter que la science est 
redevable à M. le D r Noulet de la détermination exacte de l'âge 
des couches de Cordes et de Castelnau-deMontmirail (éocène 
sup.) (5). Ces couches avaient été rangées par les auteurs de la 
Carte géologique de la France dans le miocène; de Boucheporn 



(1) Paris, 1868. 

(2) M. Reynès doute que les calcaires attribués au permien par M. Coquand, 
appartiennent à cet étage (p. 25). Je serais tenté de croire, d'après la descrip- 
tion qui en est donnée {Bull, de la Soc. géol. de France, 2 e sér.., vol. XII, p. 127), 
qu'ils représentent le muschelkalk. 

(3) Mémoires sur les coquilles fossiles des terrains d'eau douce du Sud-Ouest 
de la France^ p. 20, 1854 ; — Bull, de la Soc.^d'Hist. nat. de Toulouse, 
vol. I, p. 125 ; 1867. 



— 12 ~ 

les avait, il est vrai, associées à l'éocène 5 mais notre savant 
paléontologiste a démontré que cet ingénieur confondait, sous une 
même dénomination, ces deux étages. 



CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. — DIRECTIONS 
ET ALLURE DES TERRAINS. — FAILLES. 



Les terrains qui entrent dans la formation de la bande qui fait 
l'objet de ce travail, se divisent, abstraction faite de ceux de la 
période quaternaire, en trois séries, qui sont discordantes l'une 
par rapport à l'autre. 



4 rc SÉR.l Terrain tertiaire. Eocène supérieur. 



Si 



Terrain 
secondaire. 



Terrains 
cristallisés 

et 
primordiaux. 



Oolithe 
Lias 

Trias 

Permien 
Gneiss. 

Granité. 



supérieure (Corallien) . 

moyenne (Oxfordien et Callovien). 

inférieure (Bathonien et Bajocien). 

supérieur (Toarcien). 
moyen (Liasieri). 

Selkalk ! ( S ^™»)- 
Grès bigarré (Conchylien). 

Zechstein. 
Rothe-todte-liegende . 

Schistes micacés et roches amphi- 
boliques. 



A l'exception de l'éocène supérieur, qui se montre en couches 
horizontales (1 rc série), tous les terrains compris dans ce tableau 
ont été plus ou moins fortement relevés ; ils affectent deux direc- 
tions générales bien tranchées : N. 25° E. {système du Mont Seny) 
et E. 0. {système des Pyrénées) . On observe quelquefois une direc- 
tion intermédiaire : N. 0. (système du Thuringerwalâ) . 






— 43 — 

Les terrains secondaires (2° Série) sont bien moins tourmentés 
que les terrains cristallisés et primordiaux (3 e Série). Ainsi, tandis 
que ceux-ci sont en strates verticaux ou sub-verticaux, les premiers 
sont seulement ondulés ou arqués en voûte. Ce n'est qu'à la rencon- 
tre de directions différentes et dans le voisinage des failles, que les 
roches secondaires s'inclinent davantage, se plissent, se redressent, 
pour atteindre souvent la verticale. Un coup d'œil jeté sur les cinq 
coupes qui accompagnent cette étude (PI. I), mettra ce fait hors 
de doute. 

De nombreuses failles accidentent d'une manière grandiose, la 
bande qui m'occupe; elles se poursuivent souvent très loin. 

Afin de démontrer qu'il en est ainsi, j'ai indiqué, d'abord, sur 
une carte de cette région, à l'échelle de la Carte géologique de la 
France, les principales failles que j'ai observées (PI. 1), puis, mes 
coupes étant toutes, à peu près, perpendiculaires à la direction 
moyenne de cette bande, c'est-à-dire parallèles entre elles, je les ai 
disposées exactement les unes sous les autres, en les coordonnant 
à un seul et même axe, dirigé comme celle-ci N. 25° E. (1). Il 
devient alors facile de suivre ces failles et de voir qu'elles consti- 
tuent des accidents linéaires d'une importance considérable. 

Parmi les brisures que l'on peut étudier, j'en citerai surtout 
trois. 

La première, la plus importante de toutes, peut être suivie sur 
70 kilomètres de longueur, des bords de la Vère, à l'est de la forêt 
de la Grésigne, jusques à Asprières, près du Lot, par Arnaud, 
Tonnac, le Pont de Marnaves, Ratayrens, La Levade, Najac, 
Monteils , Villefranche et Saint-Igest , suivant une direction 
N.2o°E. 

Ainsi que le montrent, en partie, les coupes de la PI. I, cette 
faille met en contact : à Arnaud (fig. 5), le permien et les grès 
bigarrés du trias; au S. de Gabach (R aa de Duézé), le zechstein 
et le grès bigarré ; près de Tonnac (fig. 4), le permien et le liasien ; 



(l) Mes coupes ont été dressées avec le plus grand soin, au double de 
l'échelle de la carte du dépôt de la guerre, c'est-à-dire au i0 * - - ô - ; les hauteurs 
ont été doublées. J'ai parcouru pied à pied, les lieux par où elles passent., et je 
puis assurer que rien n'a été laissé à l'imagination. — L'inclinaison des couches 
a été aussi fidèlement représentée qu'elle peut l'être à cette échelle. 



_ 14 — ■ 

au Pont de Marnaves (fig. 5), le zechstein et le keuper ; à Puech- 
Mignon (fig. 2), le trias et le lias inférieur ; entre la Salvetal et la 
Levade, d'après M. Boisse (4), le gneiss et le lias; à Monleils 
(fig. 1), la partie supérieure du lias inférieur et le gneiss amphi- 
bolique; a Villefranche, les mômes terrains; à Saint-Igest, le lias 
supérieur et le granile. 

Je désignerai cette immense brisure sous le nom de faille de 
Marnaves, et dans les figures, par le signe F 1 . (2). 

La deuxième affecte aussi la même direction , elle suit tantôt le 
côté droit, tantôt le côté gauche de l'Aveyron, entre Bruniquel, 
Casais et Saint-Antonin, puis le cours de la petite rivière de la 
Bonnette. Elle met côte à côte : près des forges de Bruniquel, 
l'oolilhe inférieure et l'oolilhe moyenne (fig. 5) ; dans la partie 
occidentale des rochers d'Ànglars, le corallien etl!oxfordien; à Saint- 
Antonin (fig. 4), le lias supérieur et le lias moyen; entre cette 
petite ville et Caylux, tantôt le loarcien elle liasien, tantôt le toar- 
cien et le bajocien. Cette faille est désignée dans nos coupes, par 
la lettre F 2 ; je lui ai donné le nom de faille de la Bonnette. 

La troisième est presque perpendiculaire aux précédentes. 
Dirigée E. 0., elle suit plus ou moins la rivière de l'Aveyron, 
entre les rochers de Bone (grotte du Capucin), à l'O. de Saint- 
Antonin, et Laguépiè. C'est cette faille qui, se continuant vers l'est, 
détermine sans doute, après ce bourg, le cours de la rivière de 
Viaur. Elle place l'un à côté de l'autre : aux rochers de Bone, 
l'oolithe inférieure et l'oxfordien ; à Saint-Antonin (fig. 4), le lias 



(1) Ann. dvs mines, 5 e sér., vol. II, pi. X., fig. 1; 1853. 

(2) Entre Gineslous, près de Puech-Mignon et Asprières, cette faille s'impose 
à celui qui jette un regard sur la Carte géologique de ta France, due à 
MM. Dufrénoy et Élie de Beaumonl, et sur celle du déparlement de l'Aveyron, 
dressée par M. Boisse. — On se demande comment ces savants ont pu con- 
sidérer la lèvre 0. de cette faille , formée par les terrains secondaires, 
comme représentant le bord des anciennes mers. (Voir : Coupe de Villefranche, 
par Dufrénoy, Explication de la carte géologique de la France, vol. II, p. 678; 
— coupes accompagnant le travail précité de M. Boisse., Ann. des mines 
'y sér., vol. II, pi. X, fig. 1, 2, 4, 5 et 7; — et coupes géologiques de Villefran- 
che., à St-Gcniès et de Villefranche à Millau, dressées par le même géologue, 
au bas de la Carte géologique de l'Aveyron. 



— 15 — 

supérieur et le lias moyen; à Montrozier (fig. 5), le lias supérieur 
et les cargneules du lias inférieur; à Varen (fig, 2), l'oolithe infé- 
rieure (bajocien) et les argiles gypseuses du trias inférieur (grès 
bigarré); enfin près de Laguépie, les terrains cristallisés et les 
grès triasiques. 

Sur nos coupes, cette brisure est indiquée par la lettre F 3 ; je 
l'ai dénommée faille de Varen. 

Malgré les grands accidents dont je viens de parler, on peut 
voir, en bien des points, les rapports naturels des couches. C'est 
la coupe de Donnazac à Saint-Antonin (PI. I, fig. 4), qui est la 
plus expressive, la plus simple, la plus complète, que je connaisse 
sur les bords S. 0. du plateau central de la France ; elle nous 
montre à la fois, tous les terrains secondaires de cette région et 
leurs vrais rapports de position, les failles qui les accidentent aux 
deux extrémités, et elle nous permet d'étudier Jes traces si inté- 
ressantes de l'ancien rivage du lac tertiaire. 

Aussi, sera-ce cette coupe que je décrirai plus spécialement, et 
par laquelle nous commencerons l'étude des formations si variées 
que l'on observe entre la Vêre et le Lot; les autres seront plus 
spécialement destinées à mettre en évidence les accidents de toute 
sorte , que les terrains ont subis et à faire voir la variabilité de 
puissance des cargneules et des calcaires, plus ou moins dolo- 
mitiques, qui forment les étages du zecbstein, du muschelkalk et 
dukeuper. 



COUPE DE DONNAZAC A SAINT-ANTONIN 

(PI. I, fig. 4). 



Le village de Donnazac, comme ceux de Frausseilles, d'Amarens 
et de Loubers, et comme îesbameaux de laCadèneeldeLa Gazelle, 
est assis sur des calcaires compactes, blanchâtres, caverneux, très 
souvent siliceux et sur des calcaires blanc-rosâtres, grisâtres, 
argileux, en bancs horizontaux ou sub-horizontaux, qui forment 



- IG — 

le grand plateau, — s'élendant de Tonnac jusque près d'Alby, — 
dont l'altitude varie entre 300 et 550 mètres. 

On sait par les beaux travaux de M. le D r Noulet, que ces cal- 
caires, qui atteignent 50 à 40 mètres d'épaisseur, renferment de 
nombreux fossiles terrestres et d'eau douce. La plupart de ces corps 
organisés ont été décrits par ce savant paléontologiste; ils 
caractérisent la partie supérieure de l'éocène supérieur (1). Je 
citerai : 



Hélix Boyeri y Noulet. 

— Nicolavi, Noulet. 

— cadurcensis, Noulet. 

— albigensis, Noulet. 

— adornata, Noulet. 

— corduensis, Noulet. 

— Raulini, Noulet. 

— lombersensis, Noulet 



Planorbis cornu, Brongniart. 

— spretus, Noulet. 
Limnœa ore-longo, Boubée. 

— Fabrei, Noulet. 

— albigensis, Noulet. 

— cadurcensis, Noulet. 
Cyclostoma cadurcense, Noulet. 



Grâce aux érosions, — qui ont joué, nous le verrons plus loin, 
à diverses époques, un rôle considérable, — on remarque, sous ces 
calcaires, un puissant système marneux, rougeâtre, jaunâtre, 
orangé, avec petits bancs de calcaires argileux, subordonnés (2). 
La partie inférieure de ce système, qui ne peut être étudié que sur 
100 à 120 mètres de hauteur, renferme le Cyclostoma formosum, 
Boubée, précieuse coquille, qui accompagne à Castres, dans la 
partie orientale du département du Tarn, et au Mas-S tes - 
Puelles, dans l'Aude : les Païœotherium médium, magnum et 
curtum, Cuv.j les Paloplotherium minus et annectens, Owen; les 
Lophiotherium cervulum, Gervais ; les Crocodilus Rollinati, Gray, 
et Rouœi, Noulet ; les Allœchelys Parayrei, Noulet; les Lophiodon 
lautricense, Noulet ; les Pterodon dasyuroïdes, Blainv.; les Chœro- 
potamus parisiensis, Cuv.j les Dichobune leporinum, Guv.; etc. 



(1) C'est le 2 e et le 3 e horizon de l'éocène supérieur de M. le D r Noulet. 
(Bull, de la Soc. d'Hist. nat. de Toulouse, vol. I, p. 132.) 

(2) C'est le 4 e horizon de l'éocène supérieur de M.' le D l Noulet (loc. cit.) 



- 17 - 

Cet horizon, qui correspond à la partie moyenne de l'éocène 
supérieur se développe sur un vasteespacedans nos régions, notam- 
ment dans le Tarn, dans l'Aude et au pied des Pyrénées, où il 
a été fortement relevé. 

Ici, les marnes qui le constituent passent, peu à peu, entre la 
Gazelle et Tonnac, à un conglomérat à éléments peu ou point 
roulés, de grosseur variable (depuis un bloc cubant plus d'un 
mètre jusqu'au grain de sable le plus fin), empruntés aux for- 
mations anciennes et secondaires et plus spécialement aux calcaires 
du zechstein et du lias moyen, qui affleurent non loin. Ce conglo- 
mérat, qui indique le bord de l'ancien rivage du lac tertiaire, 
est ordinairement cimenté par un calcaire argileux, rosâtre ou 
jaunâtre. Son épaisseur est considérable : à Tonnac, il se développe 
sur 400 mètres de hauteur; quelquefois il est incohérent, mais 
on l'observe le plus souvent, en bancs horizontaux ou sub- 
horizontaux. 

A Roquevianne et Combe-Fa, tout près de Tonnac, sortent de 
dessous la formation détritique, éocène, horizontale, dont je viens 
de parler (voir la coupe PL I, fig. 4), les terrains secondaires qui, 
plus ou moins ondulés jusques à la Plane et à Roc-Traoucat, — où 
ils atteignent 520 mètres d'altitude, — s'abaissent ensuite en s'in- 
clinant constamment vers l'O. N. 0., jusqu'à Saint-Antonin (1). 

En suivant, f à partir de Tonnac, la route départementale d'Alby 
à Caussade, on observera successivement, se recouvrant les uns 
les autres, les terrains suivants : 



d° — A Roqueviane, à La Poutié, des schistes et des grès fins, 
schisteux, micacés de couleur rouge intense, monochromes, qui 
correspondent au permien inférieur (P), c'est-à-dire au rothe-todte- 
liegende des Allemands. 

Ces schistes et ces grès affleurent ici sur un faible espace ; mais 
ils se développent largement tout à coté, à un ou deux kilomètres 



(1) Les roches détritiques de l'éocène cachent ici la faille de Marnâtes, F», 
qui est visible, ainsi que je le prouverai tout à l'heure, à quelques centaines de 
mètres, au nord de Roqueviane. 

2 



- 18 - 

au N. E. de ma coupe, entre Maraval et la station de Vindrac. Ils 
y affectent des formes orographiques très curieuses : leur surface 
rutilante, étant découpée par un nombre prodigieux de petits 
ravins, se ramifiant à l'infini (1). 

Comme en Allemagne, cet étage est absolument stérile au point 
de vue minéral, d'où le nom de rothe-todte-liegencle (rouge- 
morte-coucbe) qu'on lui a imposé ; il ne renferme que de rarissimes 
traces de plantes indéterminables. 

2° — Entre Roqueviane et Puech-Maurel (Puech-Mauzel de la 
carte du dépôt de la guerre), un système de cargneules et de cal- 
caires variés, dont l'épaisseur dépasse 400 mètres et qui représente 
le permien supérieur, désigné sous le nom de zechstein (Z de ma 
coupe) (2). 

Les cargneules sont rougeâtres, grises ou jaunâtres, brillantes 
(rand-wacke des Allemands), elles occupent la base de l'étage. A 
leur partie supérieure, elles alternent avec des calcaires compactes, 
gris-rosàtres, félidés, chantant sous le marteau, parmi lesquels j'ai 
recueilli : 



Gastéropodes de petite taille. 
( Loxonema, Turbonilla ou 
Chemnitzia). 



Crinoides de la famille des 

Pentacriniens (3). 
Foraminifères (Fusulina ? ?) 



Les cargneules alternent aussi avec des dolomies cendreuses, 
pulvérulentes (sand, asche), souvent criblées de petites cavités et 



(1) C'est Thorizon que mon savant ami, M. de Rouville, a décrit dans 
l'Hérault, et que les habitants désignent sous le nom de ruff [Bull, de la 
Soc. géol. de France, 2e sér., vol. XV, p. 71 ; 1857); c'est le terrain qui joue 
un si grand rôle à Camarès, dans la partie orientale du département de 
l'Aveyron, et qui renferme là, comme à Lodève, des Walchia, caractéristiques 
de l'époque permienne. (Reynès, Essai de géologie et de paléontologie aveyron- 
iiaises, p. 21 ; 1868.) 

(2) Ce! étage a été placé par MM. Dufrénoy et Élie de Beaumont, dans le 
système oolilhique, et par de Boucheporn dans le lias, avec un point de doute. 

(3) Cette famille n'a pas, que je sache, été encore signalée au-dessous des 
couches triasiques salifères. 



i 



- 19 — 

sillonnées de veines spathiques, ainsi qu'avec des dolomies acié- 
reuses, grises. 

Ce système, presque exclusivement magnésien, qui atteint 50 à 
60 mètres de puissance, est recouvert par des calcaires compactes, 
gris, jaunâtres, rosâtres, violâtres. à cassure vive, souvent fétides, 
sonores au marteau, en bancs bien réglés et en petites couches, 
auxquels sont subordonnés des calcaires rubannés , fissiles , 
ondulés , très remarquables, qui ont dû se déposer, sans doute, 
dans une mer agitée. 

J'ai recueilli dans ces calcaires variés, dont la compacité est le 
principal caractère lithologique et dont l'épaisseur égale celle des 
cargneules (50 à 60 mètres), de nombreux fossiles malheureuse- 
ment engagés dans la roche. Ces fossiles n'ont pas encore été déter- 
minés spécifiquement-, je mécontenterai, pour le moment, de citer 
les genres auxquels ils se rapportent : 



Loxonema ou Turbonilla, 

Natica, 

Turbo, 

Murchisonia ? (1) 

Capulus ? 

Myacites, 



Schizodus ou Myophoria, 
Ostrea. 

Rhynchonella ? 
Pentacrinus, 
Radioles d'Oursins. 
Débris de Poissons (2). 



(1) Ce genre, qui appartient aux premières époques et qui se termine dans 
le terrain permien, n'est ici représenté que par une espèce turritelliforme 
ayant 2 centimètres i/ 2 de longueur sur 2 millimètres de largeur, présentant 
le sinus caractéristique. Mais comme cette espèce est très engagée dans un 
calcaire compacte, je crois devoir faire suivre d'un point de doute le nom du 
genre auquel elle se rapporte. 

Je n'ai pas rencontré jusqu'à présent, dans le zechstein du Tarn„ les Productus 
et les Spirifer si abondants, on le sait, en Russie et en Allemagne. 

(2) Les cargneules et les calcaires fossilifères du zechstein, qui, à Roqueviane, 
reposent sur les schistes et les grès monochromes du rothe-todle-liegende, et 
que l'on observe près de Puech-Maurel (Voir la coupe PL I, fig. 4), en couches 
légèrement ondulées et inclinées au plus de 40 degrés, se trouvent en contact, 
par la faille de Marnâtes, Fi., à moins d'un kilomètre de là, entre Peyrou et 
les Pervendiers, avec les calcaires marneux de la base du liasien, au-dessous 
desquels affleurent des cargneules et quelques bancs calcaires du lias inférieur, 



- 20 - 

30 —De Puech-MaurclàRoc-Trooucat, une puissante formation 
argileuse et gréseuse qui correspond au grès bigarré du trias, (t 1 ). 
J'évalue son épaisseur à environ 200 mètres. 



à Pentacrinus scalaris, Gold., à Peclen priicui, Schl., textorius, Quenstedt,. 
et Jlehli, d'Orb. 
J'ai recueilli dans le lias moyen de celte localité, les espèces suivantes : 



lielemnites niger, Lister. 

— clavalus, Blainv. 
Ammonites capricornus, Schl. 

— Jamesoni, Sow. 
Pholodomya decorata, Hartm. 
Panopœa ( Pleuromya) , voisine 

de P. angusla, Agass. 
Astarle, ind. 
Lueina (Mactromya). 
Plicaluîa, voisine de P. spi- 

nosa, Sow. 



Cardium eucullalum, Goldf. 
Peclen disciformis, Schûbler. 

— œquivalvis, Sow. 

— aculicosla, Lam. 
Rhynchonella ( Terebratula ) varia- 

bilis, Schl. 

— — telraedra, Sow. 

— Nerina, d'Orb. 

— liasica, Reynès. 
Terebratula punclata, Sow. 

— subovoïdes. Rœm. 



Saladit. Les Pervendiers. Peyrou, 



Tonnac. 




Fig. A. — Coupe entre Tonnac et Saladit ; échelle 40 \ 00 , hauteurs dou- 
blées. — Z, cargneuies et calcaires fossilifères du zechslein ; t l , grès bigarré 
siliceux du trias: J 7/ , lias inférieur; J, , lias moyen; c, conglomérat éocène, 
bord du rivage de l'ancien lac tertiaire ; F 1 Faille de Marnaves. 



La fig. A, ci-dessus, fait connaître l'accident dont je viens de parler. Au 
contact de cette faille immense, dont la dénivellation peut être estimée à 5 
ou G00 mètres, les couches du zechstein se redressent, deviennent verticales, en 



- m — 

Elle est formée, à la base, d'argiles rouges, souvent avec taches 
verdâtres, ressemblant à celles du rothe-iodte-Hegende, renfermant 



affectant des directions très variées, souvent perpendiculaires entre elles dans 
l'espace de quelques mètres. 

Ces faits s'observent très bien, si Ton suit le chemin qui, des Pervendiers, 
va aboutir à la route départementale, entre Roqueviane (Combe-Fa) et Puech- 
Maurel. Ce chemin qui traverse d'abord, près des Pervendiers, les cargneules 
et les calcaires fossilifères du zechstein, est ensuite assis, en majeure partie, sur 
la faille Fi. En effet,, d'un côté se montrent les couches fossilifères du lias 
moyen et inférieur, bientôt recouvertes par le conglomérat éocène, tandis que 
de l'autre, et à un même niveau, se développe le zechstein, formant un plateau 
assez étendu. 

Le croquis suivant, fig. B, que j'ai pris entre le Peyrou, près de Tonnac, et 
les Pervendiers, montre, comme la fig. A, la curieuse position qu'occupe le 
lias par rapport aux calcaiies du zechstein,, en même temps qu'il édifie le lec- 
teur sur les vrais rapports des couches permienne et triasique. On voit qu'aux 
grès et argiles rutilantes du rothe-todle-liegende (P) , constituant les parties pro- 
fondes et ravinées de la vallée du Cérou, succède un puissant système de 
cargneules et de calcaires, de couleur claire, appartenant au zechstein (Z), qui 
forme un plateau, — sorte de socle gigantesque sur lequel est assis le domaine 
des Pervendiers, — et qui supporte les petites montagnes triasiques, mamelon- 
nées, couvertes de chàtaigners et de bruyères (H, 2, 3)^ du Mas de Loumpet de 
l'Arbre de la Plane. 



Arbre de la 
Plane (signal) 
520*». 



Les Pervendiers 
Mas de Loump. 355 ni . Maraval 



Marnaves 
(vallée du Cérou) 
152 m. 







Fig. B. — Vue des terrains permien, triasique et jurassique, prise 
du bord de la faille de Marnaves. — P, grès fins et schistes rouges, 
monochromes, très ravinés, du permien inf. (rolhe-todte-liegende) ; Z, cargneules 
et calcaires fossilifères du zechstein; f» 5 grès bigarré et argiles du trias; 
f 2 , cale, dolomiliques du muschelkalk ; fi, grès siliceux et argiles du keuper ; 
J,, lias moyen fossilifère; F 1 , faille de Marnaves. 



—"fa- 
des bancs subordonnés de grès rougeâtre, quartzeux, à éléments 
assez grossiers, rugueux au toucher, qui diffèrent essentiellement 
des grès fins, schisteux, psammitiques, du permien inférieur. Ces 
argiles et ces grès rutilants, qui recouvrent en concondance, les cal- 
caires du zechstein, passent, vers le haut, à des argiles bigarrées, 
vineuses, verdâtres, de couleur sombre, qui renferment de petites 
couches de grès plus ou moins bitumineux, quartzeux et psammi- 
tiques, contenant quelques rares débris de végétaux indéterminables 
et des traces de calcaire. 

C'est à ce niveau que l'on remarque quelquefois du gypse et 
qu'on exploitait, autrefois, ce minéral à Succaliac, près de Mar- 
na ves (1). 

La partie supérieure se compose de grès siliceux et feldspathi- 
ques beaucoup moins colorés en rouge que les précédents -, ils sont 
souvent blanchâtres, verdâtres, jaunâtres, bigarrés, ordinairement 
poudingiformes, c'est-à-dire qu'ils contiennent des galets ou de 
petits cailloux de quartz hyalin et laileux, de la grosseur d'une 
noisette à une noix. Ces grès sont quelquefois un peu psammiti- 
ques; ils se présentent souvent en gros bancs en affectant, dans 
bien des lieux, une stratification trompeuse ; ils alternent, çà et là, 
avec des argiles vineuses, jaunâtres, verdâtres. Les restes organi- 
ques qu'ils renferment sont excessivement rares ; j'ai cru cepen- 
dant reconnaître quelques traces de végétaux (Calamités??) 

Le signal de l'Arbre de la Plane (520 m. — Carte du dépôt de 
la guerre) et la métairie de Roc-Traoucat sont assis sur ces 
grès, qui, à partir de la, cessent de s'onduler pour s'enfoncer 
nettement, sous les formations du muschelkalk, du keuper, du 
lias et de l'oolithe. 



4° - Un peu avant d'arriver à Peyralade, couches de calcaire 
dolomitique, esquilleux, fétide, gris de fumée, rougeâtre dans les 
joints, fendillé, et argiles vineuses, qui représentent le trias moyen, 
c'est-à-dire le muschelkalk (t 2 ). 



(1} Ce système représente, sans doute, le permien supérieur de la Russie, 
que plusieurs géologues placent dans le grès bigarré inférieur ; c'est l'équi- 
valent du grès des Vosges. 



- 23 - 

Ces calcaires magnésiens et ces argiles qui ne dépassent pas ici 
quelques mètres d'épaisseur (cale. 4 m., argiles 10 m.) atteignent 
souvent 50, 40, 50 et jusqu'à 60 mètres de puissance, à très peu 
de distance vers l'est (1)-, ils contiennent alors quelquefois, comme 



(l) La coupe fig. C, montre combien cet étage se développe au hameau de 
Mas de Loump (ce hameau est situé à 3 kilom. de Peyralade). Là^ comme ici, 
il est compris entre les grès bigarrés d'un côlé, et les grès du keuper de 
l'autre. J'ai prolongé cette coupe, au S. E. vers Maraval., et au N.-O. vers 
Roussairolles, pour démontrer que les divers termes des terrains permien et 
triasique, se trouvent admirablement représentés dans cette région. 



Roussairolles 



Faylort. Mas de Loump 



Maraval 
Saladit. (vallée du Cérou), 




Fig. G. — Coupe entre Maraval et Roussairolles ; échelle 40 * 000 , 
hauteurs doublées. — P, grès et argiles rouges du permien (rothe-lodte-liegende) ; 
Z, cargneules et calcaires fossilifères du zect.stein ; t%, grès siliceux et argiles 
du trias; i 2 , dolomies. calcaires dolomitiques, argiles et cargneules du mus- 
chelkalk ; f 3 , grès siliceux, pondingiformes, argiles, grès fins et dolomies du 
keaper ; 1 tti , dolomies, calcaires dolomitiques et calcaires en plaquettes de l'infra- 
lias ; J y/ , cargneules du lias inférieur. 



Au Mas de Loump, comme au château de la Prune, le muschelkalk est 
composé, de bas en haut, de la façon suivante : 

Calcaire dolomitique, gris de fumée, rougeàtre, esquilleux, fétide sous le 
choc du marteau, semblable à celui de Peyralade. 

Dolomie en gros bancs, affectant des formes étranges. 

Calcaire dolomitique en petites couches, à surface ondulée, calcaire dolomitique 
fendillé, criblé de petits trous, calcaire esquilleux rosaire. 

Schistes fissiles, alternant avec de petits bancs de dolomie grise, rosâtre. 

Argiles verdàtres avec plaquettes et petites couches de calcaire dolomitique, 
subordonnées 

Calcaire dolomitique criblé de petites cavités et puissantes cargneules, rosàtres, 
grisâtres, brillantes, ressemblant à celles de la base du zechstein. 



- 24 - 

près de Marnaves, des bancs de grès siliceux subordonnés. Ce 
système s'atrophie vers l'ouest; nous verrons, plus loin, qu'au 
Pas-de-Ia-Ligne (forêt de la Grésigne), il est seulement représenté 
par des argiles avec veinules de calcaire. 

Les fossiles ne sont pas abondants dans cet étage et se trouvent 
trop engagés dans les dolomies pour pouvoir être déterminés sûre- 
ment. Je signalerai cependant : 



Gastéropodes, ind. j Bivalves, ind. 

Gervilia, ind. Traces d'Encrines ? 

Avicula socialis ? Alberli . 



5° — A Peyralade,un système gréseux, argileux et calcaire, qui 
atteint 120 mètres d'épaisseur, et qui correspond au trias 
supérieur (t 3 ). 

On remarque à la base : 

Des grès siliceux ressemblant à ceux du signal de l'Arbre de la 
Plane et de la métairie de Roc-Traoucat, mais s'en distinguant faci- 
lement, par des bancs nombreux d'un grès siliceux, blanchâtre, à 
grains fins et très serrés, quelquefois rougeâtre et verdâtre, 
exploité pour pierres d'appareil et meules. Leur puissance dépasse 
100 mètres en certains lieux. Je n'y ai pas vu de fossiles. C'est, 
au point de vue lithologique, un excellent horizon, que l'on a 
confondu jusqu'ici, dans le terrain jurassique, sous le nom de Grès 
infraliasiques. 

A la partie supérieure: 

Des argiles verdâtres, rougeâtres, vineuses, irisées ; des calcaires 
esquilleux, gris de fumée et rosâtres, et çà et là des cargneules. 
J'ai recueilli dans les calcaires les plus supérienrs du keuper : 



Bivalves indéterm. Polypier de grande taille, ind. 

Radioles de Cidaris, md. Débris de Poissons, ind. (traces). 



C'est sans doute l'horizon du bone-bed. 



- 25 - 

L'épaisseur des roches calcaires et magnésiennes et des argiles, 
peut être évaluée à 20 mètres environ (1). 



6° — A Peyralade, et un peu à l'O. de ce hameau, des calcaires 
plus ou moins dolomitiques, des dolomies, des argiles et des car- 
gneules, qui représentent la hase des formations jurassiques, c'est- 
à-dire rinfralias(J /#i ). La puissance de cet étage est de 50 à 60 
mètres. 

J'ai reconnu ce précieux horizon, — qui marque, on le sait, la 
limite exacte du trias et du lias, — des bords de la Vère aux 
rivages du Lot, partout où la base du lias affleure. 

Il est composé de la manière suivante : 

A la partie inférieure : 

Par des calcaires en petits bancs plus ou moins dolomitiques, 
gris de fumée, rougeâtres dans les joints, qui se lient d'une 
manière insensible à ceux rapportés au keuper ; par des dolomies 
grises, rosâtres, fétides, affectant des formes singulières (2) ; par 
des calcaires dolomitiques ondulés, en petites couches et en pla- 
quettes ; par des calcaires compactes, gris de fumée et jaunâtres, et 
par des argiles verdâtres, alternant avec de petits bancs de calcaire 
marneux, jaunâtres (5). 

Ici l'infralias me semble moins fossilifère qu'à Monteils, au S. de 
Villefranche, et que dans le Lot; pourtant j'ai ramassé quelques 
plaques contenant les fossiles suivants : 



Chemnitzia Oppeli? Munster. Petits Gastéropodes indét. 



(1) Cet étage se lie d'une manière insensible au suivant, si bien qu'il est 
difficile, quand on ne trouve pas de fossiles, de tracer la ligne de démarcation. 
Le village de Vaour est assis sur ce système. 

(2) Ce sont sans doute ces dolomies qui ont dû fournir la table du dolmen de 
l'eyralade. 

(3) Certaines couches magnésiennes ressemblent de tous points à celles du 
muschelkalk. 



— 26 - 



Anatina prœcursor, Quenst. 
Nucula, indét. 
Gervilia , indét 
Mytilus, ind. 
Bivalves indéterm. 



Myacites, voisin du M. Escheri, 
Winkler, mais de plus petite 
taille, dans une dolomie grise, 
noirâtre, fétide. 

Traces de Cidaris. 



A la partie supérieure : 

Par des calcaires dolomitiques grisâtres, en petites couches et en 
plaquettes, criblés de petits trous, alternant avec des cargneules. 
Je n'y ai pas vu de fossiles, si ce n'est quelques rares traces de 
petits Gastéropodes indéterminables (Ampullaria ??) 



7° — Des couches magnésiennes et des calcaires variés, qui sont 
sur l'horizon du lias inférieur (JJ et dont l'épaisseur peut être 
évaluée à 200 mètres environ. Le dolmen de Peyralade est situé 
sur la partie supérieure de cet étage , lequel est constitué à la 
base : 

Par de puissantes cargneules, jaunâtres, grisâtres, rougeâtres, 
brillantes, fétides, ressemblant à celles du zechstein, du muschel- 
kalk et du luuper. A ces cargneules sont subordonnés : des cal- 
caires dolomitiques cendreux ; des dolomies criblées de petites 
cavités, comme persillées ; des calcaires rubannés, souvent ondulés ; 
des calcaires compactes; des calcaires lumachelles; des calcaires 
esquilleux, gris de fumée, rugueux à l'extérieur, en bancs bien 
réglés (1). 

Ces roches magnésiennes et ces calcaires (d50 m.) repré- 
sentent les véritables couches à Ostrea arcuata du nord de la 
France, c'est-à-dire la zone à Ammonites Bucklandi , du bassin 
du Rhône. Sur les bords S. 0. du plateau central ce niveau est 
peu fossilifère. En effet, voici jusqu'à présent les seuls fossiles que 
j'ai pu reconnaître : 



(1) Ce sont les couches a, 6, c, de la coupe de Villcfranche à Veuzac, rangées, 
avec raison, dans le lias par Dufrénoy [Expl. de la carte gêol. de la France, 
vol. II, p. 478), et que M. Fournet croyait appartenir au muschelkalk. La 
ressemblance des caractères lithologiques et la rareté des fossiles avaient trompé 
le professeur de Lyon. 



- n - 



Gastéropodes de petite taille, 
ind. {Turritella, Phasianella, 

Turbo?) (*). 
Cypricardia, ind. 
Ostrea, ind. 
Terebratula, ind. 



Rhynchonella (Terebratula) (2) 

variabilis, Schl. 
Pentacnnus scalaris, Goldf. 
Montlivaltia? ind. 
Traces de Polypiers, ind. 



Immédiatement au dessus de ces assises, on remarque des cal- 
caires gris-bleuâtres, jaunâtres à l'extérieur, plus ou moins mar- 
neux, qui contiennent de nombreux fossiles; puis des calcaires 
en plaquettes; des calcaires compactes, rugueux à l'extérieur 
comme gréseux, surmontés par d'autres calcaires gris et jaunâ- 
tres (50 m.). 

J'ai recueilli dans les calcaires marneux de ce groupe, les fossiles 
suivants : 



Belemnites acutus, Miller. 

— clavatus, Blainv. 

— niger, Lister. 
Nautilus striatus, Sow. 
Ammonites stellaris, Sow. 

— planicosta, Sow . 

— Bechei, Sow. 

— margaritatus, Montf. 

— spinatusï Bru g. 

— bifrons, Brug. (rare). 

— indélerm. 



Pleurotomaria (Rotella) expansa, 
Sow. 
— de petite taille, ind. 
P leuromy a ,vo\sme de P. oblonga, 
Agass. 
Lucina ( Mactromya ) liasina , 
Agass. 
— ind. 
Unicardium, ind. 
Pinna, ind. 
Mytilus, ind. 



(1) Ces gastéropodes trop engagés dans la roche pour pouvoir être sûrement 
déterminés, me rappellent quelques-uns de ceux que MM. Terquem et Piette 
ont représentés comme provenant du grès d'Heltange (Le lias inférieur de l'est 
de la France. — Mém. de la Soc. géol. de France, 2«" sér., vol. VIII, PI. III et 
IV , 1865); et quelques-uns de ceux figurés par M. Eug. Dumortier, comme 
appartenant au lias inférieur du bassin du Rhône [Études paléonlologiqucs sui- 
tes dépôts jurassiques du bassin du Rhône, 2e partie, Lias inférieur, pi. XVI, 
Paris, 18671. 

(2) Lorsqu'un nom générique est suivi d'un autre nom entre parenthèses, 
cela veut dire que l'auteur qui a établi l'espèce sous le nom indiqué, l'avait 
rangée dans le genre dont le nom figure dans la parenthèse. 



— 28 — 



Avicula sinemuriensis, d'Orb. 
(A. inœquivalvis, Goldf.) • 
Lima ( Plagiostoma ) gigantea, 
Sow. 

— — punctata, Sow. 
Pecten disciformis, Schiibler. 

— priscus, Schloth. 

— œquivahis, Schloth. 

— acuticosta, Lam. 
Plicatula Oceani? d'Orb. 
Ostrea (Gryphœa) obliqua, Goldf. 

— — cy m bium, Lam. 

— indéterm. 
Terebratula punctata, Sow. 

— subpunctata, Davids. 

— subovoules, Rœm. 

— subnumismalis? Dav. 

— marsupialis, Zieten. 

— indéterm. 



Spiri ferma ( Spirifer) Walcotii, 
Sow. 

— — rostrata, Schl. 

— (Delthyris) pinguis, 

Zieten. 
Rhynchonella Thalia, d'Orb. 

— Fidia, d'Orb. 

— (Terebratula) calcicosta ? 

Quenstedt. 

— — tetraedra, Sow. 

— — variabilis, Schl. 

— — acuta, Sow. 

— — furcillata ?Théod. 

— voisine de R. (Tereb.) 

concinna, Sow. 
Pentacrinus scalaris, Goldf. 

— basaltiformis, Miller. 

— indéterm. 
Serpula, ind. (1). 



On trouve dans les calcaires compactes et en plaquettes : des 
traces de Gastéropodes de petite taille, le Pentacrinus sca- 
laris, Goldf., et quelques bivalves indéterminées. 



8° — Entre le dolmen de Peyralade et la métairie de las Touzès, 
des calcaires gréseux, marneux, des marnes et des calcaires 
lumachelle, dont l'épaisseur atteint environ 150 mètres. Ces 
couches représentent l'étage liasien de d'Orbigny, c'est-à-dire 
le lias moyen (JJ. 



(1) On voit que certains fossiles du liasien sont mélangés à des espèces 
sinémuriennes Je ferai remarquer que l'on peut recueillir dans la zone à Ostrea 
obliqua, Y Ammonites bifrons, dont la vraie station est dans le toarcien, et 
VAmmonites niargaritalus, qui gît habituellement à la partie supérieure 
du liasien ; ce qui prouve une fois de plus qu'une seule espèce ne peut pas servir 
de critérium à une époque géologique. 11 est aujourd'hui hors de doute : que 
les faunes se renouvellent lentement et progressivement là où les phénomènes 
biologiques n'ont pas été interrompus par des accidents (affaissements, 
failles, etc.); que toute espèce a pu vivre longtemps avant l'époque où elle s'est 
développée sur une grande échelle, et qu'elle a pu voir naître et s'éteindre 
beaucoup de ses congénères. 






_ 29 - 

C'est à la base de l'éloge que l'on aperçoit les calcaires gréseux 
et les calcaires marneux, Les premiers renferment des grains de 
quartz, les seconds sont bleuâtres, jaunâtres à l'extérieur, en bancs 
peu épais ; ils alternent avec des marnes grises et jaunâtres. Ces 
dépôts alumineux et calcaires passent insensiblement de l'un à 
l'autre; ils contiennent des fossiles, notamment : 



Belemnites niger, Lister. 

— clavatus, Blainv. 
Ammonites margaritatus, Montf. 

— capricornus, Schl. 

— Jamesoni, Sow. 

— Normanianus, d'Orb. 
P leuro tomaria, ind . 
Pholadomya Voltzi, Agass. 

— decorata, Hartm. 

— ambigua, Sow. 

— Woudwardi, Oppel. 

— Hausmanni, Goldf. 
Pleuromya, ind. 

Lucina ( Maetromya ) liasina, 
Agass. 



Cardium, ind. 
Unicardium, ind. 
Astarte, ind. 
Mytilus, ind. 

Lima ( Plagiostoma) punctata, 
Sow. 
Gewillia, ind. 
Pecten acuticosta, Lam. 

— disciformis, Schùbler. 

— prisais, Schtoth. 
Ostrea (Gryphœa) Mac Cullochii, 

Sow. 
Terebratula subovo'ides, Rœmer. 
Rhynchonella Nerina, d'Orb. 
— (Terebratula) tetraedra, Sow. 



La partie moyenne du liasien est constituée par des marnes 
grises, qui prennent ordinairement une teinte ocreuse à l'exté- 
rieur ; elles contiennent, çà et là, des bancs subordonnés de 
calcaire lumachelle et des septaria, c'est-à-dire des concrétions 
calcaires, renfermant fréquemment des restes organisés. 

Je signalerai parmi les nombreux fossiles que l'on trouve dans 
ces couches : 



Belemnites niger, Lister. 

— clavatus, Blainv. 

— umbilicatu*, Blainv. 

— paxillosus? Sehloth. 



Ammonites margaritatus, Montf. 

— spinatus ? Brug. 

— Algovianus, Oppel. 

— Partschi, Stur. 

— instabilis, Reynès (< ) . 



(1) Les Ammonites sont rares ici, tandis qu'elles sont très abondantes dans 
la partie orientale du département de l'Areyron. 



- 30 - 



Pleurotomaria (Rotella) eœpansa, 
Sow. 

Natica, ind. 

Pleuromya œquistriata, Agass. 

Astarte, ind. 

Cardium, ind. 

Unicardium, ind. 

Nucula subovalis, Goldf. 

Arca strigillata? Munster. 

Mytilus, ind. 

Lima (Plagiostoma) punctata), 
Sow. 

— — gigantea, Sow. 
Avicula ( Monotis ) substriata, 

Munster. 

— inœquivalvis, Goldf. 
Pecten œquivalvis, Sow. 

— disciformis, Schubler. 

— priscus, Schloth. 

— acuticosta, Lam. 
Plicatula spinosa, Sow. 
Ostrea (Gryphœaj cymbium,Ldim. 



Ostrea(G.)cymbium,\3iï. gigant. 

— — — var. depressa. 

— — obliqua, Goldfuss. 

avec point d'attache de 
grande dimension. 

— irregularis ? Munster. 
Terebratula numismalis, Lam. 

— punctata, Sow. 

— subovo'ides, Rœmer. 

— marsupialis], Zieten. 
Spiriferina, ind. 
Rhynchonella Nerina, d'Orb. 

— Thalia, d'Orb. 

— liasica, Reynès. 

— Boscensis, Reynès. 

— (Terebratula) variabilis, 

Schl. 

— — tetraedra, Sow. 

— — acuta, Sow. 
Pentacrinus basaltiformis, Mill. 

— scalaris, Goldf. 

— fasciculosus, Schloth. 



La partie supérieure du même étage est indiquée : par un calcaire 
dur, bleu et bleu-grisâtre, jaunâtre à l'extérieur, en petits bancs, 
contenant des nodules siliceux et de nombreux fossiles ; et par un 
calcaire spathique, souvent ferrugineux, rougeâlre et jaunâtre. 
Ces couches, dont l'épaisseur est de 30 mètres environ, passent, 
par l'abondance des fossiles qu'elles renferment, à une véritable 
lumachelle (1). 

Ces calcaires s'accusent nettement par leur relief, enserrés qu'ils 
sont par les marnes du liasien et du toarcien ; c'est sur eux que 
sont bâties les métairies de Las Touzès et d'Azam. (Voir pi. I, 
fig. 4, et carte du dépôt de la guerre) (2). C'est un excellent 



(1) C'est le niveau du minerai de fer exploité à Veuzac, près de Villefranche. 

(2) Us sont remplacés, dans la partie orientale et centrale du département 
de TAveyron, par des argiles qui renferment une quantité considérable d'Am- 
monilcs zone à A. margaritalus > Reynès, loc. cit., p. 49). Ces mêmes calcaires 



— 31 — 

horizon facile à reconnaître partout et qui contient de nombreux 
corps organisés. Je citerai : 



Belemnites niger, Lister. 
Ammonites margaritatus, Montf. 
Dentalium eîongalum, Mùnst 
Pleuromya (Donacites) Aldouini? 
Brong. 
Hippopodium, ind. 
Astarte, ind. 
Nucula, ind. 
Arca, ind. 

Lima (Plagiostoma) pectinoïdes, 
Sow. 
Avicula inœquivalvis, Goldf. 

— substriata, Munster. 
Pecten œquivalvis, Sow. 

— disciformis, Schùbler. 

— velatus, Goldf. 

— texturatus, Munster. 

— calvus, Goldf. 

— priscus, Scholth. 

— tuberculatus, Quenstedt. 
Plicatula, ind. 
Ostrea{Gryphœa) cymbium, Lam. 

— auricularis, Munster. 



Ostrea de petite taille, indéterm. 
Terebratula marsupialis?, Zieten 

— numismalis, Lam. 

— subovoïdes, Rœmer. 

— cornuta, Sow. 

— indentata, Sow. 

— punctata, Sow. 

— Mariœ, d'Orb. 
Rhijnchonella Thaïia, d'Orb. 

— Nerina, d'Orb. 

— cynocephala, Richard. 
Kasica, Reynès. 

— (Terebratula) tetraedra, 

Sow. 

— — acuta, Sow. 

— — variabilis, Schl. 

— indéterm. 
Pentacrinus scalaris, Goldf. 

— basalliformis, Mùller. 

— fasciculosus, Schloth. 

— voisin du P. subteres, 

Munster. 
— indéterm. 



9° — Entre Las Touzès, Saint-Michel-de-Vax et le petit village 
de Laussier, calcaires marneux en petits bancs et marnes noirâtres 
et grisâtres, qui correspondent au lias supérieur (J), toarcien de 
d'Orbigny. Leur puissance varie entre 60 et 80 mètres. 

La base de cet étage est formée par des calcaires gris, marneux, 
en petites couches, très régulières (de m ,10 à O m ,45 d'épaisseur), 



représentent le banc de roc, à Rhynchonella acuta et à Ammonites margaritatus 
de la Normandie. (Eug. Deslonchamps, Études sur les étages jurassiques 
inférieurs de la Normandie, p. il. Caen,, 1864.) 



- 32 - 

auxquelles succèdent des marnes bleuâtres, noirâtres, remplies de 
fossiles, généralement pyritisés, marnes qui, comme celles du 
iiasien, renferment des septaria. 
Voici les corps organisés que j'ai recueillis à ce niveau dans 



Belemnites triparhtus, Schl. 

— acuarius, Schl. 

— irregularis, Schl. 

— brevis, Blainv. 

— unisulcatus, Blainv. 

— compressus ? Voltz. 

— exilis, d'Orl). 
Nautilus intermedius, Sow. 

— in détenu. 
Ammonites serpentinus, Schl. 

— bifrons, Brug. 

— complanatus, Brug. 

— Raquinianus, d'Orb. 

— variabilis, d'Orb. 

— mucronatus, d'Orb. 

— Acanthopsis, d'Orb. 

— heterophyllus, Sow. 

— concavus, Sow. 

— Zitelli, Oppel. 

— annulatus, Sow. 

— . insignis, Schùbler. 

— Braunianus, d'Orb. 



Ammonites Comensis, de Buch. 
Turbo capitaneus, Munster.' 

— subduplicatus, d'Orl). 
Purpurina Patroclus, d'Orb. 
Pleurotomaria, ind. 

Leda (Nucula) rostralis, Lam. 
Astarte (Solemija) Voltzii, Rœm . 
Nucula Hammeri, Defrance. 

— ovum ? Sow. 
Arca, ind. 

Lima ( Plagiostoma) gigantea , 
Sow. 
Pecten velatus, Goldf. 

— indéterm. 
Plicatula, ind. 
Ostrea, ind. 
Terebratula, ind. 
Rhynchonella liasica, Reynès. 

— {Terebratula) tetraedra, 
Sow. (0 
Serpula, ind. 



La partie moyenne du toarcien est constituée par des marnes 
noirâtres, schistoïdes, sans fossiles. 

La partie supérieure est marneuse, comme la précédente; mais 
les marnes sont généralement moins foncées, plus jaunâtres, quel- 



(lj Les brachiopodes du toarcien sont très rares. Nous avons vu que dans le 
Iiasien ils sont au contraire très nombreux; ils réapparaîtront en abondance 
dans le bajocien. 



- 33 — 

quefois un peu micacées; elles renferment des calcaires marneux 
en petites couches (0 m ,40 à m ,20). Les fossiles sont moins abon- 
dants que dans la zone inférieure à Ammonites bifrons ; ils ne 
sont pas pyritisés. J'ai récolté les espèces suivantes : 



Belemnites irregularis, Schl. 

— tripartitus, Schl. 

— exilis, d'Orb. 

— giganteus, Schl. 
Ammonites Aaîensis, Zieten. 

— indéterm . 
Turbo capitaneus, Munster. 

— subduplicatus, d'Orb. 



Cerithium armatum, Goldf. 
As tarte (Solemya) Voltzii, Rœmer. 
Leda (Nucula) rostralis, Lam. 
Nucula Hammeri, Defrance. 
Lucina, ind. 
Plicatula, ind. 
Ostrea, ind. 
Serpula, ind. 



40° — Près de Laussier, des schistes noduleux, des calcaires 
marneux, des calcaires lamellaires, des cargneules, des dolomies, 
des calcaires divers qui représentent l'oolithe inférieure (J 1 ), c'est- 
à-dire le bajocien et le bathonien de d'Orbigny. La puissance de 
ces couches peut être évaluée à 50 ou 60 mètres. 

On voit, un peu avant d'arriver à ce village, les marnes à 
Belemnites irregularis du lias supérieur, passer, insensiblement, 
à des schistes noduleux, gris-noirâtres, qui contiennent en 
abondance : 



Belemnites giganteus, Schloth. 
— unicanaliculatus, Hartm. 
Ammonites radians? Rein. 
Avicula digitata, Desl. 
Ostrea sublobata , Desh. (0. 

Phœdra, d'Orb.) 

TerebratulaJauberti, E. Desl. (\) 

— perovalis ? Sow. 



Rhynchonella cynocephala, Ri- 
chard et ses nombreuses 
variétés. (R. epiliasina, 
Leym. ; R. Ruthenensis, 
Reynès. ) 

— Fidia, d'Orb. 

— (Terebratula) tetraedra, 

Sow. 



(1) Cette belle espèce est très abondante. Ordinairement de petite taille comme 
celle delà Sarthe {Paléontologie française, t. jurassique, Brachiopodes, pi. 47, 
flg. let 2), mais plus arrondie, elle occupe ici, un niveau constant. Je ne l'ai 
jamais rencontrée sur les bords du plateau central dans la formation du lias. 

3 



— 3i — 

Ces schistes nodubux marquent, nettement, le plan dé séparation 
du lias et de l'oolilhe inférieure; ils ont été considérés parles 
auteurs de la Carte géologique de la France, comme appartenant 
aux couches à Ostrea arcuata du lias inférieur. En réalité, ils 
représentent la base du bajocien de d'Orbigny. 

On recueille immédiatement au-dessus, dans des calcaires très 
marneux, noduleux, schisteux : 



Belemnites sulcatus, Miller. 

— giganteus, Schl. 
Ammonites Murchisonœ, Sow. 

— radiatus, Sow. 

— variabilis, d'Orb. (A. 
Erbaensis? Hauer.) 

Pleurotomama, ind. 
Pleuromya (Donacites) Aldouini, 
Brong. 

— (Lutraria) tenuistria, 

Munster. 

— — elongata, 

Munster. 

— — decurtata? 

Goldf. 
Pholodomya triquetra, Agass. 

— ( Goniomya ) pro- 

boscidea, Agass. 

— bucardium, Agass. 

— voisine de P. decorata, 

Hartm. 



Ceromya Bajociana, d'Orb. 

(Isocardia concentrica, Phillips) . 
Lucina, ind. 
Astarte detrita, Goldf. 
Mytilus Sowerbianus, d'Orb. 

(Modiola plicata, Sow.) 
Lima ( Plagiostoma ) gigantea, 
Sow. 
Avicula, ind. 

Pecten disciformis, Schiibler. 
Terebratula perovalis, Sow. 

— intermedia, Sow. 

— Jauberti, E. Desl. 
Rhynchonella Fidia, d'Orb. 

— cynocephala, Richard 
et ses nomb. var. (R. 
epiliasina, Leym., R. 
Ruthenensis, Reynès). 

— (Terebratula) tetraedra, 

Sow. 

— — acuta, Sow. 



Les couches qui renferment ces fossiles sont recouvertes par des 
bancs de calcaire bleuâtre, jaunâtre, rougeâtre, lamellaire qui 
contiennent quelques fossiles difficiles à extraire : 



Nerinea Anglica? d'Orb. 

— indéterm. 
Pecten disciformis, Schiibler. 

— paradoxus, Munster. 

— indéterm. 
Ostrea Marshii? Phillips. 

— indéterm. 



Terebratula perovalis ? Sow. 

— intermedia, Sow 
Pentacrinus scalaris, Goldf. 

— indéterm. 
Apiocrinus, ind. 
Débris de Cidaris, ind. 

— Polypiers, ind. 



- 35 - 

Ces bancs de calcaire passent insensiblement, à des cargneules, à 
desdolomies fétides plus ou moins sableuses, quelquefois bréehoïdes, 
qui, exposées à l'air, prennent une teinte foncée et affectent des 
formes bizarres, étranges (4) (tours démantelées, figures grotes- 
ques, pyramides, etc.). Ordinairement en surplomb sur les marnes 
du toarcien et du bajocien inférieur, ces roches ruiniformes, 
magnésiennes et calcaires, servent à distinguer de loin la limite 
du lias et de l'oolithe ; elles sont fréquemment pénétrées de grottes 
plus ou moins profondes. 

Au-dessus et se liant intimement avec les couches précédentes, 
apparaissent des calcaires gris, bleuâtres, compactes, esquilleux, 
siliceux, rugueux au toucher, çà et là à texture oolithique, en 
bancs bien réglés, souvent exploités, qui se trouvent sur l'horizon 
du bathonien de d'Orbigny ; ils renferment quelques fossiles for- 
tement engagés dans la roche, parmi lesquels j'ai reconnu : 



Nerinea implicata, d'Orb. 

— indéterm. 
Natica. ma. 
Phasianella, ind. 
Astarte, ind. 
Trigonia, ind.' 
Lucina, ind. 
Cardium, ind. 
Lima, ind. 
Pecten paradoxus, Munster. 



Pecten disciformis ? Schûbler. 

— indéterm. 
Terebratula perovalis, Sow. 

— intermedia, Sow. 

— indéterm. 
Rhynchonella obsoleta ? Sow. 

— indéterm. 
Débris de Crinoïdes. 

— d'Oursins. 

— de Polypiers. 



Ici, comme dans les Cévennes (2), les calcaires de l'oolithe infé. 
rieure, qui renferment des rognons de silex, impriment au sol, par 
suite de leur désagrégation, une teinte rougeâtre. On pourrait les 
confondre avec les calcaires siliceux et compactes de la partie 
supérieure du sinémurien, si ce n'étaient les fossiles. 



(1) Je ferai remarquer que c'est le cinquième horizon de cargneules et de 
dolomies que nous trouvons. Ces roches varient très souvent d'épaisseur ; elles 
sont sans aucun doute, dues à d'anciennes sources venant de l'intérieur, ame- 
nant à la fois du carbonate de chaux et de la magnésie. 

(2) E, Dumas, Bull, de la Soc. géol. de France, 2*sér., vol. III, p. 614; 1846. 



— 36 — 

11° — Entre la côte marquée 329 au nord de Laussier, et le 
hameau appelé Lac des Siriès (carte du dépôt de la guerre), des 
calcaires marneux, des calcaires compactes, en plaquettes, qui cor- 
respondent à l'oolithe moyenne (J 2 ) (étages callovien et oxfordien 
de d'Orhigny) et qui constituent, concurremment avec les roches 
de l'oolithe inférieure et supérieure, ces régions arides, ces pla- 
teaux presque déserts, désignés dans le midi de la France sous le 
nom de causses. L'épaisseur de l'oolithe moyenne peut être 
évaluée à 400 ou 420 mètres. 

Le callovien est peu développé ; il est représenté par des marnes 
grises, foncées, passant à des calcaires très marneux, en pla- 
quettes, renfermant des empreintes d'Astartes. 

L'oxfordien est formé : de calcaires cristallins et de calcaires 
blanchâtres, grisâtres, compactes, esquilleux, terreux, se délitant 
en petites couches et en plaquettes, qui servent d'ardoise grossière 
pour couvrir les habitations. Ces calcaires en petites couches, 
alternent, à la partie supérieure, avec des bancs plus épais de 
calcaire compacte, gris-bleuâtre, esquilleux. Cet étage est peu 
riche en corps organisés ; les fossiles sont toujours empâtés dans 
la roche. Voici ceux que j'ai pu reconnaître : 



Ammonites plicatilis, Sow. 

— indéterm. 
Nerinea, ind. 
Turritella, ind. 
Pleuromya, ind. 
Pholodomya, ind. 
Nucula, ind. 



Lima, ind. 

Pecten, ind. 

Ostrea, ind. 

Terebratula sella, Sow. , ou 

biplicata, id. 
Rhynchonella (Terebratula) lacu- 

nosa, Schl. 



d2° — Du hameau de Lac des Siriès à la partie septentrionale 
des rochers d'Anglars, calcaires compactes, qui représentent la 
partie inférieure de l'oolithe supérieure (J 3 ), — le corallien de 
d'Orbigny. Leur puissance atteint 80 mètres. 

Ces calcaires, qui forment les escarpements remarquables connus 
sous le nom de rochers d'Anglars, sont compactes, blanchâtres, 



- 37 - 

jaunâtres, en bancs puissants. Leur stratification semble peu 
nette, confuse même, quoique, en réalité, ils soient presque 
horizontaux ou, plus exactement, légèrement inclinés au N. 0., 
ainsi que le montre la coupe PI. I, fig. 4. 

Les fossiles se montrent très rarement dans cet étage : je n'ai 
recueilli que quelques Nérinées,en trop mauvais état pour pouvoir 
être déterminées spécifiquement, des Térébralules qui me rap- 
pellent la T. sella, Sow., des traces de Diceras?? et quelques 
débris de Polypiers. 

Ainsi qu'on l'observe dans les Pyrénées, dans les Cévennes, en 
Provence, dans le Daupbiné, dans le Jura, les calcaires du corallien 
ont J'air d'être, à l'extérieur, comme corrodés par les eaux. Les 
parties les plus arides des causses sont situées sur ces roches. 



Ici se termine la série des terrains secondaires que je désirais 
faire connaître. 11 faudrait aller assez loin vers le N. 0., dans les 
environs de Cahors, si l'on voulait étudier les calcaires marneux à 
Ostrea virgula du kimmeridgien. 

En effet, des rochers d'Anglars à la petite ville de Saint-Antonin, 
qui est assise sur les bords de l'Aveyron, au fond d'un immense 
fossé de 250 mètres de profondeur, on retrouve, en continuant à 
suivre la route départementale, les étages oolithiques que je viens 
de faire connaître (corallien, oxfordien, callovien, bathonien et 
bajocien (1). 

Saint-Antonin se trouve entre deux failles. 

La première, que j'ai désignée sous le nom de faille de Varen, 
F 3 (Voir la carte de la PI. 1 et la coupe fig. 4), détermine le cours 
de l'Aveyron ; sa direction est E. 0. ; elle met en contact sur les 
bords de cette rivière, les couches bajociennes et toarciennes (J), 
avec celles du liasien (J J, et place, presque à un même niveau, 
les calcaires coralliens des rochers d'Anglars (rive gauche de 
l'Aveyron, altitude 360 mètres) et les cargneules et les calcaires 



(1) J'ai su, un peu avant d'arriver à Saint-Antonin, sur le flanc des escar 
pements d'Anglars, parmi les roches de 1 oolilhe inférieure, des calcaires dolo- 
mitiqucs, bréchoïdes , qui ressemblent beaucoup aux calcaires marmoréens 
exploités dans les Pyrénées, au même niveau géologique. 



— 38 - 

bajo-bathoniens du plateau de Bosc de la Camp (rive droite, altitude 
335 métrés). 

La seconde, que j'ai indiquée sous le nom de faille de la 
Bonnette, F' 2 , dont la direction est N. N. E., suit cette petite 
rivière, — qui vient se jeter dans l'Aveyron à Saint-Antonin, — 
et fait buter, le long de ses rives, le toarcien (J) et le liasien (J,). 

En tournant les yeux vers les escarpements d'Anglars (1), on 
peut voir que cette dernière faille se poursuit au S. S. 0. 
Les couches qui avoisinent le tunnel et la station du chemin de fer, 
sont fracturées en plusieurs endroits, ce qui permet de recueillir à 
des niveaux différents les fossiles du bajocien. UOstrea sublobata, 
la Terebratula Jauberti et la Rhynchonella cynocephala (R. 
epiliasina), s'y trouvent en abondance. 

Si l'on franchissait la Bonnette, on verrait les marnes du lias 
supérieur (J), recouvertes parles roches de l'oolithe inférieure (J 1 ), 
qui sont surmontées, à leur tour, par les nombreuses assises 
calcaires de l'oolithe moyenne (J 2 ), sur lesquelles le château de 
Pech-Dax se trouve assis. On retrouverait là, à l'exception du 
corallien, les roches que nous avons étudiées au nord de Laussier. 
Comme dans cette localité, elles forment, ici, d'immenses surfaces 
horizontales, aussi arides que monotones, qni s'étendent au loin, 
dans la direction de Sept-Fonds et de Puy-la-Roque. 



COUPE DE LA BORIE A BRUNIQUEL 
(PI. I, fig. 5). 



Ainsi que je l'ai dit, je n'ai pas l'intention de décrire couche 
par couche, les coupes graphiques qui accompagnent ce travail : je 
m'exposerais à des redites sans intérêt pour le lecteur, puisque. — 
à l'exception des formations dolomitiques et calcaires du zechstein, 
du muschelkalk et du keuper, qui s'atrophient et disparaissent 



(1) Ces escarpements, constitués par les calcaires coralliens, me rappellent 
ceux que Ton observe dans mon pays, au même niveau géologique, à la partie 
supérieure de la montagne de Crussol, vis-à-vis Valence. 



- 39 - 

quelquefois complètement, — les terrains si variés, étudiés entre 
Donnazac et Saint-Antonin, se retrouvent partout avec leurs mêmes 
caractères. Aussi me bornerai-je, après avoir rapidement énuméré 
les terrains rencontrés, à signaler ces différences, quand elles 
existeront, et à mettre en lumière les accidents dont j'ai parlé. 

La coupe (PI. I, fig. 5) de la Borie, près de la plaine du Tarn, 
à Bruniquel, sur les bords de l'Aveyron, a été faite entre Castelnau- 
de-Montmirail et Bruniquel, en suivant la route départementale 
qui traverse la forêt de la Grésigne. 

Cette coupe montre que le grand plateau éocène horizontal (e) 
dont j'ai parlé (anfe, p. 4 5-16), se continue vers le sud. Ici le terrain 
qui le constitue, a été beaucoup plus érodé qu'à Tonnac, puisque 
l'assise supérieure, calcaire, avec fossiles nombreux, n'a # été pré- 
servée qu'en quelques points, autour de Durban et à Castelnau-de- 
Montmirail, et que les argiles rosâtres, verdâtres,de la base ont été, 
à leur tour, enlevées sur les bords de la Yère, pour laisser 
apparaître les sables et les grès siliceux du trias (t l ). 

Entre la Plassarié et Arnaud, les couches triasiques (t l ) sont 
recouvertes, çà et là, par le conglomérat éocène (e), témoin du 
rivage de l'ancien lac tertiaire, conglomérat qui, comme à Tonnac, 
est formé de roches variées, incohérentes, emballées dans une 
argile jaunâtre et rougeâtre. 

Près d'Arnaud, la grande faille de Marnaves, F 1 , met en contact 
le trias (t 1 ) et le permien (P). Celui-ci est en partie recouvert, jus- 
que près du Pas de Castelnau (entrée de la forêt de la Grésigne), 
par le conglomérat éocène (e) dont je^viens de parler ; mais entre ce 
point et l'embranchement du chemin de Vaour, c'est-à-dire sur 7 
à 8 kilomètres de longueur, il se développe largement. 

En effet, c'est le terrain permien qui constitue, presque en entier, 
la forêt domaniale de la Grésigne ; il est, - comme à Boqueviane 
et dans la vallée du Cérou (anlè p. 17-18 et note des p. 19-21), — 
formé de schistes et de grès fins, psammitiques, argileux, d'un rouge 
intense, monochromes, en couches qui varient d'épaisseur et qui 
se ravineraient très facilement si la végétation ne les préservait 
pas. Ces schistes et ces grès rutilants ont une puissance considé- 
rable : au moins 500 mètres. Les couches les plus inférieures 
s'observent près de la Baraque-Royale, c'est-à-dire au point central 



— 40 - 

de la forêt (1) ; deux failles les ont brisées, — ainsi que l'indique 
la fig. 5 «le la PI. I, — d'abord au Pas-de-Castelnau, puis un peu 
avant d'arriver à l'embranchement du chemin de Vaour. 

Non loin de cet embranchement, vers le N. 0., le permien est 
recouvert par les assises appartenant au grès bigarré (t *) , que nous 
avons étudiées entre Puech-Maurel et Roc-Traoucat (antê p. 20-22), 
au-dessus des calcaires et des cargneules du zechstein. 

Ici, ce dernier étage manque complètement ; les roches qui le 
constituent doivent se terminer en lentille, sous l'éocène de Saint- 
Salvy et la Fage ; car nulle part je ne les ai aperçues dans la foret 
de la Grésigne, où l'on passe, directement, des grès et argiles du 
rothe-todte -liegende (P), aux grès inférieurs du trias (t 1 ). 

Ceux-ci ont les mômes caractères qu'à la Debèze et qu'à Roc- 
Traoucat. Parmi les couches argileuses rouges, on remarque des 
grès siliceux, avec petits cailloux de quartz, laiteux, avelianaires 
(dans le rothe-todte-liegende ces gros siliceux n'apparaissent pas). 

Le muschelkalk (t 2 ), représenté, nous l'avons vu, au Mas de 
Loump et à Peyralade, par des calcaires dolomitiques et des argiles 
dont la puissance varie beaucoup (de GO à 4 mètres), n'est pas ici 
nettement indiqué. On peut cependant lui rapporter, près du Pas- 
de-la-Ligne, des argiles bigarrés avec traces de calcaire, dont 
l'épaisseur est de 20 mètres. 

Au-dessus, on observe des grès blanchâtres, siliceux, en gros 
bancs, qui appartiennent au keuper (t 3 ). Un banc de dolomie 
grise, rosâtre, fétide, de 4 mètres de puissance, leur est subor- 
donné. Cet étage se termine par des cargneules bréchoïdes. 

On peut voir ensuite des calcaires dolomitiques, en couches 
de O m ,02 à O m ,30 d'épaisseur, exploités, et des traces d'argiles 



(1) Ce serait non loin de la Baraque-Royale qu'il conviendrait de rechercher 
le terrain houiller, si riche à quelques lieues de là, à Carmaux, et qui doit 
sans doute exister ici, à une faible profondeur, sous les grès permiens(P). On 
pourrait aussi rechercher ce terrain dans la vallée du Cérou, où nous avons vu 
que les grès et argiles rutilantes du rolhe-lodle-liegende affleurent. Je ferai 
remarquer que c'est dans les couches gréseuses, argileuses et bitumineuses., du 
grès bigarré (/<), c'est-à-dire à 5 ou GOO mètres au-dessus de l'horizon que j'in- 
dique, que l'on a, jusqu'ici, dans la région qui m'occupe, fait des travaux pour 
atteindre la formation houillère. Aussi les recherches n'ont-elles pas abouti. 



— 41 - 

verdâlres, qui indiquent la partie inférieure de l'infralias (J,,,), 
J'y ai recueilli quelques fossiles : 



Myacites Escheri? Winkler. 
Anatina, ind. 



Gewillia, ind. 
Bivalves ind. 



Des brisures multiples- s'observent à partir de l'endroit où 
affleurent les couches infraliasiques ; elles affectent tous les étages 
du lias (J /y , J /? J). La fig. 5, PI. I, ne donne qu'une faible idée 
des fractures qu'ont subies ces terrains auN. 0. du Pas-de-la- Ligne 
par suite de la rencontre de deux directions différentes N. N. E. 
(système du Mont-Seny) et E. 0. (système des Pyrénées). 

En suivant la route qui descend vers Bruniquel, on remarque, 
près deSaint-Paul-de-Mami9C,que le terrain oolitbique (J 1 elJ 2 )est 
disloqué de mille manières : les couches appartenant à ce groupe 
sont souvent verticales, quelquefois renversées 5 elles s'abaissent 
un peu plus loin, par faille, pour constituer les bords de la Vère 
et de l'Aveyron. Une dernière faille, continuation de celle de la 
Bonnette, F 2 , place côte à côte, vis-à-vis les forges de Caussanus, 
les marnes du lias supérieur (J), et les roches calcaires et dolo- 
mitiques ruiniformes du bajocien (J 1 ) qui renferment la célèbre 
caverne de Bruniquel. 

Dans les environs de Bruniquel, et près de la station du chemin 
de fer, les calcaires marneux et noduleux de la base de l'oolithe 
inférieure, contiennent de nombreux fossiles. Outre les espèces de 
cet horizon, que j'ai citées (antè , p. 33 et 34) (zones à Ostrea 
sublobata et Ammonites Murchisonœ), je signalerai ; 



Belemnites unicanaliculatus , 

Hartm. 
Ammonites radians ? Rein. 

— indéterm. 
Trochus, ind. 
Pleurotomaria de grande taille 

(moule), indéterm. 
Pleuromya, ind. 



Pholadomya Zietenii, Agass. 

— Murchisoni, Sow. 

Astarte, indéterm. 
Mytilus, voisin du M. scalprum, 

Goldf , mais plus grand. 
Lima ( Plagiostoma ) duplicata, 
Sow. 



Ce sont ces couches et celles du toarcien (J) qui apparaissent aussi 
dans les mêmes lieux (Voir PI. I, fig. 5), que Dufrénoy croyait 
appartenir au lias à Ostrea arcuata du nord de la France (1); elles 
ont été, en 1 841 , coloriées en bleu foncé sur la Carte géologique de 
la France, c'est-à-dire placées dans le lias inférieur (2). 

Les épanehements de matière ferrugineuse, d'argile rouge 
pisolilhique, que l'on remarque entre Bruniquel et Montricoux et 
en plusieurs points de la vallée de la Vère, ont dû se produire entre 
la période crétacée inférieure et l'époque éocène. Nous reviendrons 
plus loin sur cette question. Quoi qu'il en soit, ici comme dans les 
Pyrénées (3), comme dans les Cornières, comme dans l'Hérault et 
comme dans la Lozère, ces épanehements sont une sorte de pro- 
duction aqueuse ou aquoso-thermale, dont la sortie a été favorisée 
par les failles et les dislocations du sol. On voit quelquefois ces 
dépôts ferrugineux, rougeâtres, remplir le joint des failles-, ailleurs, 
s'introduire dans les interstices des roches; ailleurs encore, recou- 
vrir, sous forme de nappe, des surfaces assez étendues. 



COUPE DE CORDES A GALABERT 
(PL I, fig. 3). 

Quoique les érosions post-éocènes aient respecté ici, beaucoup 



(1) Mém. pour servir à une description géol. de la France, vol. I, p, 358, 
pi. VII, fig. 4; 1830. 

(2) Si l'on remontait le cours de la rivière de la Vère, qui se jette dans 
l'Aveyron à Bruniquel, on pourrait récoller en bien des lieux, de nombreux 
fossiles de Toolithe inférieure., du toarcien, du liasien et du sinémurien. 
M. l'abbé Nonnorgues, curé de Bruniquel, qui possède une belle série de 
fossiles et surtout une magniflqne collection d'objets recueillis dans les grottes 
des âges antéhistoriques m'a montré de nombreuses espèces bajociennes et 
liasiennes, trouvées par lui à Payssel, à Ferrières, à Larroque. — Je dois à 
la gracieuseté de ce digne abbé plusieurs fossiles , entr'aulres un très beau 
Pleurotomaire (P. Anglica), 

(3) H. Magnan, Comp. rend, de l'Institut, vol. LXVI, p. 432, 1868. — Idem, 
vol. LXVIL p- 414, 1868. —Bull, de la Soc. géol. de France, 2* sér., vol. XXV, 
p. 712-713, 724, 1868. 



— 43 - 

plus que dans les environs de Gastelnau-de-Montmirail , les 
calcaires compactes, siliceux et caverneux, qui forment la partie 
supérieure de l'éocène supérieur (e) (1), il n'en est pas moins 
vrai que les environs de Cordes sont on ne peut plus intéressants 
à étudier au point de vue des dénudations (2). Grâce à elles, les 
marnes rougeâtres, jaune-orangées, de l'éocène, ont été mises à 
découvert à l'E. et à l'O. de cette ville, ainsi qu'un îlot de ter- 
rain secondaire. 

Environné de toutes parts par l'éocène, cet îlot, sur lequel le 
domaine appelé le Gasc est assis, est composé à la base, de grès 
siliceux, avec petits cailloux de quartz ; et à la partie supérieure, 
de calcaires dolomitiques, gris, et gris-rosés, en bancs générale- 
ment peu épais, activement exploités. 

Ces couches rappellent, de tous points, celles que j'ai rangées 
dans le grès bigarré supérieur {t l ) et dans le muschelkalk {t 2 ). 
On voit, au-dessus d'elles, quelques traces d'un dépôt diluvien, à 
cailloux de quartz (Alluvions anciennes). 

En descendant la rive droite du Cérou, l'observateur ne tarde 
pas à rencontrer, sous les couches horizontales, calcaires et mar^ 
neuses, du plateau de la Vidillarié et sous le conglomérat éocène 
de la Treyne (e), — conglomérat formé, comme à Tonnac et à la 
Plassarié, par des roches peu ou point roulées, plus ou moins 
cimentées, empruntées aux terrains anciens et principalement aux 
formations secondaires, — des argiles rutilantes et des grès siliceux, 
légèrement inclinés à l'E., çà et là plissés, qui appartiennent à la 
partie inférieure du trias (t l ). Les argiles rouges, très développées, 
contiennent près de Succaliac, à deux niveaux différents, du 
gypse plus ou moins rosâtre, autrefois exploité. On remarque, à 
la partie supérieure des couches minces de grès siliceux, psam- 
mitiques, bitumineux, semblables à celles que j'ai signalées entre 
Puech-Maurel et Roc-Traoucat {antè, p. 22 et note). 

Ce système doit, souterrainement, passer au-dessous des grès 



(1) Ces calcaires renferment, indépendamment des nombreux fossiles que j'ai 
cités (antè p. 16), les espèces suivantes : Hélix Personnati, Noulet ;H. Archiaci, 
Noulet; Vertigo corduensis , Noulet; Ancylus Boyeri, Noulet; Pomatias 
cieuracensis, Noulet ; Paludina castrensis, Noulet. 

(2) Ce sont les dénudations qui ont donné à ce pays sa physionomie pitto- 
resque., et à Cordes, notamment, sa situation si curieuse. 



— 44 — 

bigarrés siliceux et des dolomies du muschelkalk du domaine de 
Gasc, près de Cordes ; il représente, ai-je dit, la partie la plus 
inférieure du trias : on voit, en effet, qu'il recouvre directement, 
au-dessous de Succaliac ot près du Pont-de-Marnaves (PI. I, fig. 3), 
un lambeau très bouleversé appartenant au zecbstein (Z). 

Ce dernier étage est ici, comme près de Tonnac et des Perven- 
diers (tinté, p. 18-19 et note des p. 4 9-21) , formé par des 
cargneules rosaires; des calcaires compactes à Foraminifères 
(Fusulina?) et à Pentacrines ; des dolomies en plaquettes, 
fendillées, criblées de petits trous, comme persillées; des calcaires 
colorés, rosés, jaunâtres, compactes, à cassure vive. 

Il convient de dire que je n'ai pas trouvé dans le zecbstein du 
Pont-rîe-Marnaves les Gastéropodes {Naîtra, Turbo, Murchi- 
sonia, Turbonilla, etc.), ni les Schizodus et Ostrea si abondants 
à Puecb-Maurel et aux Pervendiers : les calcaires qui, dans ces 
dernières localités, renferment ces fossiles, sont ici bien moins 
développés, pour ne pas dire presque atrophiés. Nouvelle preuve 
de la variabilité de puissance de cet étage, qui, nous l'avons vu, 
n'existe même plus dans la foret de la Grésigne. 

Ces faits si curieux prouvent que les roches magnésiennes et 
calcaires du zecbstein, comme celles du muschelkalk si du keuper, 
— avec lesquelles elles ont d'ail ! eurs tant de points de ressem- 
blance, — forment au milieu des roches détritiques, d'immenses 
lentilles très aplaties, dont la production a dû avoir lieu sous l'in- 
fluence de sources calcarifères et magnésiennes venant de l'inté- 
rieur (1), pendant que les phénomènes d'érosion superficielle se 
développaient tout à cùté, avec une égale intensité, pour former les 
grès et les argiles. 

Revenons à notre coupe. 

Entre le Pont-de-Marnaves et la base de l'escarpement, — 
qui porte au N.-O. de ce point, sur la carte du dépôt delà 
guerre, la cote 379, — la faille de Mamaves F 1 (voir la coupe 
PI. I,fig. 3), a permis à un lambeau keupérien etliasique, — marnes 
irisées (< 3 ), infralias (J 4/ J et lias inférieur (JJ, — perdu au milieu 



(1) Ce sont à des sources qu'il faut attribuer aussi la présence des dépôts 
gypseux. 



— 45 — 

de cette immense brisure, de buter, d'une part, contre le zechstfiin 
dont je viens de parler, et de l'autre, contre des grès siliceux et 
des argiles appartenant au trias. 

11 est très intéressant d'étudier dans cette région, les effets pro- 
duits, à la fois, par la grande faille de Marnaves et par la rencontre 
de terrains courant dans deux directions opposées (E. 0. entre 
Roussairolles et Marnaves ; N. N. E. entre Marnaves et Ratayrens). 
A côté de couches presque horizontales apparaissent des roches 
tourmentées, ployées, brisées, très inclinées, souvent verticales, 
dirigées en divers sens : N. N. E., E. 0., 0. N. 0. , directions 
que la petite rivière du Cérou, en se pliant et en se repliant, 
emprunte bien des fois, entre le Pont-de-Marnaves et Milhars. 

De la base de l'escarpement, qui atteint, ai-je dit, au N. 0. 
de Marnaves, 379 mètres de hauteur, jusques à Layrac, près de 
Montrozier, on passe successivement en revue : 

Les grès blancs siliceux, exploités, les argiles verdâtres, bigar- 
rées, les calcaires dolomitiques, en petits bancs, et les cargneules 
du keuper (f 3 ) ; 

Les calcaires plus ou moins dolomitiques, en petites couches et 
en plaquettes, les cargneules, les argiles verdâtres, avec calcaires 
subordonnés, de nouvelles cargneules et les calcaires compactes, 
en petits bancs de finfralias (J,,,) ; 

Les puissantes cargneules rosâtres, jaunâtres et les calcaires 
variés du lias inférieur (J /y ) ; 

Les calcaires marneux, les marnes et les calcaires lumachelles 
du liasien (J,); 

Les calcaires marneux, en petits bancs, et les marnes du 
toarcien (J). 

Ces deux derniers étages sont remplis de corps organisés fossiles. 

A Layrac, la faille de Varen, F 3 , met en contact direct : les 
couches à Ammonites bifrons et à Belemnites tripartitus, du lias 
supérieur, avec les cargneules du lias inférieur (Voir la coupe 
PI. I, fig. 3), lesquelles forment les escarpements qui enserrent 
l'Aveyron près de Montrozier. 

On remarque sur la rive droite de cette rivière, et à 30 ou 40 
mètres au-dessus de son niveau, un puissant dépôt diluvien (a), 
qui doit être rangé dans les alluvions anciennes. 

Après avoir franchi l'Aveyron, au-dessus des cargneules et des 



- 46 - 

calcaires compactes et variés du lias inférieur (J J à Lucina liasina, 
Pecten priseus, Pentacrinus scalaris, Terebratula punctat a, etc., 
apparaissent les trois subdivisions de l'étage liasien (J,) : les 
calcaires marneux «à Ammonites Jamesoni et fimbrialus à Phola- 
domya ambigua et decorata; les marnes à Pecten œquivalvis, 
Ostrea cymbium, Belemnites niger ; et le calcaire lumachelle, 
plus ou moins ferrugineux, à Ammonites rnargaritatus, Pecten 
velatus et calvus, à Terebratula subovoïdes et indentata,de la partie 
supérieure. 

Le village de Cargoalle est assis sur ce calcaire lumachelle. 

En continuant à marcher vers le N. 0., on peut, — après une 
dépression qui laisse apparaître les marnes à Ostrea cymbium, — 
voir les bancs qui constituent le calcaire lumachelle, recouverts 
par les calcaires marneux, en petites couches , et les marnes à 
Ammonites bifrons et Raquinianus , à Belemnites irregularis , 
du lias supérieur (J), marnes qui sont, à leur tour, surmontées : 
par les calcaires marneux, noduleux, à Ostrea sublobata, Mytilus 
plicatus, Terebratula Jauberti, el par les calcaires lamellaires 
à Entroques et les cargneules du bajocien (J 1 ). 

Les roches résistantes de ce dernier étage forment, ici, un assez 
vaste plateau, interrompu par érosion, entre Grouillé et Joany- 
Roubert. 

La descente au fond de la vallée de la Bonnette, permet d'étudier 
de nouveau, les couches fossilifères bajociennes et liasiennes, comme 
elle permet aussi de constater l'existence de la faille F 2 , qui porte 
le nom de cette vallée et qui met, côte à côte, près du château de 
Malaterre, au S. E. de Galabert, les bancs à Pecten œquivalvis et 
à Ostrea cymbium du lias moyen (J,), avec les marnes du lias 
supérieur (J). 

Si l'on gravissait, vers PO., les parois abruptes qui encaissent 
la rivière de la Bonnette, on verrait que le hameau de Galabert 
est situé sur les calcaires de l'oolithe moyenne (J 2 ), qui forment 
l'immense plateau dont j'ai déjà parlé, en décrivant les terrains des 
environs de Saint-Antonin. 



- 47 - 

COUPE DE LÂGUÉPIE A CAYLUX 

(Pl.I,fig,2). 



De Laguépie à une dépression que l'on remarque avant d'at- 
teindre le hameau de Ginestous, on peut étudier, en suivant la 
route départementale qui conduit à Saint-Antonin, des couches 
très relevées, le plus souvent verticales, appartenant aux terrains 
anciens (y 2 ). Ce sont des gneiss noduleux, — à pâte feldspathique 
plus ou moins rougeâtre, — qui alternent à plusieurs reprises, avec 
des roches amphiboliques verdâtres , des porphyres , des ser- 
pentines, à pâte verte, accidentés de filons de quartz blanc-laiteux, 
et avec des quartz en masses considérables. 

A la jonction des terrains anciens et secondaires, les roches 
amphiboliques, largement représentées dans cette région, sont 
plus ou moins décomposées ; décomposition qui se traduit, à 
l'extérieur, par un aspect terreux et une couleur jaunâtre. 

Le point de jonction a lieu par faille : on observe des argiles 
pisolilhiques, ferrugineuses, qui ont dû, grâce à cette brisure, 
s'épancher à l'extérieur à une époque relativement récente, com- 
prise sans doute, nous le verrons plus loin, entre les périodes 
crétacé et éocène. 

Les formations secondaires débutent : par des grès siliceux, 
pondingiformes, vineux, gris, subordonnés à des argiles, lesquelles 
sont suivies par des roches gréseuses, à pâte fine, en petites 
couches plus ou moins disloquées, plus ou moins schisteuses et 
noirâtres, çà et là charbonneuses, renfermant quelques empreintes 
de plantes peu déterminables. 

Ces dernières couches ont donné lieu à des recherches infruc- 
tueuses de houille, et il ne pouvait pas en être autrement puis- 
qu'elles n'appartiennent pas, ainsi que l'a dit M. Manès (1), à 
la formation houillère. J'ai tout lieu de croire qu'elles se trouvent 



(1) Mémoire cité. 



— 48 — 

au niveau des bancs bitumineux et gréseux de Roc-Traoucat et de 
Succaliac (antè, p. 22 et 43), qui correspondent, ai-je dit, au grès 
bigarré inférieur, équivalent probable du grès vosgien et peut-être 
du permien le plus supérieur de la Russie. 

A ce système succèdent : des grès siliceux, poudingiformes et 
feldspathiques, des grès fins et des argiles vineuses, verdâtres, 
jaunâtres, inclinés en divers sens, — ainsi que l'indique la coupe 
PI. I, fig. 2, — qui se trouvent sur l'horizon des grès bigarrés 
supérieurs (f 1 ), étudiés à la Plane et à Roc-Traoucat, près de 
Vaour. En effet, on les voit surmontés, à Puech-Mignon, par des 
calcaires en plaquettes, comme persillés, et des calcaires dolomi- 
tiques, fétides, qui représentent le muschelkalk. 

Le ravin de Puech-Mignon doit son existence à la grande faille 
de Marnaves, F 1 , qui met en relation le trias (£ 2 ), dont je viens de 
parler, avec les cargneules, les calcaires dolomitiques, les calcaires 
rubannés et variés à Rhynchonella variabilis et à Pentacrinus 
scalaris du lias inférieur (J,,). 

Ces roches sont remarquables par la régularité de leurs bancs 
et leur courbure en fond de bateau. Un peu plus loin, inclinées 
vers l'O., on les voit recouvertes par les couches inférieures du 
lias moyen (J,) a Pholadomya ambigua.et Hausmanni, auxquelles 
succèdent, près du château de Belpecb, les marnes grises à 
Ostrea cymbium, Belemnites niqer et, avant d'atteindre la Mouline, 
le calcaire lumachelle, àTerebratulaindentata y Àviculainœquival- 
vis, etc., qui sépare le liasien du toarcien. Ce calcaire a été entamé 
en tranchée, profonde pour l'établissement de la route dépar- 
tementale. Au-delà apparaissent les calcaires marneux en petits 
bancs du lias supérieur (J), à Ammonites bifrons et à Belemnites 
tripartitus. 

De Laguépic à la Mouline, la coupe PI. I, fig. 2, montre le 
profil des terrains de la lèvre N. de la faille de Varen, F 3 ; car 
cette faille suit exactement le cours de l'Aveyron entre ces deux 
points. J'ai indiqué sur cette coupe, au moyen d'un arrière-plan, 
les terrains que l'on rencontrerait, au N. 0. de la Mouline, si on 
laissait un peu au S., la faille en question. On verrait que le lias 
supérieur (J), y est recouvert en concordance par l'oolithe infé- 
rieure (J 1 ). 

Si, au contraire, on suit en direction la faille de Varen, F 3 , 



— 49 — 

jusques à Senil-Varen et si, partant de là, on se dirige vers Sol- 
de-Rosier et Cambon, en remontant un petit ruisseau, on observera 
facilement, ainsi que l'indique la même coupe, que l'oolithe 
inférieure (J 1 ), au lieu de reposer sur le lias supérieur (J), comme 
au N. 0. de la Mouline, est ici en contact, par suite d'un accident 
grandiose, avec le puissant dépôt argileux et gypseux du trias de 
Varen (t 1 ). L'immense déchirure (faille de Varen F 3 ) qui a mis ces 
deux terrains côte à côte, est remplie d'argile jaunâtre et rougeâtre, 
pisolithique (4). 

Entre Senil-Varen et le Pech-de-Bergons, près de Caylux, les 
couches du lias et de l'oolithe inférieure sont peu accidentées : 
inclinées en un seul point, à l'E. vers Senil-Varen, elles devien- 
nent horizontales ou presque horizontales à partir de Gambon. 
Aussi est-il permis de dire que, dans cette. région, les érosions 
seules ont façonné le sol. 

Grâce à elles, les calcaires rubanés et les calcaires compactes 
du lias inférieur à Pecten prisais, Terebratula Cor et punctata, à 
Pentacrinus scalaris, ont été mis à nu sur les bords de la Seye et 
à Gaudesaigues. (Voir la coupe PI. I, fig. 2). 

On peut, au-dessus de ces assises, étudier sur de vastes surfaces : 
les calcaires gréseux et marneux, à Ammonites capricornus, 
Jamesoni et fimbriatus , à Pholadomya ambigua et decorata, à 
Belemnites niger ; les marnes grises qui renferment en abondance 
VOstrea cymbiumet le Pecten œquivalvis, etc., et enfin, le calcaire 
lumachelle à Ammonites margaritatus , Avicula substriata et 



(1) La petite carte de la PI. I, montre que la faille de Marnâtes, F*, cou- 
rant N.-N.-E., et la faille de Varen, F3 , dirigée, ai-je dit^ E.-O., viennent se 
croiser à l'E. de Varen. Aussi les terrains qui avoisinent ce bourg et la station 
voisine de Lexos sont-ils, par suite de la rencontre de ces deux directions si 
opposées, accidentés d'une manière toute particulière. Je signalerai notam- 
ment : la courbure des couches liasiques entre Varen et la Mouline ; les roches 
tourmentées de Tortusson à l'E. de Lexos; et les beaux contournements, plis- 
sements et brisures que l'on peut, — grâce à une tranchée faite pour l'établisse- 
ment du chemin de fer, — facilement observer près le hameau de Segalar, 
entre Lexos et Milhars. 

La coupe fig. D (p. 50)., que j J ai relevée avec soin, donnera autant qu'il 
est possible de le faire à une petite échelle, une idée de ce dernier accident, en 
même temps qu'elle montrera les curieuses relations de l'oolithe inférieure (Ji) 
et du trias (H), entre Lexos, Varen et Sol-de-Rosier. 

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— 51 — 

inœquivalvis, à Pecten tuberculatus , velatus et disciformis, à 
Rhynchonella liasica, Terebratula indentata, etc., de la partie 
supérieure du liasien (J,). 

Ce calcaire, — ordinairement bleu, en bancs plus ou moins 
épais, quelquefois comme ondulé, zone, en petites couches, conte- 
nant des nodules siliceux, partout très fossilifère, souvent fer- 
rugineux, — forme, ainsi que je l'ai dit (antè, p. 30-31), un 
excellent horizon, séparant nettement le liasien du t03rcien. Moins 
altérable aux agents extérieurs que les marnes à Ostrea cym- 
bium sur lesquelles il repose, il couronne souvent les hauteurs, 
en formant des plateaux, qui se distinguent de loin de ceux du 
lias inférieur et de l'oolithe, par leur couleur jaunâtre et leur surface 
plus cultivée. (Plateau entre Selgues et Espinas, plateau d'Aslruc). 

Ainsi que le montre la coupe, PI. I, fig. 2, cet horizon est 
surmonté, en certains points, par le lias supérieur (J), que recouvre 
à son tour, l'oolithe inférieure (J 1 ). Ce sont d'anciens témoins 
qui prouvent la réalité des dénudalions. 

Entre Sol-de-Rosier, près de Senil, et Cambon, le vallon que 
suit la route de Varen à Verfeil, permet d'étudier les calcaires 
marneux et les marnes très fossilifères du toarcien (J). Le château 
deRavaille est assis sur les calcaires marneux à Ammonites bi frons. 
On peut étudier aussi cet étage sur les flancs du Pech-de-Bergons 
et dans les environs immédiats de Caylux. 

Le toarcien et le bajocien sont remplis de fossiles près Sol-de- 
Rosier et à quelques mètres de la station de Lexos (coupe fig. D). 
On trouve dans les calcaires marneux et noduleux, gris-noirâtres, 
de la base de ce dernier étage, la plupart des espèces signalées à 
Laussier, à Saint-Antonin et à Bruniquel (antè, p. 55-34, 44), et 
de plus celles dont les noms suivent : 



Aptychus, ind. 
Belemnites Munsteri ? 
Ammonites radiatus, Sow. 
Pholadomya (Goniomya) scripta, 

Agass. Lucina, ind. 

— indéterm. Mytilus, ind 

Mactromya ventricosa, Agass. i Lima, ind. 



Ceromya (Gresslya) Latior, Agass. 
(Lyonsia abducta, d'Orb.) 
— ( Lutraria ) striato- 
punctata, Munster. 



— 52 - 

La partie supérieure du bajocien, — composée Je calcaires 
lamellaires à Entroques -et de cargneules, - constitue l'horizon de 
ces roches ruiniformes. (jui partout font une saillie très prononcée 
et abrupte au-dessus des marnes du lias et impriment aux 
paysages de ce pays une physionomie toute particulière. Ces roches 
forment au N. de Sol-de-Rosier et de Senil-Varen, une sorte de 
plateau, sur lequel sont bâties les métairies appelées le Causse et 
Gibily (carte du dépôt de la guerre). 

On retrouve le groupe de l'oolithe inférieure (J 1 ), à dix ou 
douze kilomètres de distance, si l'on suit ma coupe, auPech-de- 
Bergons, — S. E. de Caylux, — et à Caylux même, où la faille de 
h Bonnette, F 2 , l'a abaissé et où il est recouvert parles calcaires 
de l'oolithe moyenne (J 2 ), qui se développent au loin pour cons- 
tituer, ainsi que je l'ai dit, la vraie région des causses. 



COUPE DE TREBESSAC AU MAS-DEL-SOL 
(Pl.I,fig.1). 



De Trebessac à la station de Monteils, on ne rencontre que des 
granités variés (y 1 ), des gneiss rubanés et noduleux, des amphi- 
bolites, des quartz (?/ 2 ). Ce sont les mêmes roches, le granité 
excepté, que celles que nous avons étudiées dans la coupe pré- 
cédente, entre Laguépie et Ginestous. 

La coupe PI. I, fig. 4, montre qu'à Monteils la grande faille de 
Marnaves, F 1 , fait buter les formations liasiques (J J, en couches 
légèrement arquées envoûte, contre les roches cristallines (t/ 2 ), en 
strates verticaux ou sub-verticaux. 

Grâce au ruisseau d'Assou, qui se jette dans l'Aveyron à Mon- 
teils, et qui entame assez profondément le terrain secondaire, on 
peut étudier à Parayre, près Ardenne, à Boulec, au Moulin-de- 
Castanet, un système gréseux et argileux qui appartient au trias, 
puisqu'on trouve au-dessus, les calcaires à Myacites Escheri ? à 
Gervilia et à Anatina prœcursor, de l'infralias, dont je parlerai 
tout à l'heure. 

Avant mes recherches, ce système était rangé en grande partie 



— 53 - 

dans le lias, sous la dénomination de Grès infraliasiques, par les 
savants auteurs de la Carte géologique de France et par M. Boisse (1 ). 
Il se compose, ici, de grès siliceux, poudingiformes et d'argiles 
rutilantes qui, probablement, représentent le grès bigarré (<'). Je 
dis probablement, parce que les calcaires dolomitiques du mus- 
chelkalk n'affleurent nulle part dans la vallée d'Assou ; il se 
pourrait que ces grès appartinssent au keuper(J 3 ). Ce dernier étage 
n'est ici réellement bien représenté que par des grès verdâtres, 
fins, et des argiles bigarrées, auxquelles sont subordonnées quelques 
minces couches de calcaire dolomitique. On voit donc que le calcaire, 
qui jouait un assez grand rôle dans le groupe triasique, — à Vaour, 
à Peyralade, au Mas-de-Loump, à Marnaves, etc., — tend, ici, à 
disparaître d'une manière presque complète (2). 

Au-dessus des argiles bigarrées du keuper (J 3 ) apparaissent, ainsi 
que je viens de le dire, les couches de l'infralias (J,,,). Ce pré- 
cieux horizon est composé, ici, de la manière suivante : 

A la base, par des calcaires grisâtres, dolomitiques, compactes, 
en bancs de O m , 10 à O m ,20 d'épaisseur, quelquefois à surface nodu- 
leuse et micacée. Quelques-uns de ces calcaires sont gréseux, jaunâ- 
tres , lumachelliques*, d'autres renferment des grains de quartz 
(arkose); leur puissance est de 8 à 40 mètres ; ils renferment de 
précieux fossiles que j'ai notamment recueillis : à l'ouest du 
Moulin-de-Castanet, sur la rive gauche du ruisseau de Ferran ; 
près de Boulec et au four à chaux, aujourd'hui abandonné, de 
Parayre près Ardenne. 

Voici les corps organisés que j'ai pu reconnaître : 



Leda Deffneri, Oppel. 

Cardium, ind. 

Gervillid prœcursor, Quenstedt. 

— indéterm. 
Anatina prœcursor, Quenstedt. 



Anatina, ind. 

Avicula, ind. 

Myacites Escheri ? Winkler. 

Mytilus minutus, Goldf. (3) 



(1) Loc. cit. 

(2) Il en est de même dans les environs de Figeac. 

(3) Mon ami M. le docteur Bleicher vient de trouver, près de Figeac et de 
Lacapelle-Marival (Lot,, ces mêmes fossiles dans des calcaires cendreux, jaunâtres; 
dolomitiques, toujours placés, comme ici, au-dessus des grès dits infraliasiques. 



— 54 — 

A la partie supérieure (en allant de bas en haut), par des argiles 
verdâtres et des dolomies plus ou moins cendreuses, caverneuses, 
souvent criblées de petits trous, comme persillées; par des cal- 
caires compactes, à cassure vive, plus ou moins dolomiliques, en 
petits bancs, avec traces de fossiles -, par des argiles un peu 
vineuses ou verdâtres, avec minces couches de calcaires subor- 
donnés et par des calcaires jaunâtres dolomitiques, en plaquettes. 
L'épaisseur de ces diverses assises est de 40 à 50 mètres. 

L'infralias a donc, ici, de 50 à 60 mètres de puissance. La 
partie inférieure représente les couches à Avicula contorta (1) ; la 
partie supérieure, qui contient de rares fossiles indéterminables, 
doit se trouver au niveau des zones à Ammonites planorbis et 
angulatus du bassin du Rhône. 

Cet étage bute quelquefois par failles multiples, contre les grès 
triasiques, ainsi qu'on peut le voir à l'ouest du Moulin-de-Castanet. 

Les argiles et les calcaires, les plus supérieurs de l'infra- 
lias (J,,,), sont surmontés par de puissantes cargneules, des 
dolomies plus ou moins cendreuses, des calcaires rubanés et des 
calcaires très variés, en bancs bien réglés, qui marquent l'horizon 
de YOstrea arcuata du N. de la France (2), c'est-à-dire le lias 
inférieur (J,,). 

Ce dernier étage, dont l'épaisseur est très considérable (200 à 
250 mètres), recouvre, dans cette région, de vastes surfaces ; il 
s'étend, vers le N., jusqu'à Villefranche et Toulonjac. 

Là-bas, comme à l'O. de La Vergue, il est successivement 
surmonté : par les calcaires marneux à Ammonites Jamesoni et 
Pholadomya ambigua, les marnes à Ostrea cymbium et Pecten 
œquivalvis, le calcaire lumachelle à Terebratula indentata et 
Avicula inœquivalvis du liasien (JJ; par les calcaires marneux et 
les marnes à Ammonites bifrons et Belemnites irrcgularis du 
toarcien (J) ; par les petits bancs marneux, noduleux, à Ostrea 
sublobata et Terebratula Jauberti de la base du bajocien ; et par 



(1) Je n'ai pas rencontré jusqu'à présent dans cette région ce précieux fossile. 

(2) Couches a, b, c, d, de la coupe de Villefranche à Veuzac, par Dufrénoy, 
déjà citée. 



- 55 — 

les calcaires variés de l'oolithe inférieure (1) et moyenne (J 1 et J 2 ), 
qui, entre St-Rémy, Villeneuve et Cassanux, jouent un tout aussi 
grand rôle qu'à l'ouest de Mas-del-Sol, en formant ces immenses 
plateaux sans fin, ces causes arides dont j'ai si souvent parlé. 



De Monteils à Asprières, près du Lot, les coupes que l'on pour- 
rait faire montreraient la continuation de la grande faille de 
Marnaves, F 1 . Ce ne sont partout, entre ces deux points, que 
coupures verticales qui mettent, comme à Monteils (PI. I, fig. 1), 
brusquement en contact les terrains jurassiques et les roches 
cristallines : on passerait directement des calcaires de l'oolithe les 
plus compactes, les plus fins, au granité; des marnes toarciennes 
ou liasiennes les plus pures, aux couches de gneiss. En serait-il 
ainsi si les roches gneissiques et granitiques représentaient, comme 
on veut le croire, une ancienne falaise contre laquelle seraient venus 
battre les flots de la mer secondaire ? ne verrait- on pas de gros 
blocs mêlés à des sédiments sableux ? des couches gréseuses, des 
argiles mélangées de sables, des calcaires impurs, des fossiles plus 
ou moins roulés, plus ou moins usés ? ne trouverait-on pas enfin, 
ne serait-ce qu'en quelque lieu privilégié, les roches anciennes 
corrodées, recouvertes en discordance transgressive parles terrains 
jurassiques ? 

RÉSUMÉ LITHOLOGIQUE ET PALÉONTOLOGIQUE 

DES TERRAINS ÉTUDIÉS ENTRE LES VALLÉES DE LA 

VÈRE ET DU LOT. 



Pour montrer d'un coup d'œil, la nature et l'importance des 
terrains si variés que les coupes qui accompagnent ce travail nous 
ont permis de passer en revue, je vais résumer dans le tableau 
suivant leurs caractères principaux au point de vue lithologique 
et paléontologique et j'indiquerai en même temps leur épaisseur. 



(t) Les calcaires de l'oolithe inférieure renferment sur les bords du Lot, près 
de Cadrieu, uue couche de lignite pyriteux, inexploitée, dont Dufrénoy a parlé 
il y a longtemps {Explic. de la Carie géol. de la France, vol. II, p. 674 ; 1848). 
Cette couche est placée entre le bajocien et le bathonien. 



Tableau des terrains observés sur les bords S.-O. du plateau central 
de la France, entre les vallées de la Vére et du Lot. 



PREMIERE SERIE. — TERRAINS HORIZONTAUX, 

TERRAIN Ol TA J ERN4IRE. 
Diluvium. — (a). 

Alluvions modernes et anciennes. 

TERRAIN TERTIAIRE. 

Eocène supérieur. — (e). 
Epaisseur : 200 mèlres. 



Lithologie. 

Calcaires compactes , blanchâtres , 
caverneux, très souvent avec no- 
dules siliceux ; calcaires blanc- 
rosâtres, blanchâtres , grisâtres , 
argileux (30 m.). 



Fossiles. 

Hélix Boyeri, Noulet, H. Nicolavi, 
id., H. cadurcensis, id., H. albi- 
gensis, id., H. adomata, id., H. 
corduensis, id., H.Raulini,id. y H. 
tomber sensis, id., H. Personnati, 
id., H. Archiaci, id. , Vertigo 
corduensis, id., Planorbis cornu, 
Brong., P. spretus, Noulet, Lim- 
nœaore-longo, Boubée, L. Fabrei, 
Noulet, L. albigensis, id., L. ca- 
durcensis, \&.,Àncylus Boyeri, id. 
Cyclostoma cadurcense, id., Po- 
matias cieuracensis, id.., Paludina 
castrensis, id. 



— 57 



Marnes rougeâtres, jaunâtres, oran- 
gées, avec petits bancs de cal- 
caire argileux, subordonnés. — 
Ces marnes passent, peu à peu, 
dans le voisinage des formations 
secondaires, à un conglomérat à 
éléments peu ou point roulés de 
grosseur très variable, généra- 
lement empruntés aux terrains 
jurassique, triasique et permien. 
— Ce conglomérat qui représente 
le bord de l'ancien lac tertiaire est 
quelquefois incohérent (1 70 m ; (1 ). 



Cyclostoma formosum, Boubée. 



DEUXIÈME SÉRIE. — TERRAINS INCLINÉS. 



TERRAIN SECONDAIRE. 



GROUPE DE L OOLITHE. 



Oolitlic supérieure. — (J 3 ), 



Corallien, en p» 



Epaisseur : 80 mètres. 



Lithologie. 

Calcaires très compactes, sub-litho- 
graphiques , cristallins , blan- 
châtres et jaunâtres, en bancs 
puissants. — Leur stratification 
est souvent difficile à saisir. — 
Ces calcaires sont comme corrodés 
à l'extérieur par les eaux. 



Fossiles. 

Nerinea ind., lima in d., Diceras??, 
Terebratula sella, Sow., Rhyn- 
chonelîa ind., débris de Polypiers. 



(i) Cette formation se développe largement dans le pays Castrais et puis dans 
l'Aude, où elle atteint 1,200 mètres d'épaisseur. On y recueille au milieu des 
couches qui renferment le Cyclostoma formosum, les Palœotherium, les Chœropo- 
tamus, les Pterodon des gypses de Montmartre, des Lophiodon, des reptiles, des 
tortues, etc. (anlè p. 16). 



- 58 - 

Oolithe moyenne. — (J Q ) 
Epaisseur : 120 métrés. 

(Oxfordien). 



Calcaires compactes et calcaires blan- 
châtres, grisâtres, esquilleux, ter- 
reux, se délitant en petites couches 
et en plaquettes, alternant à la 
partie supérieure avec des bancs 
épais de calcaire compacte, sub- 
lithographique , gris - bleuâtre , 
jaunâtre esquilleux. — Ça et là 
quelques petites couches de cal- 
caire marneux , lumachellique et 
quelques bancs de calcaire cris- 
tallin. 



Ammonites plicatilis, Sow.? Ammo- 
nites ind., Nerinea ind.,, Turri- 
tella ind. , Pleuromya ind., Pho- 
ladomya ind. , Lyonsia ? Astarte 
ind. , Nucula ind. , Isocardia 
transversa? Munster, Pinna ind., 
Lima lœviuscula , Sow. , Lima 
ind., Pecten ind., Ostrea ind., 
Terebratula sella, Sow. ou bipli- 
cata , id. , T. ornithocephala , 
Sow., Terebratula ind.. Rhyn- 
chonella (Terebratula) lacunosa, 
Schl., Rhynchonella ind. 



(Callomerij , 



Marnes grises, foncées et calcaires 
schisteux. 



Posidonomya? ind., Astarte ind. , 
traces d'Ammonites (rares). 



Oolithe inférieure. — (J 1 ). 



Epaisseur : 60 mètres. 



(Bathonien). 



Calcaires gris-bleuâtres, jaunâtres, 
compactes, esquilleux, rugueux 
au toucher, en bancs bien ré- 
glés, ça et là blanchâtres, à tex- 
ture oolithique ; — calcaires 
variés, souvent exploités. — Cou- 
che ligniteuse de Cadrieu. 



Ammonites ind. (rares) , Nerinea 
suprajurensis, d'Arch., N. impli- 
cata, d'Orb. ? Nerinea ind. , Natica 
ind., Nerita ind., Patella ind., 
Littorina ind., Phasianella ind., 
Astarte Semele, d'Orb., Astarte 
ind . , Trigonia angulata , Sow . , 
Trigonia ind., Lucina ind., Car- 
dium ind. , Mytilus cuneatus , 
Sow., Lima (Plagiostoma) punc- 
tata ? Sow. , L. (P.) ovalis, id., 



- 59 



Pecten obscurus, Sow., P. fîbro- 
sus, id., P. paradoxus, Mùnst., 
P. disciformis? Schùbl., Pecten 
ind. , Terebratula perovalis, Sow., 
T. intermedîa, id.,, Rhynchonella 
(Terebratula ) continua, id., R. 
(T.) tetraedra, id., R. (T.) obso- 
leta , id., débris de Crinoïdes 
(Pentacrinus, Apiocrinus), d'Our- 
sins, de Polypiers. 



(Bajocien). 



Dolomies fétides sous le choc du mar- 
teau, grises, brillantes, très foncées 
à l'extérieur , souvent sableuses 
(ruines, figures grotesques , etc.), 
affectant des formes bizarres ; et 
calcaires cariés ou cargneules 
souvent comme bréchoïdes, sans 
fossiles, qui se lient, peu à peu, à 
des calcaires renfermant des no- 
dules siliceux et à des calcaires 
bleuâtres, jaunâtres, quelquefois 
rougeâtres, lamellaires, cristallins 
(cale, à Entroques), exploités. — 
Ces roches magnésiennes et cal- 
caires, qui passent souvent des 
unes aux autres, renferment de 
nombreuses grottes et cavernes (4). 



Calcaires très marneux, noduleux, 
schisteux, et schistes noduleux 
gris, noirâtres. 



Nerinea Anglica, d'Orb., Nerinea 
ind., Trigonia ind., Lima sulcata, 
Mùnst. , L. proboscidea, Sow., 
Pecten barbatus, Sow. , P. para- 
doxus, Mùnst., P. dîsciformis, 
Schùbl., Pecten ind., Ostrea sul- 
cifera, Phillips, O.Marshii? id., 
Terebratula perovalis, Sow., T. 
intermedia, id., Terebratula ind., 
Rhynchonella cynocephala, Rich. , 
R. (Terebratula) tetraedra, Sow. , 
Rhynchonella ind. , Pentacrinus 
Bajocensis, d'Orb., P. scalaris, 
Goldf., débris de Cidaris et de 
Polypiers ind. 



Belemnites giganteus, Schl., B. uni- 
canaliculatus, Hartm.,#. sulcatus, 
Miller, B. compressus, Voltz, B. 
Munsteri ? Ammonites Murchi- 
sonœ, Sow., A. radiatus, id., A. 
radians , Schl., A. variabilis , 
d'Orb. {A. erbamsis, Hauer ), 



(1) Les roches magnésiennes de Poolithe inf. "varient très souvent d'épaisseur ; 
ce qui s'explique très bien si l'on attribue, comme tout le démontre, leur forma- 
tion à d'anciennes sources, venant de l'intérieur, amenant avec elles en plus ou 
moins grande abondance, du carbonate de magnésie. 



60 — 



Ammonites ind., Trochus ind., 
Pleurotomaria ind. , Pleuromya 
(Lulraria) gibbosa , Phill. , P. 
(L.) decurtata, Goldf., P. (L.) 
don gâta, Mùnst., P. (L.) tenuis- 
tria, ici.. P. (Donacites), Aldoui- 
ni, Brongn., Pleuromya ind., ijfac- 
tromya ventricosa, Ag., Phola- 
domya triquetra, id., P. bucar- 
dium, id., P. Zietenii, id., P. 
Murchisoni, Sow., P. (Goniomya) 
proboscidea, Ag., P. (G.) scripta, 
id., Pholadomya voisine de P. 
decorata, Hartm. , Pholadomya 
ind., Ceromya Bajociana, d'Orb., 
(7. [Gresslya) latior, Ag., (Lyonsia 
abducta, d'Orb. ), (7. (Lutraria) 
strialo-punctata, Miinst, Astarte 
detrita,GoW., Astarte ind., Tn- 
^onm striata, Sow., T. scuticu- 
lata, Ag., Lucina? ind., Isocardia 
ind., ^4rca oblonga, Goldf., ylrca 
ind., Mylilus Soiverbianus, d'Orb. 
(Modioîa plicata, Sow.), M. cwne- 
a£ ws ? Sow. , Mytilus voisin du 
ilf. scalprum, id., mais de plus 
grande taille, Lima (^lagiostoma) 
gigantea, id., Lfm« voisine de 
L. (P.) punctata, id., lima ind., 
Avicula digitata, Desl., Pecten 
disciformis , Schùbl., P. para- 
dons, Miinst., Pecten ind., 
Ostrea sublobata , Desh. (0. 
Phœdra , d'Orb.), O.sulcifera, 
Phill. , Terebratula perovalis. , 
Sow., T. intermedia, id., T. /aa- 
6erfa', E. Desl., Terebratula ind., 
Rhynclionella Fidia, d'Orb., /?. 
cynocephala , Richard et ses nom- 
breuses variété."? (/?. epiliasina , 
Leym., /?. Ruthenensis, Reynès, 
etc.), 7Î. (Terebratula) tetraedra, 
Sow. , 7î. (T.) acwfa, Sow., iî. 
(T.) ?-m^ns, de Buch, iî. (T.) 
variabilis, Schl . , Pe« tacrinus ind . , 
Serpula ind., Aptychus ind. 



- 61 — 



GROUPE DU LIAS. 



Lias supérieur 



(•>)■ 



[Toarcien). 



Epaisseur : 80 mètres. 



Lithologie. 

Marnes grises, noirâtres, jaunâtres 
quelquefois un peu micacées, ren- 
fermant des calcaires marneux 
en couches de 0,10 c. à 0,20 c. 
d'épaisseur. 



Marnes grises, noirâtres, bleuâtres 
sans fossiles. 



Marnes bleuâtres, noirâtres, grisâ- 
tres, ça et là micacées, avec fossiles 
pyritisés et septaria; — calcaires 
gris, très marneux , en petits 
bancs, de 0,10 c. à 0,15 c. d'é- 
paisseur, d'une régularité par- 
faite. 



Fossiles. 

Belemnites irregularis , Schl. , B. 
giganteus, id., B. tripartitus, 
id., B. exilis? d'Orb. , Ammonites 
Aalensis, Zieten, Ammonites ind., 
Turbo subduplicatus, d'Orb., T. 
capitaneus, Miïnst., Turbo ind., 
Cerithium armatum, Goldf. , Leda 
(Nucula) rostralis, Lam. , Nucula 
Hammeri, Defrance, Nucula ind. , 
Astarte {Sokmya) Fo/£zn,Hœning. , 
Lucina ind., Plicatula ind.. Os- 
trea ind., Thecocyathus mactra, 
Edw. et Haime, Serpula ind. 



Belemnites tripartitus, Schloth., B. 
acuarius, id., B. irregularis, id., 
B . canaliculatus , id., B. com- 
pressuSj Voltz, B. unisulcatus, 
Blainv., B. brevis, id., B. exilis, 
d'Orb. , Nautilus intermedius , 
Sow., N. Toarcensis, d'Orb., Nau- 
tilus ind., Ammonites serpentinus, 
Schl., A. bifrons, Brug., À. com- 
planatus, id., A. Raquinianus , 
d'Orb. , A. varïabilis, id., A. 
mucronatus, id., A. Braunianus, 
id., A. Acanthopsis, id., A. hete- 
rophyllus, Sow., A . concavus, id. , 
A. annulatus, id., A. Humphrie- 



— 62 - 



sianus, id., A. insignis, Schubl . , 
A. disco'ides, Zieten, A. jurensis? 
id. , A. sternalis, de Buch, A. 
Comensis, id., A. Zitelli, Oppel, 
A. Nilssoni, Hébert [A. Calypso, 
d'Orb.), Ammonites ind , Natica 
ind., Turbo capitaneus, Miïnst., 
T. subduplicatus. d'Orb., Purpu- 
rina Patroclus , id. , Pleuroto- 
maria ind., Cerithium ind. , Leda 
{Nncula) rostralis, Lam., Astarte 
(Solemya) Vollzii, Rœm., Astarte 
ind., Trigonia similis, Ag., Tri- 
gonia ind., Opis ind., Nucula 
Hammeri, Defrance, N. ovum? 
Sow., Nucula ind., Arca ind., 
Lima (Plagiostoma ) gigantea , 
Sow., Lima ind., Avicula ind., 
Posidonomya Bronni, Voltz, Ino- 
ceramus ind., Pecten velatus , 
Goldf . , Pecten ind . , Plicatula 
Neptuni, d'Orb., Ostrea auricula- 
ris, Mûnst.j Ostrea ind., Terebra- 
tuîa marsupialis? Zielen, Terebra- 
tula ind., Rhynchonella liasica, 
Reyn.,/?. (Terebratula) tetraedra, 
Sow., Rhynchonella ind., Pen- 
tacrinus ind., Serpula ind. 



Lias moyen — (J) 

(Liasien). 

Epaisseur : 150 mètres. 



Calcaire lumachelle, dur, bleuâtre, î 
foncé, jaunâtre à l'extérieur, en | 
bancs généralement peu épais , 
quelquefois irréguliers, souvent 
comme ondulés, contenant des 
nodules de silex, passant à un 
calcaire lamellaire ou sub -lamel- 
laire, très souvent ferrugineux , 
rougeâtre et jaunâtre. (30 m.) 

En certains lieux ces bancs de 
calcaire sont séparés par une 
assise marneuse assez puissante. 



Belemnites niger, Lister, Belemnites 
ind. , Ammonites margaritatus , 
Montf. , Dentalium elongatum , 
Miïnst. , Pleuromya (Donacites) 
Aldouini? Brongn., Hippopodium 
ind., Astarte ind., Nucula ind., 
Arca ind. , Pinna ind. , Lima 
(Plagiostoma) pectino'tdes, Sow., 
Avicula inœquivalvis, Goldf., A. 
substriata, Mûnst-, Avicula ind., 
Pecten œquivalvis, Sow., /\ disci- 
formis, Schubl., /'. velatus, Goldf., 



63 



Marnes grises, noirâtres, jaunâtres 
par décomposition, se désagrégeant 
très facilement. Ces marnes con- 
tiennent des petits bancs de cal- 
caires subordonnés , bleuâtres , 
jaunâtres à l'extérieur, noduleux, 
lumachelliques, disposés quelque- 
fois comme des lignes de pavés. 
Elles contiennent aussi des sep- 
taria. Les fossiles de la partie 
supérieure sont quelquefois pyri- 
tisés. (60 m.) 



P. calvus , id. , P. texturatus , 
Mùnst., P.priscus, Schloth., P. tu- 
berculatus, Quenstedt, Pecten ind., 
Plicatula ind., Ostrea auricularis, 
Mùnst., Ostrea (Gryphœa) cym- 
bium, Lam. , var. gigantea, Goldf , 
Ostrea de petite taille ind., Tere- 
bratula marsupialis ? Zieten, T. 
numismalis, Lam., T. subovoïdes, 
Rœm., T. cornuta, Sow., T. in- 
dentata, id., T. punctata, id., 
T. Mariœ, d'Orb., Rhynchonella 
Thalia , id., R. Nerina , id., 
L\. cynocephala, Richard, R. lia- 
sica , Reynès, R. (Terebratula) 
tetraedra, Sow., R. (T.) acuta, 
id. y R. (T.) variabilis, Schl. , 
Rhynchonella ind. , Pentacrinus 
scalaris, Goldf., P. basaltij "ormis, 
Miller, P. fasciculosus , Schl., 
Pentacrinus, voisin du P. subte- 
res, Mùnst., Pentacrinus ind. 



Belemnites niger, Lister, B. clava- 
tus, Blainv., B. umbilicatus, id., 
B. paxillosus? Schl., B. Four- 
nehanus, d'Orb., Nautilus inter- 
medius, Sow., Ammonites mar- 
garitatus, Montf., A. spinatus, 
Brug., A. Algovianus, Oppel , 
A. Partschi, Stur, A.Woodwardi, 
Reynès, A. instabilis, id., A. 
hybridus, d'Orb., Ammonites ind., 
Natica Pelops, d'Orb . , Natica ind . , 
Pleurotomaria (Rotella), eœpansa, 
Sow., P. Anglica, Defrance. Ceri- 
thium ind., Pleuromya œquis- 
triata, Ag , ( Lyonsia unioïdes , 
d'Orb. ) , P. angusta ? Ag. , 
Pleuromya ind., Leda Galatea, 
d'Orb., Astarte Libya, id., As- 
tarte 'md., Cypricardia'mà., Car- 
dium ind. , Unicardium ind. , 
Nucula acuminata, de Buch, N. 
subovalis, Goldf., Nucula ind., 
Venus ind., Arca strigillata? 
Munster, Arca ind., Mytilus scal- 
prum, Sow., Lima (Plagiostoma) 
punctata, id., L.[P.) gigantea, 
id . , Lima ind., A vicu la inœqui- 



— 64 



Calcaires marneux, gris-bleuâtres, 
jaunâtres à l'extérieur, générale- 
ment en petits bancs , bien 
réglés, alternant avec de minces 
lits de marne. Ces couches passent 
insensiblement des unes aux au- 
tres. — Calcaires gréseux, gris, 
jaunâtres, quelquefois rougeâtres 
à grains de quartz, sorte de grès. 
(60 m.) . 



valvis, Goldf., A. (Monotis) sub- 
striata, Mùnst., Inoceramus ind., 
Pecten œquivalvis Sow., P. disci- 
formis , Schûbler , P. priscus , 
Schloth. , P. acuticosta , Lam., 
Plicatula spinosa, Sow . , (Placuna 
pectino'ïdes, Lam.), Ostrea irregu- 
laris? Munster, 0. (Gryphœa)- 
cymbium, Lam., id. var. gigantea, 
Goldf., lobata, Buvign., lata, Hé- 
bert, 0. (G.) obliqua, Goldf., 
avec point d'attache de grande 
dimension, Ostrea ind , Terebra- 
tula numismalis, Lam., T. punc- 
tata, Sow., T. subpunctata, Da- 
vids, T. indentata., id., T. mar- 
supialis? Zieten, T. subovoïdes, 
Rœmer, T. Mariœ, d'Orb., Spiri- 
ferina ind., Rhynchonella Nerina, 
d'Orb., R. Thalia, id., R. Fidia, 
id., R. Boscensis, Reynès, R. lia- 
sica. id., jR. (Terebratula) tetrae- 
dra, Sow., R. (T.) acuta, id., R. 
(T.) variabilis, Schl., R.(T.)ri- 
mosa, de Buch , Cidaris ind. , 
Pen tacrinus fasciculosus, Schloth . , 
P. basaltiformis. Miller, P. sca- 
laris, Goldf., Pentacrinus ind. 

Belemnites niger, Lister, B. clavatus, 
Blainv., B. umbihcatus, id., B. 
Fournelianus , d'Orb. , Nautilus 
striatus, Sow. , Nautilus ind. , 
Ammonites margaritatus, Montf., 
A. fimbriatus, Sow., A. brevis- 
pina, id.,^4. Davœi, id., A. Be- 
chei, id., A. Jamesoni, id., A. 
capricornus, Schloth., A. Norma- 
nianus, d'Orb. , A . spinatus? Brug. , 
Ammonites ind. , Pleurotomaria 
ind., Cerithium ind , Pleuromya 
crassa ? Ag. , Pleuromya voisine de 
P. angusta, id., P. œquistriata, 
id., Pleuromya ind., Pholadomya 
ambigua, Sow., P. Hausmanni, 
Goldf. , P. Voltzii, kg., P. Rœmeriy 
id., P .Woodwardi, Oppel, P. deco- 
rata, Hartm., Pholadomya voisine 
de P. ventricosa, Goldf., Pholado- 
mya ind., Astarte ind., Cardinia 
ind., Lucina (Mactromya) liasina y 



65 - 



Ag„ Cardium cucullatum, Goldf., 
Cardium ind . , Unicardium Janthe ? 
d'Orb. , Isocardia ind. , Pinna 
de grande taille ind., Gervillia? 
ind., Mijtilus scalprum, Sow. , 
Mytilus ind., Lima (Plagiostoma) 
punctata, Sow., L. (P.) gigantea, 
id., L. (P.) Hermanni, Voltz , 
Inoceramus ind., Pecten œquival- 
vis, Sow., P. acuticosta, Lam., P. 
priscus, Schloth.,P. textorius, id. , 
P. disciformis, Schùbl., P. Itori- 
nus, Nyst. , P. acutiradiatus , 
Munster, P. velatus, Goldf., P. 
Hehli? 4'Orb., Plicatula spinosa, 
Sow., Plicatula ind., Osirea [Gry- 
phœa) cijmbium, Lam., id. var. 
elongata, Goldf., 0. (G ) ifac 
Cullochii, Sow., Terebratula punc- 
tata Sow., id. var. à valve sup. 
aplatie, T. subovoïdes, Rœmer, 
T. numismalis , Lam , Terebra- 
tula ind., Rhynchonella Nerim, 
d'Orb., R. (Terebratula) tetraedra, 
Sow. , R.(T.) variabilis, Schloth . , 
Rhynchonella , ind. , Spiriferina 
(Spirifer)rostrata, Schloth , Spiri- 
ferina ind., Cidaris \nà., Pentacri- 
nus scalaris, Goldf., P. basalti. 
formis, Miller, Montlivaltia ind. 



Lias inférieur. — (J y/ 
( Sinémurien , en p^ ) . 

Epaisseur : 250 mètres. 



Calcaires gris , jaunâtres ; calcaires 
compactes et en plaquettes; esquil- 
leux, rugueux à l'extérieur com- 
me gréseux, chantant sous les 
pieds et renfermant des nodules 
siliceux. Ces calcaires alternent 
avec des calcaires marneux, fossi- 
lifères, gris-bleuâtres, jaunâtres à 
l'extérieur. (50 m.) 



Belemnites acutus, Miller, B. clava- 
tus, Blainv., B. niger, Lister, 
Nautilus striatus, Sow., Ammo- 
nites planicosta, id., A. Bechei, 
id., A. stellaris, id., A. spinatus? 
Bru g., A. bifrons, id., (rarej , 
A. margaritatus , Montfort, Am- 
monites ind., Pleurotomaria An- 
glica, Defrance, (Trochus Angli- 
cus. Sôw.), P. (Rotella) ex pansa, 
Sow. , Pleurotomaria de petite 



06 — 



taille ind. , Pleuromya œquis- 
triata, Ag., P. striatula, id., 
Pleuromya voisine de P. oblonga, 
id,, Pleuromya ind., Pholodomya 
ambigua, Sow., P Hausmanni, 
Goldf. , Cardium ind. , Lucina 
(Mactromya ) liasina, Ag. , Lw- 
cf/ia ind., Astarte ind., Cardinia 
ind., Unicardium ind., Isocardia 
Elea , d'Orb. , Pinna de grande 
taille ind .MytilusMorrisi, Oppel, 
Mytilus ind., Avicula inœquival- 
vis, Goldf., (A. sinemuriensis , 
d'Orb.), Lima (Plagiostoma) gi- 
gantea, Sow., L. (P.) punctata, 
id. , L. (P.) Hermanni, VolU, 
Zima ind., Inoceramus ind., Prê- 
tera priscus Schlolh., P. œquival- 
vis, Sow., P. acuticosta, Lam. 
P. disciformis, Schùbl., P. ftost- 
nws, Nyst , P. Hehli, d'Orb , P. 
acutiradiatus , Mùnst. , Pecten 
ind., Plicalula Oceani? d'Orb. 
Ostrea (Gryphœa) obliqua, Goldf., 
0. (G.) arcuata? Lam. de petite 
taille, 0. (G.) cymbium, Lam. 
Ostrea ind., Terebratula punc- 
tata, Sow., T indentata? id., T. 
subpunctata, Davids., T. subnu- 
mismalis? id. , T. subovoïdes, 
Rœmer, «d. passant à la T. mw- 
pinata, Sow. , T. marsupialis , 
Zieten, T. Cor, Lam., Terebratula 
ind., Spiriferina (Spirifer) rostra- 
ta, Schloth. , S. (S) Walcotii , 
Sow., S. {Delthyris) pinguis, Zie- 
ten , S. (/).) Hartmanni , id. , 
Rhynchonella Fidia, d'Orb., 7Î. 
Thalia, id., i? (Terebratula) te- 
traedra,Sow., R. (T ) acuta, id., 
/?. (T.) nmosa, de Buch, R. [T.) 
calcicosta, Quenstedt, R. (T.) va- 
riabilis, Schloth., R. (T.) furcil- 
lata? Théodori, Rhynchonel la voi- 
sine de R. (T.) concinna, Sow.,i 
Rhynchonella ind., Pentacrinus 
scalaris, Goldf., P. basaltiformis, 
Miller, Pentacrinus ind , Monlli- 
vallia ind., débris de Polypiers 
ind., Serpula ind., petits Gasté- 
ropodes ind., Fucoïdes ind. 



67 



Calcaires esquilleux, gris de fumée, 
rugueux au toucher; — calcaires 
compactes, à cassure conchoïde, 
avec traces de petits fossiles, se dé- 
tachant en jaune rouille, sur le 
fond gris de la roche et calcaires 
lumachelles ; — calcaires gris , 
esquilleux, comme flambés (faux 
muschelkalk) , et calcaires dolo- 
mitiques rubanés, en bancs bien 
réglés, exploités ; — puissantes 
cargneules, rougeâlres, jaunâtres, 
grisâtres , brillantes , fétides sous 
le choc du marteau, ruini formes, 
auxque'les sont subordonnés des 
calcaires dolomitiques cendreux, 
des calcaires rubanés, des dolo- 
mies criblées de petits trous et 
persillées, des dolomies fendillées 
et en plaquettes. (20(fm.) 



Petits Gastéropodes ind. (Turritella 
Phasianella, Turbo, etc. ) , Car- 
dinia ind., Cypricardia ind., My- 
tilus ind. , Ostrea ( Gryphœa ) 
arcuata, Lam. de petite taille, 
Terebratula ind. , Rhynchonella 
(Terebratula) variabilis , Schl. , 
Pentacrinus scalaris, Goldf., Pen- 
tacrinus ind., Montlivaltia ind., 
Thecocyatkus ind. , débris de 
Polypiers ind. 



lnfralias. — (J 



Epaisseur : 60 mètres. 



Cargneules, rosâtres jaunâtres, gri- 
sâtres; — argiles verdàtres, vi- 
neuses, avec minces couches de 
calcaire subordonnées, alternant 
avec des calcaires compactes, à 
cassure vive plus ou moins dolo- 
mitiques. en petites couches; avec 
des calcaires rosâtres; avec des 
dolomies fétides, plus ou moins 
cendreuses, souvent criblées de 
petites cavités, persillées et avec 
des cargneules. (*Q m.) 



Calcaires ordinairement grisâtres , 
dolomitiques, compactes, en petits 
bancs de 0,10 c. à 0/2 o c. d'épais- 
seur, quelquefois à surface nodu- 
leuse et micacée, souvent comme 
gréseux , jaunâtres , lumachelli- 
ques, quelquefois à grains de 
quartz arkose). — Ces calcaires 
dolomitiques alternent avec des ar- 



Pelits Gastéropodes indét. (Ampul- 
laria? Turritella?), traces de bi- 
valves ind. 



Chemnitzia Oppeli? Martin, Gasté- 
ropodes ind., Anatina prœcursor, 
Quenstedt, Leda Deffneri, Oppel, 
Anatina ind., Gervillia prœcur- 
sor, Quenstedt, Gervillia ind., 
Myacites Escheri? Wink., Mya- 
cites ind. , Nucula ind., Car- 
dita ind., Astarte ind., Mytilm 
minutus, Goldf. , Mytilus ind., 



68 



giles verdàtres; ils passent souvent 
à de vraies dolomies brillantes, 
fétides, grises, rosâtres , ruinifor- 
mes, et à des cargneules jaunâtres, 
rougeâtres , grisâtres, quelquefois 
comme bréchoïdes. (20 m.) 



Avicula ind. , Cardium ind. 
radioles d'Oursins. 



GROUPE DU TRIAS. 



Keuper. — (f 3 ). 



Epaisseur : 120 mètres. 



Lithologie. 

Calcaires dolomitiques, en petites 
couches ; — dolomies grises , 
brillantes, fétides, souvent car- 
gneuliformes et bréchoïdes; — 
cargneules, argiles vineuses et 
verdàtres. (20m.)(lj. 



Grès siliceux, blanchâtres, jaunâ- 
tres, verdàtres, grisâtres à grains 
fins et très serrés, exploités pour 
pierres d'appareil et pour meules. 
— Ces grès sont souvent colorés en 
rouge par un mélange d'oxyde 
de fer; ils alternent avec des grès 
siliceux, poudingiformes, à petits 
cailloux de quartz hyalin, de la 
grosseur d'une noisette" à une noix, 
et avec des argiles verdàtres , 
\ineuses, irisées. (100 m.) (2). 



Fossiles. 

Bivalves indéterm. de petite taille, 
ossements de Poissons (traces) , 
radioles d'Oursins, Polypier de 
grande taille inconnu. 



(1) Les couches magnésiennes et calcaires du keuper varient beaucoup de 
puissance ; elles représentent, je crois, le niveau du bone-hed. Ces calcaires 
s'atrophient en bien des cas, au point de disparaître presque complètement. 

(2) Ce sont les grès dits infraliasiques , que les auteurs de la Carte géologique 
de la France et M. Boisse ont placés dans le lias. La découverte au-dessus de ces 
grès, de la zone à (iervillia et à Analina prœcursor, ne peut plus laisser le moin- 
dre doute sur leur véritable place dans la série des terrains. 



69 - 



Muschelkalk. 



(«*). 



Epaisseur : 60 mètres . 



Cargneules rosâtres, grisâtres, bril- 
lantes, fétides, ressemblant à celles 
du lias inférieur et du keuper ; — 
calcaires dolomitiques criblés de 
petits trous, fendillés ; — calcaires 
esquilleux ; — schistes fissiles , 
alternant avec de petits bancs de 
dolomie grise, rosâtre ; — argiles 
verdâtres avec plaquettes et petites 
couches de calcaires dolomitiques 
subordonnés ; — calcaires esquil- 
leux, rosâtres et calcaires dolomiti- 
ques en petites couches, à surface 
ondulée; — dolomies ruinifor- 
mes, en gros bancs; calcaires dolo- 
mitiques, gris de fumée, esquil- 
leux, rougeâtres dans les joints, 
fétides. En certains lieux, grès 
siliceux subordonnés (1). 



Gastéropodes ind., Gervillia ind., 
Avicula socialis? Alberti, bival- 
ves indéterm. , ossements de Pois- 
sons (traces), Encrines? 



Grès bigarré. 



(<')> 



Epaisseur : 200 mètres. 



Grès siliceux et feldspathiques, blan- 
châtres, verdâtres, jaunâtres, rou- 
geâtres, violâtres, bigarrés , ordi- 
nairement poudingiformes , c'est- 
à-dire contenant comme ceux du 
keuper, de petits cailloux de quartz 
hyalin. Quelquefois ces grès sont 
psammitiques. Généralement plus 
foncés en couleur que les grès dits 
infraliasiques , ils se présentent 
souvent en gros bancs, qui affec- 
tent, ça et là, une stratification 
trompeuse. On les voit alterner 
avec des argiles vineuses, jaunâ- 
tres, verdâtres et renfermer en 
certains lieux de la Barytine. 



Traces de Calamités?? 



(1) Les roches du muschelkalk, comme celles du keuper supérieur, varient 
d'épaisseur ; elles ne sont quelquefois représentées que par des argiles. 



- 70 - 



Argiles bigarrées, vineuses, verdâ- 
iivs. grisâtres, ordinairement de 
couleur sombre, lisses ou onc- 
tueuses au loucher, renfermant de 
petites couches de grès fins, plus 
ou moins bitumineux, quartzeux 
H psammitiques, et argiles calcari- 
leies, souvent gypseuses (niveau 
des carrières de gypse deVarenet 
de Succaliac). 



Argiles rutilantes , souvent avec 
taches verdâtres, alternant avec 
des bancs de grès rougeâtre , 
quartzeux, à éléments grossiers, 
et contenant quelquefois du gypse 
(Succaliac niveau inf.). (4). 



Traces de Végétaux ind, 



GROUPE DU PERMIEN. 



Zechstein. 



(Z). 



Epaisseur : 100 mètres. 



Lithologie. 

Calcaires compactes gris, jaunâtres, 
rosâtres, à cassure vive, souvent 
fétides, chantant sous le marteau, 
en bancs bien réglés et en petites 
couches, auxquels sont subordon- 
nés : des calcaires rubanés, ondu- 
lés, très remarquables, des cal- 
caires fissiles et des schistes argi- 
leux, aussi très fissiles, de couleur 
jaunâtre. (50 m.) 



Fossiles. 

Turbonilla (Loxonema) find., NaU- 
ca ind., Turbo ind., Murchisonia? 
ind., Capulus? ind., Schizodus ou 
Myophoria ind. , Ostrea ind. , 
Rhynchonella? ind. , Pentacrinus 
ind., radioles d'Oursins, osse- 
ments de Poissons (traces). 



•1) La partie inférieure du grès bicarré représente le grès des Vosges synchroni- 
que, pour quelques géologues, du permien supérieur de la Russie. 



71 — 



Calcaires dolomitiques en petites 
couches; — dolomies cendreuses, 
pulvérulentes {sand, asche des Al- 
lemands,; — dolomies criblées de 
petits trous , sillonnées de petites 
veines spathiques ; — dolomies 
aciéreuses , grises ; — calcaires 
compactes, gris et gris-rosâtres, 
sonores au marteau ; — dolomies 
fendillées ; — puissantes cargneu- 
les , rosaires , grises, brillantes à 
la cassure , fétides, ruiniformes , 
ressemblant à celles du lias infé- 
rieur , du keuper et du mus- 
chelkalk (rauch, toacke). (50 
m.)(l). 



Gastéropodes de petite taille ind. 
(Loxonema, Chemnitzia ou Tur- 
bonilla), Crinoïdes de la famille 
des Pentacriniens, Foraminifères 
ind. (Fusulina??). 



Rothe-todte-liegende. — (P). 



Epaisseur : 500 mètres. 



Argiles, schistes argileux et grès 
fins, schisteux, psammitiques, de 
couleur rouge intense, monochro- 
mes, affectant des formes orogra- 
phiques très curieuses : leur sur- 
face, là où la végétation ne les 
préserve pas, étant découpée par 
un nombre prodigieux de petits 
ravins, se ramifiant à l'infini. 

Les couches de la partie supé- 
rieure de cette formation, sont 
ordinairement tachées de vert. 



Très rares traces de Végétaux ind. (2) 



(1) Les roches de cette formation, comme celles du keuper supérieur et du 
muschelkalk varient de puissance ; elles disparaissent quelquefois d'une manière 
complète. On voit, en effet, en certains points, les argiles et les grès siliceux rou- 
geàtres, équivalents du grès des Vosges, reposer, directement, sur les argiles 
rutilantes et les grès fins argileux, psammitiques, du rothe-todte-liegende. Ce qui 
conduit à dire que les roches calcaire? et magnésiennes des époques permienne et 
triasique, constituent au milieu des couches détritiques d'immenses lentilles 
aplaties qui se sont formées sous l'influence des sources chargées de sels de chaux 
et de magnésie pendant que se déposaient, concurremment, à la suite d'érosions, 
les grès et les argiles. 

(2) Le permien inférieur renferme dans la partie orientale de l'Aveyron et 
dans l'Hérault, des Walchia (W. piniformis, filicif&rmisj Slernbergii, etc.) et 
autres végétaux caractéristiques. 



- 72 



TROISIÈME SÉRIE. —TERRAINS TRÈS INCLINÉS. 

TERRAINS CRISTALLISÉS ET PRIMORDIAUX. 

Gneiss, Schistes micacés et roches amphiboliques. — (t/ 2 ). 
Epaisseur inconnue 



Gneiss noduleux , rubanés ; — 
schistes nlicacés; — roches am- 
phiboliques , yerdâtres (porphy- 
res, serpentines); — quartz en 
masses ; — filons métalliques et 
quartzeux. 



Granité. — (y*). 
Epaisseur inconnue. 



Granité -gneiss et granités variés en 
masses puissantes. 



— 73 — 



REMARQUES ET CONCLUSIONS. 



Analogie entre les terrains secondaires des bords S. -O. du 
plateau central et ceux du nord de la France et de 
l'Europe. 



Le tableau qui précède, résumé de mes observations, offre un 
grand intérêt, car il prouve que le Midi de la France ne le cède 
pas au Nord pour la variété et la puissance des terrains secondaires. 

En effet, on voit que les deux étages du permien, — rothe- 
todte-liegende et zechstein, — existent et sont largement dévelop- 
pés : que le trias est composé de ses trois termes habituels : grès 
bigarré, musrhelkalk et keuper; que le lias a, comme partout, 
ses quatre divisions : infralias, lias inférieur, lias moyen et lias 
supérieur et que le système oolithique est représenté par ses trois 
groupes : oolithe inférieure, oolithe moyenne, oolithe supérieure. 

Les détails dans lesquels je suis entré en décrivant ces terrains 
et les coupes qui accompagnent ce travail démontrent à leur tour : 

Que les formations permienne et triasique accusent ici, comme 
en Allemagne, en Angleterre et en Russie, une double origine : 
une origine détritique, par les grès, les conglomérats et les argiles ; 
une origine hydro-thermale, par les calcaires, les dolomies et les 
gypses ;< 

Qu'ici, comme là, les couches magnésiennes et calcaires plus 
ou moins fossilifères, du zechstein, du muschelkalk et du keuper 
varient de puissance, puisqu'elles s'atrophient même complètement 
en certains points ; 

Que sur les bords S. O. du plateau central de la France comme 
partout, les formations jurassiques sont presque essentiellement 
dues à une sédimentation chimique : ce ne sont, en effet, que 
calcaires et argiles calcarifères, qui renferment, en plus ou moins 
grande abondance, des fossiles semblables à ceux des contrées 
classiques. La seule différence, si c'en est une, consiste en ce 
que dans les régions que nous venons d'étudier, comme dans les 
Cevennes, la Provence, les Corbières et les Pyrénées, les roches 






— 74 — 

magnésiennes jouent un plus grand rôle que dans les bassins de 
la Loire, de la Seine et du Rhin. 

En somme, on peut dire que la plus grande analogie existe 
entre les dépôts secondaires du Tarn, du Tarn-et-Garonne et de 
PAveyron, et ceux étudiés dans le nord de la France et de 
l'Europe. 

Qu'il me soit permis d'ajouter que j'ai démontré, il y a quelque 
temps, pareille analogie pour les Corbières et pour les Pyrénées : 
j'ai fait voir que ces montagnes rentraient dans la loi commune ; 
que les terrains y étaient constitués comme partout, fait important 
que je crois devoir rappeler, car il est acquis depuis peu à la 
science (1). 



Dislocations. — Epoques auxquelles elles ont eu lieu. — 
Les accidents qui se rapportent aux systèmes du Thurin- 
gerwald et du Mont-Seny ne se sont pas produits à la fin 
de la période triasique. 



Les dislocations de toute sorte, que j'ai signalées dans les 
Pyrénées, dans les Cevennes et dans les Corbières, se retrouvent 
ici ; et, chose remarquable, ici comme dans ces montagnes, ces 
accidents affectent trois directions principales : N. N. E., N. 0. 
et E. 0., qui se rapportent aux systèmes du Mont-Seny, du 
Thuringerwald et des Pyrénées (Je fais abstraction des accidents 
que l'on remarque dans le massif cristallin du plateau central 
proprement dit). 



(1) H. Magnan, Note sur un chaînon qui réunit les Corbières à la Montagne- 
Noire (Cevennes). — Découverte de la zone à Avicula contorta [Bull, de la 
Soc. géol. de France, 2 e sér.. vol. XXIV., p. 721 ; 1867). — Sur une coupe des 
petites Pyrénées de l'Ariége. (Compt. rend, de l'Institut, vol. LXVI, p. 432 ; 
1868). — Sur une deuxième coupe des petites Pyrénées de VAriége ; — Sur 
VOphile (diorile); roche essentiellement passive, et Aperçu sur les érosions et les 
failles (Bull, de la Soc. géol. de France, 2« sér., vol. XXV, p. 709; 1868. — 
Compt. rend, de l'Institut, vol. LXV1I, p. 414; 1868). — Sur la craie du versant 
nord de la chaîne pyrénéenne (Compt. rend, de l'Institut, vol. LXVI, p. 1269; 
1868 1 . 



— 75 — 

A quelle époque se sont produites ces dislocations ? 

Disons d'abord qu'il est un fait certain, indiscutable, que 
démontrent toutes les coupes décrites dans ce travail, — et nolaru- 
ment celle PI. I, fig. 4, — c'est que les couches permiennes, 
triasiques, liasiques et oolithiques sont partout concordantes, ce 
qui conduit à soutenir la proposition suivante : que les brisures 
qui ont entamé ces couches se sont produites postérieurement au 
dépôt de l'oolithe. D'un autre côté, l'éocène supérieur étant en 
strates horizontaux, l'époque de ces dislocations demeure, par 
suite, comprise entre ce dernier terrain et la formation oolilhique 
supérieure. 

De nombreuses considérations empruntées aux Pyrénées, aux 
Cevennes et aux Corbières, où les groupes du permien, du trias, 
du lias, de l'oolithe et du crétacé inférieur sont concordants, me 
portent à croire que les failles, que les grands accidents que nous 
avons étudiés ici, ont eu lieu après l'époque crétacée inférieure(l). 

C'est à cette époque, en effet, que se sont produites dans les 
Pyrénées, dans les Corbières, et dans les Cevennes, d'immenses 
brisures orientées, je viens de le dire, comme celles des bords 
S. 0. du plateau central, brisures suivies d'érosions considé- 
rables à la suite desquelles se formèrent : au pied des Pyré- 
nées, le conglomérat si puissant que j'ai désigné sous le nom de 
Conglomérat de Camarade; et, au bord du plateau central de la 
France, les grès verts à Orbitolina concava et à Ostrea columba 
des Charentes et du Lot (2). 

C'est encore sans doute à cette même époque, ou peu de temps 
après, qu'ont dû sourdre, grâce aux dislocations du sol, les sources 
qui ont amené au jour les dépôts rougeâtres, argileux, ferrugineux, 
pisolilhiques, qui remplissent souvent le joint des failles. 



(1) Ce terrain existait, sans doute, sur les bords S.-O. du plateau central, ce 
qui n'est pas très difficile à admettre depuis que Ton démontre que les for- 
mations oolithiques supérieures sont synchroniques du terrain néocomien. 
Voir : Pictet, Nouveaux documents sur les limites de la période jurassique et 
de la période crétacée. Genève, 1867; — H. Magnan, Sur la craie du versant 
nord de la chaîne pyrénéenne (Compt rend, de l'Institut, vol. LXVI, p. 1269, 
1868)5 Sur une deuxième coupe des petites Pyrénées de VAriège^, etc. (Bull. 
de la Soc géol. de France, 2 e sér., vol. XXV, p. 709 . Note au bas du tableau 
des terrains observés dans les petites Pyrénées de l'Ariége. 

(2; Bull, de la Soc. géol. de France, 2* sér., vol. XXV., p. 714 et 718; 1868. 



- 76 - 

Quoi qu'il en soit, il faut nécessairement admettre, en présence 
de la concordance qui existe entre le trias et le lias, que les 
accidents que l'on rapporte généralement dans le Midi de la France 
aux systèmes du Thuringerwald et du Mont-Seny N. 0. et N. N. E. 
n'ont pu se produire, comme le veulent M. Elie de Beaumont (1) 
et M. Vézian (2), à la fin de la période triasique. Ce qui conduit 
à dire que les directions, ici pas plus qu'ailleurs, ne peuvent 
servir à caractériser l'âge des montagnes (3). 



Importance du phénomène des érosions à diverses 
époques. 

Je dirai tout d'abord que d'immenses érosions ont eu lieu dans 
le Midi de la France après le dépôt des terrains de transition. Si 
les éléments pour en déterminer la valeur nous manquent ici, ces 
terrains n'apparaissant pas, il n'en est pas moins vrai que les 
roches de la formation houillère, du permien et du trias, formées 
de débris empruntés aux terrains anciens (grès, conglomérats, 
argiles), prouvent la réalité de ces érosions. 

Ce n'est qu'à partir de la période secondaire qu'il nous est 
permis d'évaluer la puissance des couches enlevées par les eaux. 

Si on se rappelle le fait important de la concordame des groupes 
du permien, du trias et de l'oolithe, groupes qui se sont déposés 
partout, les uns au-dessus des autres sans la moindre interrupl ion, 
on pourra facilement reconstituer par la pensée : les couches 
triasiques, ïiasiques et oolitiques qui recouvraient, autrefois, les 
grès du rothe-todte-liegende de la forêt de la Grésigne (PL I, 
fig. 5) et de la vallée du Cérou (fig. B et C), et les calcaires et 
les cargneules du zechstein de Puech-Maurel (fig. 4 ) et du 
Ponl-de-Murnaves (fig. 3)-, les couches keupériennes , Ïiasiques 



(t) Notice sur les systèmes de montagnes. 

(2) Prodrome de géologie, vol. II, p. 478-183, Paris ; 186i. 

(3) Dans les Corbière», le système du Mont Seny a affecté, comme le système 
des Pyrénées, le terrain éocène supérieur, lequel est recouvert en discordance, 
dans TAude comme dans PAriége, par les strates horizontales du miocène, à 
Dinotherium giganteum (II. Magnan, Bull, de la Soc. géol. de France, 
2* sér., vol. XXIV, p. 72i, 1867. — Idem, vol. XXV, p. 723 ; 1808). 



- 77 — 

et ooliihiques qui surmontaient le grès bigarré des environs 
de Peyralade et de la Debèze ( fig. 4), ainsi que les dépôts 
gypseux de Succaliac et de Varen ^ig. 2 et 3 et fig. D) ; les couches 
liasiques et oolithiques qui existaient au-dessus du keuper de la 
vallée d'Assou (fig. 1) ; enfin, les couches toarciennes et oolithiques 
qui s'élevaient autrefois sur le lias inférieur et le liasien entre 
Marnaves et Joany-Roubert (fig. 3), et entre Cambon et le Pech- 
de-Bergons (fig. 2). 

Pour fixer les idées sur l'importance du phénomène des érosions, 
je dirai que près de la Baraque-Royale, point central de la 
forêt de la Grésigne (ruisseaux de Liffernon et de Merdaussou), 
où les couches profondes du permien inférieur (rothe-todte- 
liegende) affleurent, les terrains suivants ont été enlevés par 
les eaux : 



Grès et argiles du permien (P) (rothe-todte- 

liegende), environ 400 mètres. 

Grès bigarrés et argiles du irias inférieur (t 1 ).. 200 

Argiles du muschelkalk (f 2 ) 20 

Grès, argiles et cargneules du keuper (f 3 ).. . . 120 

Calcaires et argiles de l'infralias (J,,,),. ... 60 

Cargneules et calcaires du lias inférieur (J,,). 250 

Calcaires marneux et marnes du liasien (JJ. . 150 

Marnes du toarcien (J) 60 

Calcaires et cargneules de l'oolithe inférieure (J 1 ) 50 

Calcaires de l'oolithe moyenne (J 2 ). ...... 420 

Calcaires compactes et calcaires marneux de 

l'oolithe supérieure (J 3 ) (4) 200 

Terrain crétacé inférieur ? » 



Total 1,650 mètres. 



4,630 mètres de couches enlevées par les agents d'érosion, dans 
une seule période. Ne reste-t-on pas frappé par la grandeur de ces 



(1) Ce groupe repose en concordance sur l'oolithe moyenne, à quelques lieues 
à l'ouest du point où s'arrête la coupe, fig. 5, PI. I. 



— /S — 

phénomènes et par le temps considérable qu'il a fallu pour les 
accomplir ! 

Si nous recherchions ce que sont devenus les immenses débris 
provenant de l'ablation de ces couches, nous verrions qu'ils ont 
forma des terrains nouveaux dont la puissance est énorme : le 
groupe de la craie des bords S.-O. du plateau central, les conglo- 
mérats et les marnes sableuses des terrains tertiaires... N'avons- 
nous pas étudié sur les bords de l'ancien lac éocène, à Tonnac, à 
la Plassarié, à la îreyne, des blocs plus ou moins volumineux, 
peu ou point roulés, arrachés aux terrains secondaires Ne 
sonl-ce pas là des preuves irrécusables, palpables, de l'action 
dénudatrice? 

J'aurais encore à parler des érosions qui se sont produites pos- 
térieurement à l'époque tertiaire; les coupes h'g, 3, 4 et 5, PI. I, 
démontrent que dans les environs de Cordes, de la Gazelle et de 
Castelnau-de-MoiUmirail, de puissantes couches appartenant, à 
l'éocène supérieur (e) ont été dénudées. Il serait facile de déterminer 
leur épaisseur; mais il resterait à savoir si le terrain miocène du 
bassin sous- pyrénéen ne recouvrait pas ces dépôts et s'il n'a pas 
été enlevé, lui aussi, par les eaux? C'est une question très inté- 
ressante, qui reste à résoudre. 



Conséquences qu'entraînent î existence des failles et le 
phénomène îles érosions sur les bords du plateau cen- 
tra! de la France. 



Une conséquence qu'il est permis de tirer de l'existence de la 
grande faille de Marnaves, F 1 , au contact des roches cristallines 
des bords du plateau central, entre Najac el Asprières, c'est que 
les aflleurements des terrains secondaires, sur le pourtour S.-O. 
de ce plateau, n'indiquent pas les anciens rivages. Ces terrains 
ayant été ici, comme dans la Nièvre, comme dans le Morvan, 
comme dans le Beaujolais, comme dans le Mont-d'Or (1), comme 



(î) Th. Ehray. Eludes géologiques sur h département de la Nièvre, Paris; 
1860. — Bull, de la Soc. géol. de France, 2^ sér., vol. XVI, p. 47, 42G, 



- 79 - 

dans la Dordogne (1j, profondément failles et ensuite dénudés, 
il devient impossible de dire jusqu'où les mers permienne , 
triasique et jurassique s'étendaient autrefois. 

Je terminerai ce qui a trait à ce sujet, en disant que des faits 
nombreux, — la plupart encore inédits, — observés en divers 
peints du plateau central, dans le Vivarais, dans les Cevennes, 
à la base de la Montagne Noire , dans le Lot , etc. , m'ont 
convaincu que les érosions et les failles ont joué partout un rôle 
de premier ordre, et qu'autrefois les terrains secondaires recou- 
vraient une grande partie de cet immense plateau (2). 



Je me résume : 

Les terrains secondaires des bords S.-O. du plateau central 
sont constitués comme dans le Nord de la France, comme en 
Angleterre, comme en Allemagne, comme en Russie. 

Les accidents qui se rapportent aux systèmes du Thuringerwald 
et du Mont-Seny se sont produits postérieurement aux dépôts 
jurassiques et non à la fin de la période triasique. 

Les failles et les érosions ayant joué un rôle considérable, les 
affleurements des terrains secondaires, sur le pourtour du plateau 
central, n'indiquent pas, ordinairement, les rivages des anciennes 
mers. 



857, 1059 5 1858-59.— Idem, yol. XIX, p. 30, 615; 1861-62. — Idem, 
vol. XX, p. U\ ; 1863. — Idem, vol. XXV, p. 840; 1868. 

(1) Harlé, Bull, de la Soc. géol. de France, 2^ sér., >ol. XXII, p. 38 et 
suiv. ; 1864. 

(2) Voir l'appendice. 



— 80 - 



APPENDICE. 



J'ai donné, il y a quelque temps, un aperçu de l'énergie des 
anciens agents d'érosion et de la puissance des dépôts détriti- 
ques qui en ont été la conséquence dans les Pyrénées, ce qui m'a 
amené à dire (I) : 

« On a généralement négligé beaucoup trop jusqu'à présent 
» l'étude des dénudations. Je suis certain qu'avant peu cette élude 
» fera voir sous un jour nouveau la géologie de la France. » 

En écrivant ces lignes, j'avais principalement en vue le plateau 
central de la France, car c'est à la suite de phénomènes d'éro- 
sion qui ont enlevé, en certains points, tout ou partie des terrains 
crétacés inférieurs et oolithiques, que les grès cénomaniens, à 
Orbitolina concava et à Ostrea columba, ont pu se déposer, en 
discordance, à la base de ce plateau, tantôt sur le kimméridgien 
et le corallien érodés, ainsi qu'on l'observe dans les Charentes et 
dans le Lot, tantôt sur le terrain crétacé inférieur et sur l'oolithe, 
aussi érodés et dénudés, comme on le remarque dans le bassin de 
la Loire. 

Le diagramme de la page 81, fig. E, quoique construit à une 
bien petite échelle, fera comprendre ce que je viens de dire. 

En tenant compte des dislocations post-crétacées inférieures, 
c'est-à-dire anté-cénomaniennes, à la suite desquelles s'affaissèrent 
les bassins de la Garonne et de la Loire, — affaissements qui 
eurent pour conséquence d'incliner légèrement vers chacun de ces 
bassins, les couches secondaires, ainsi que le montre la (igure E, 
et de les failler (2), — et en faisant intervenir ensuite l'action 



(1) Bull, de la Soc. géol. de France, 2e sér., vol. XXV, p. 718 ; 1868. 

(2) Je n'ai pu, eu égard à l'exiguïté de la fig. E, indiquer sur cette figure 
les failles qui font buter dans la Dordogne, les terrains oolithiques contre les 
grès triasiques et ceux-ci contre des formations plus anciennes. 









- 81 - 



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- 82 - 

dénudatrice, on comprend fort bien pourquoi les divers étages des 
groupes triasique et jurassique vont s'étageant, l'un l'autre, au N. 
et au S. de ce plateau ; en d'autres termes, pourquoi les sédiments 
se disposent en retrait; pourquoi quelques-uns de ces étages ont 
entièrement disparu; pourquoi la craie inférieure se montre si 
rarement; et pourquoi, enfin, les grès cénomaniens sont toujours 
discordants avec les couches qui les supportent, excepté toutefois 
vers l'est et le nord-est, où l'affaissement de la fin de la période 
crétacée inférieure était presque nul et où, par suite, les dénuda- 
tions furent moins considérables. 

Nous ne serons plus alors forcés, pour expliquer les faits, pour 
expliquer notamment la disposition étagée des sédiments jurassi- 
ques autour du plateau central, d'invoquer dix mouvements de 
retrait des eaux de la mer correspondants aux dix étages de 
d'Orbigny (4), théorie qui n'est plus admissible aujourd'hui qu'on 
démontre : que dans la Nièvre, que dans le Morvan, que dans les 
Cevennes, que dans le Tarn, que dans l'Aveyron, que dans le Lot, 
que dans la Dordogne, que même dans les Alpes et les Pyrénées, 
les divers étages jurassiques se recouvrent l'un l'autre, sans la 
moindre trace de discordance, sans le moindre temps d'arrêt dans 
la sédimentation. 

A l'appui de la réalité du phénomène des érosions que j'invoque, 
je ferai remarquer : 

Qu'il existe, en certains points du plateau central, dans le 
Limousin, dans l'Aveyron, dans la Lozère-, dans le Gard et dans 
l'Ardèche, à des altitudes considérables, plusieurs îlots triasiques 
et jurassiques, isolés au milieu des roches cristallines, indiqués 
depuis longtemps, par MM. Dufrénoy et Elie de Beaumont, sur 
la Carte géologique de la France, îlots qui sont des témoins de 
l'extension des anciennes mers secondaires (2) ; 

Je rappellerai que M. Ebray a prouvé que de puissants agents de 
destruction ont enlevé dans le Morvan et dans la Nièvre (plateau 
central), 5 ou GOO mètres de couches et qu'il est impossible de 



{!) Voyez Aie. d'Orbigny, Cours élémentaire de paléontologie et de géologie 
s/raligraphiques, p. 428-432, Paris; 1851. 

(2) Sur la fig. E, p. 8t, un de ces îlots est figuré. 



— 83 — 

trouver aujourd'hui, dans ces régions, la trace des anciens rivages 
triasique et jurassique (4); 

Je dirai que M. Lory a fait voir que le terrain jurassique 
s'étendait autrefois sur le massif primordial des Alpes et qu'à la 
suite de dénudations immenses, il ne reste maintenant que des 
vestiges de ce terrain , perdus à plus de 3,000 mètres au- 
dessus du niveau de la mer (2) ; 

J'ajouterai que tout dernièrement^ M. Jules Martin (3) a prouvé, 
contrairement à ce que l'on prétendait, que la mer jurassique 
n'a jamais cessé de communiquer parle détroit séquanien ; que si 
les dépôts supérieurs du jurassique ne s'observent pas sur la 
ligne de faîte, séparant les bassins Méditerranéen et Parisien, 
c'est parce qu'ils ont disparu à la suite d'érosions ; 

Enfin, je rappellerai que je viens de démontrer que sur les 
bords S. 0. du plateau central, presque dans la plaine, 4,650 
mètres de couches appartenant à une seule période, ont été enle- 
vées par les eaux (4). 



(1) Bull, de la Soc. géol. de France, 2e sér., vol. XVI, p. 47-46 5 1858. 
— Idem, vol. XIX, p. 38-43 ; 1861. Idem, vol. XXI, p 350; 1864. 

(2) Description géologique du Dauphiné, p. 173, Paris, 1860-64. — Bull, de 
la Soc. géol. de France, 2e sér., vol. XX, p. 233, PI. IV; 1883. — Idem, vol- 
XXIII, p. 480, PI. X; 1866. 

(3) Bull, de la Soc. géol. de France, 2? sér., vol. XXIV, p. 653; 1867. 

(4) Antè, p. 77. 



- 84 - 
CATALOGUE 

DES INSECTES COLÉOPTÈRES DU LANGUEDOC . 



ESPÈCES OBSERVÉES DANS QUELQUES RÉGIONS DE CETTE PROVINCE , 
NOTAMMENT A TOULOUSE, BÉZIERS, CETTE, ETC. 

Par M. MARQUET . membre fondateur. 
Ire partie. 



CICINDELIDiE. 

Cicindela, Lin. 

campestris, Lin tout le Languedoc, pendant 8 mois de l'année, cou- 
rant sur les chemins et contre les tertres exposés 
au soleil. 

hybrida, Lin La Salvetat (Hérault) ; assez commune. 

sinuata , Panz littoral méditerranéen, courant sur le sable humide, 

v. trisignata, Dej. . . à Cette, Béziers ; très-commune. 

circumdata, Déj. .... sur les terrains couverts de sel, à Sérignan, Cette; 
assez commune. 

littoralis, Fab très-commune sur le littoral, mêmes mœurs que la 

c. trisignata. 

flexuosa, Fab sur le sable humide, Béziers, Sérignan, Toulouse: 

dans cette dernière localité, on trouve la variété 
verte. Le type est très-commun. 

paludosa, Duf commune à Celte, près des mares d'eau douce, cou- 
rant dans les herbes. Elle se trouve aussi à 
Béziers et Narbonne, dens l'herbe des étangs. 

Germanica, Lin trouvée à Toulouse, dans les herbes des lertres qui 

avoisinent la Garonne. 



- 85 - 

CARABIDJE. 

ELAPHRI. 

Omopiiroii , Latreille. 

Iimbatum,, Latr dans le sable humide, soit au bord des rivières, 

soit sur le littoral, à peu de distance de la mer; 
commun. 

Notiophiius , Duméril. 

palustris, Duft. ..... Toulouse, dans les feuilles sèches, aux endroits 

v. Germinyi, Faur. . . humides; pas commun, 

biguttatus, Fab Toulouse, Béziers, sous les feuilles sèches, dans les 

v. quadripimctatus, D. jardins et autres lieux ; assez rare. 

rufipes, Déj . Toulouse, Béziers, sous les détritus de la Garonne, 

assez rare, 

punctulatus, Wesm. . . Toulouse, avec le précédent; rare. 



Elaphrus , Fabricius. 

aureus, Miill sous les feuilles sèches déposées sur le sable humide 

des bords de la Garonne, à Blagnac, près de 
Toulouse. 



CARABI. 

Nebria, Latreille. 

complanata, Lin Agde, Vias, et le littoral, sous les grosses pierres et 

dans les détritus rejetés par la mer ; assez com- 
mune. 

psammodes, Rossi. . . . Béziers, Toulouse, au bord des cours d'eau, sous 
les pierres ; commune. 

picicornis, Fab commune sous les pierres et dans les fissures des 

tertres ou berges de la Garonne, à Toulouse. 

brevicollis, Fab. .... tout le Languedoc, excessivement commune partout 
notamment dans les jardins. 



86 — 



Leistus, Frœhlich. 

spinibarbis, Fab Toulouse, dans les détritus des inondations de la 

Garonne, rare à. Béziers. 
puncticeps, Fairm. . . . Sorèze, au bord des ruisseaux, sous de grandes 

mousses, 
fulvibarbis, Déj Béziers, Toulouse, très-commun dans les détritus. 



Procrnstes , Bonelli. 

COriaceus, Lin assez commun à Béziers, rare à Toulouse, sous les 

pierres. On le prend facilement dans les trous 
creusés à pic pour recevoir les plantations au 
bord des chemins. 



Carabus , Linné. 

alyssidotus, Illig M. Daube, de Montpellier, nous a assuré avoir pris 

cette espèce près de Lunel, dans des fossés creu- 
sés à pic. 

catenulatus, Scop. . . . trouvé à La Itfalou par M. Pellet, il paraît habiter 
toutes les montagnes de l'Hérault. 

cancellatits, Fab Toulouse, sur les chemins, après les pluies du prin- 
temps ; pas commun. 

clalhratus ,' Lin très-commun dans les étangs de Yendres et de 

Capestang, près Béziers ; après les inondations de 
ces étangs, on les trouve réunis en familles sous 
toutes les pierres exposées sur les bords. 

auratus, Lin. ..... excessivement commun, à Toulouse, pendant tout le 

printemps : on le rencontre en quantité dans les 
jardins. A Saint-Chinian (Hérault) on prend des 
individus assez petits et plus foncés que le type ; 
il y en a môme de tout noirs. 

lotharingus, Déj Béziers, dans les luzernes; très-commun à Nar- 

bonne, à la suite des inondations des étangs. 

festivus, Déj Sorèze, dans la mousse, au pied des châtaigniers, 

commun en automne. 

purpurascens, Fab. . . . très-commun à Béziers, plus rare à Toulouse. Cet 
insecte habite surtout les jardins. 

nemoralis, Illig montagnes de l'Hérault, à Caroux, dans les bois, 

sous les feuilles sèches. 



— 87 - 

convexus, Fab rare à Toulouse, dans les détritus des inondations. 

hispanus, Fab commun, à Sorèze, en automne, dans la mousse quj 

recouvre le pied des châtaigniers. On m'a assuré 
avoir pris également cette espèce non loin de 
Saint-Pons (Hérault). 

Calosoma, Weber. 

sycophanta, Lin Béziers, sur les saules où il se nourrit des chenilles 

du Bombix dispar. Peu commun. 

indagator,, Fab j'ai capturé une fois, en juin, sous des vesces cou- 
chées par la pluie, une centaine d'individus de 
cette intéressante espèce. Une autre fois, j'ai pris 
cet insecte dévorant une chenille du Bombix dis- 
par. — M. QuérilhacetM. Berdoulat en ont pris 
chacun un individu, le premier aux environs de 



DRYPTiE. 

Odacantha, Paykùll. 

melanura, Lin M. Pellet et moi avons pris, chacun, un seul individu 

de cette espèce à l'étang de Vendres. 

Drypîa, Fabricius. 

emarginata, Oliv Toulouse, Béziers, dans les étangs, au pied des 

saules -, commun, 
distincta, Rossi Béziers, à l'étang de Vendres, sous les détritus jetés 

au bord. Je l'ai pris aussi dans les joncs, à Nar- 

bonne; assez rare. 

Ztiphium, Latreille. 

olens, Rossi étangs de Vendres et de Vias , près Béziers, dans 

les détritus et surtout sous les pierres; pas com- 
mun. 

Chevrolati, Brullé. . . . J'ai trouvé un seul individu à Béziers, dans les 
détritus d'une inondation de l'Orb. 

Polysftichus , Bonelli. 

vittatus, Brullé très-commun dans les étangs des environs de Béziers, 

sous les détritus et au pied des saules. 



— 88 — 

fasciolatns , Rossi. . . . rare dans les détritus du ruisseau du-Touch, à Tou 
louse. 

Brachinus , Weber. 

bumeralis, Ahr assez commun au bord des étangs des environs de 

Béziers, sous les pierres, au pied des saules et 
dans les joncs. 

exhalans , Rossi très-commun à Vias, Vendres, sous les pierres dépo- 
sées au bord des étangs. 

erepitans, Linné .... Bédarieux, au bord de l'Orb, Toulouse, sous les 
pierres, commun. 

psophia, Déj mêmes mœurs et aussi commun que l'exhalans. 

bombarda, Déj avec l'exhalans et le psophia ; aussi commun. 

immaculicornis, Déj. . . commun sous les pierres, au bord de l'étang de Ven- 
dres. 

atricornis, Fairm. . . . assez commun, il se trouve en compagnie de l'exha- 
lans et des autres espèces précitées. 

explodens, Duft très-commun à Toulouse au pied des arbres. 

sclopeta, Fab excessivement commun dans le Languedoc, sous les 

pierres et au pied des arbres. 

DROMII. 

Cymindis, Latreille. 

axillaris, Fab Béziers, Toulouse, sous les pierres, dans les endroits 

secs; commun. 

hneata, Déj. ( Béziers, dansles garrigues, sous les pierres, commun. 

hneola, Duf. ) 

Piatytarus, Fairmaire. 

Famini, Déj Béziers, au bord de l'étang de Vendres, sous les 

pierres, les détritus, pas rare. 

s:tophoîus ; Schmidt. 

imperialis, Germ. . . . Béziers, bord de l'étang de Vendres, de Vias et 
v. ruficepSj Gêné. . . autres, sous les roseaux déposés en fagots, au 
pied des joncs; très-commun. Je l'ai également 
pris très-communément à Narbonne. 



— 89 — 



Deme trias, Bonelli. 



unipunctatus, Germ. . . pris quelquefois à Toulouse, dans les détritus des 
inondations de la Garonne. 

atricapillus, Lin très-commun dans le Languedoc, on le trouve par- 

* tout, surtout en battant les arbres. 



Dromius, Bonelli. 

capitalis, Fairm j'ai trouvé le premier sujet connu de cette espèce, 

en secouant un paquet de roseaux secs à Vias. 
Je ne pense pas que cet insecte ait été retrouvé 

linearis , Oliv tout le Languedoc, sous les fagots et les détritus. 

En battant les arbustes on le prend aussi com- 
munément. 

meridionalis , Déj. . . . Toulouse, Béziers, sous l'écorce des platanes, com- 
mun. 

quadrisignatus , Déj. . . Toulouse, dans les détritus, rare. 

fasciatus, Déj Béziers, en battant les chênes kermès, dans les gar- 
rigues, assez rare. 

melanocephalus, Déj. . . Toulouse, Béziers, sous les détritus, au bord des 
cours d'eau; commun. 

Bleehrus, Motschulski. 

glabratus, Duft. . . . . dans tout le Languedoc, sous les détritus secs. 

maurus , Sturm Béziers, sous les détritus, rare. 

plagiatus , Duft, très-commun à Béziers, au pied des oliviers et dans 

les détritus des étangs, rare à Toulouse. 

Metabletus 9 Schmidl. 

obscuroguttatus , Duft. . très-commun dans les détritus jetés par l'Orb , à 

Béziers. 
foveola, Gill commun dans les détritus de l'Orb et de la Garonne. 

Lion j chus, Wismann. 

quadrillum , Duft. . . . très-commun à Toulouse et à Béziers, sous les cail- 
loux et dans les détritus, au bord des cours 
d'eau. 

7 



- 90 — 

albonotatus, Déj pas commun, à Béziers, Yias, dans les détritus 

desséchés du littoral et dans le sable humide au 
bord des ruisseaux. 

i.ebia . , Latreille. 

pubipennis , Duft. . . . rare à Béziers, au pied des fenouils, sous les pierres. 

cyanocephala, Lin. . . . assez rare à Toulouse et à Béziers, dans les détritus 
des inondations. 

rufipes, Dèj • . environs de Béziers, à Gabian, dans les genêts épi- 
neux (Genista scorpius). 

crux minor, Lin très-rare à Toulouse, dans les détritus de la Garonne. 

cyathigera, Rossi. . . . cet insecte a été pris, par M, Pellet et par moi, en 
battant de jeunes ormeaux à feuillage serré, à 
Béziers. Il est devenu introuvable. 

turcica, Fab excessivement commun à Béziers, plus rare à Tou- 

et sa variété : louse, en battant les ormeaux. 

4-maculata, Déj idem, idem. 

hœmorrhoidalis , Fab. . assez rare à Béziers et à Toulouse, il se trouve dans 
les genêts épineux et les ulex ou ajoncs. 

Masoreus, Déjean. 

Weterhali, Gill extrêmement rare à Béziers, dans les sables du bord 

de l'Orb enterré au pied des verbascum. M. Mar- 
tin et moi. 

DITOMIDiE. 

Aristus, Latreille. 

capito, Déj Béziers, assez commun sous les pierres, dans les 

endroits secs, 
clypeatus, Rossi Toulouse, Béziers, plus commun que ce dernier et 

trouvé dans les mêmes conditions, 
sphserocepbalus , Oliv. . mêmes localités et mêmes mœurs que le précédent; 

commun. 

Ditomus, Bonelli. 

calydohius, Fab Béziers, rare. Cet insecte se rencontre sur les che- 
mins au commencement du crépuscule du matin. 

fulvipes, Déj assez commun dans les détritus des étangs de Vendres 

et de Vias, près Béziers. 



- 91 - 

SCARITiïLE. 

Searifes , Fabricius. 

gigas, Fab Béziers, sur tout le littoral, courant dans les dunes; 

commun. 

arenarius, Bon. ..... au pied des tamarix et courant sur le sable du litto- 
ral, à Béziers; commun. 

laevigatus, Bon surtout le littoral, très-commun sur le sable humide 

du rivage. Béziers, Cette. 

Clivina, Latreille. 

fossor , Linné. ..... Toulouse, Béziers, dans lé sable humide des cours 

d'eau. La variété rouge est très-commune à Tou- 
louse, la noire est aussi très-commune à Béziers. 

Dyschii'ius , Bonelli. 

rugicollis, Fairm. . . . très-commun sur tout le littoral, dans le sable 
humide. Cette, Vias, etc. 

globosus, Herbst assez rare à Toulouse, dans les détritus des inon- 
dations. 

punctatus, Déj Béziers, Toulouse, dans le sable humide de l'Orb et 

de la Garonne, assez rare. 

minutus, Putz mêmes localités et mêmes mœurs que ce dernier; 

assez rare. 

semistriatus, Déj très-rare à Toulouse, dans les détritus de la Garonne. 

œneus, Déj très-commun à Toulouse et à Béziers, dans le sable 

humide. 

chalibseus, Putz très-commun dans le sable humide du littoral. Cette, 

Vias. 

intermedius, Putz. . . . excessivement rare à Toulouse ; détritus des inon- 
dations. 

apicalis, Putz assez rare à Béziers, dans le sable humide du littoral. 

salinus, Schm commun dans le sable humide du rivage. Vias, Agde. 

augustatus, Ahr Toulouse, assez rare dans le sable humide de la 

Garonne. 

substriatus, Duft. . . . excessivement rare ; détritus de la Garonne. 

cylindricus, Déj très-commun au bord des flaques d'eau du littoral. 

Sérignan, Vias, Cette. 



- 92 — 

macrodems, Chaud. . . M. de Chaudoir a, dit-on, pris un individu de cette 
espèce à Sérignan, près Béziers. 

nitidus, Déj très-commun à Toulouse et à Béziers, dans le sable 

humide, ainsi qu'au bord des flaques du littoral. 

chalceus, Erich trouvé une seule fois à Yias, au bord d'une flaque 

d'eau du littoral. 

CHLjENIDjE. 

Panagicus, Latreille. 

crux major, Lin Béziers, Toulouse, commun au pied des saules dans 

les étangs. 

Callistus , Bonelli. 

lunatus, Fab Toulouse, pas rare, sous les pierres, au bord de la 

Garonne et un peu partout. 



Chlœnius , Bonelli. 

circumscriptus, Duft. . . étang de Vendres, près Béziers, sous les pierres; rare, 
velutinus , Duft très-commun à Béziers et à Toulouse, au bord des 

rivières, sous les pierres ou enterré dans le sable, 
festivus, Fabr sous les pierres et dans les détritus , au bord des 

étangs. Béziers, Yias, etc., commun, 
spoliatus , Rossi rare à Toulouse, commun à Béziers, dans les détritus 

des étangs. 

agrorum, Oliv Béziers, commun dans les détritus des étangs. 

vestitus, Payk. . . ... . Toulouse, Béziers, très-commun sous les pierres au 

bord des rivières et des ruisseaux. 
S.chranki, Duft Toulouse, assez rare dans les détritus des cours 

d'eau. 

nigricornis, Fab commun à Toulouse et à Béziers, sous les détritus 

v. melanocornis , Déj. de la Garonne et de l'Orb. 
tibialis, Déj Toulouse, Béziers, très-commun dans les détritus du 

bord des rivières, 
holosericeus , Fab. . . . étang de Vendres, près Béziers, sous les pierres et 

dans les détritus; pas commun, 
chrysocephalus, Rossi. . très-commun dans les détritus et sous les pierres 

au bord des étangs du Bas-Languedoc, 
sulcicollis, Payk pris, une seule fois, dans un étang des environs de 

Narbonue. 



— 93 - 

azureus, Duft Béziers, Toulouse, sous les pierres, un peu partout, 

pas commun. 

Atranus , Le Conte. 

collaris , Ménétr j'ai signalé, le premier, cette espèce à Béziers et à 

Toulouse , dans les détritus de l'Orb et de la 
Garonne; commun à Béziers. rare à Toulouse. 

Oodes, Bonelli. 

gracilis, Villa Béziers, étang de Vendres, sous les pierres et dans 

les détritus, assez rare. 

Licinus, Latreille. 

agricola, Oliv assez rare à Toulouse, dans les détritus de la 

Garonne, 
silphoides, Rossi très-commun à Béziers, commun à Toulouse; un peu 

partout, sous les pierres. 

Badister , Clairville. 

nnipustulatus , Bon. . . pas commun à Toulouse, dans les détritus des cours 

d'eau, 
bipustulatus. Fab. . . . Toulouse, Béziers, très-commun sous les pierres 

bordant les étangs et les rivières, 
peltatus, Panz Béziers, Toulouse, assez rare dans les détritus des 

inondations, 
humeralis, Bon Béziers, mêmes mœurs que ce dernier, plus rare. 

STOMIDiE. 

Broscus , Panzer. 

cephalotes, Lin Toulouse, rare dans les détritus, après les inonda- 
tions, sous les grosses pierres, dans les lieux 
humides. 

Stomîs , Clairville. 

pumicatus, Panz très-commun à Béziers et à Toulouse, sous les pier 

res dans les endroits humides. 



- 94 - 



megacephalus, Rossi. 
tenebrioides', Duft. . 



HARPALID.E. 

Acinopus, Déjean. 

. dans les détritus de l'étang de Yias, assez commun. 
, très-commun à Béziers, rare à Toulouse , sous les 

pierres et couraot sur les chemins secs. Etangs 

du Bas-Languedoc. 



Anisodactylus , Déjean. 

binotatus, Fab très-commun dans tout le Languedoc, au bord des 

cours d'eau, dans les détritus et sous les pierres. 

paxiloides , Steph. . . . étangs de Yendres et de Vias, Cette, sous les pier- 
res, surtout dans les endroits sablonneux. 

intermedius, Déj pris en grande quantité à Coursan, près Narbonne, 

dans les détritus d'une inondation de l'Aude. 

Diachromus , Erichson. 



Germanus, Lin. 



excessivement commun dans tout le Languedoc, dans 
les détritus d'une inondation des riv : ères , dans 
les étangs. 



Gynandromorphus , Déjean . 

JËtruscus, Quens très-commun à Béziers et à Toulouse, sur les coteaux, 

sous les pierres. On le prend abondamment en 
automne enterré sur les crêtes des berges. 

Dichirotrichus , Duval. 

obsoletus, Déj très-commun à Agde, Cette, Vias, Vendres, enterré 

dans le sable humide , au pied des tamarix du 
littoral, 

pubescens, Payk j'ai pris un seul individu de cette espèce dans les 

détritus d'une inondation, à Toulouse. La tache 
discoidale est placée comme dans l'obsoletus, mais 
la forme du corselet l'éloigné de cette espèce et 
me décide à le placer avec le pubescens. 

pallidus, Déj le comte Déjean a signalé cette espèce comme habi- 
tant le département de l'Aude. 



— 95 — 



Bradycellns, Erichson. 

distinctus, Déj Vias, près de Béziers, sous les détritus, dans les lieux 

sablonneux, 
harpalinus , Déj assez rare à Béziers, très-commun à Toulouse, dans 

les détritus des inondations. 

Harpalus , Dëjean. 
S. G. Ophonus , Déjean. 

sabulicola, Panz Toulouse, Béziers, commun dans les détritus des 

inondations et sous les pierres, au bord des étangs. 

diffinis, Déj mêmes localités et mêmes conditions; commun. 

rotundicolis , Fairm. . . idem, idem, moins commun. 

incisus, Déj. ...... Béziers, sous les pierres, dans les lieux secs. En été 

on le trouve communément, le soir, sur le fenouil 
(fœniculum officinale) dont il mange le fruit. 

oblongiusculus , Déj. . . rare à Béziers, sous les pierres des étangs ; com- 
mun à Toulouse dans les détritus des inondations. 

ditomoides, Déj très-rare à Béziers où il a été pris une seule fois 

par M. Pellet ; rare à Toulouse, au bord de l'Hers. 

azureus, Illig Béziers, Toulouse, assez commun sous les pierres 

des étangs et dans les détritus des inondations de 
la Garonne. 

cribricollis, Déj un seul individu pris à Béziers, dans les détritus. 

meridionalis , Déj. . . . Béziers, Narbonne, sous les pierres, un peu par- 
tout; commun. 

subquadratus, Déj. . . . idem, même habitat; plus rare. 

rotundatus. Déj idem, idem, idem. 

eordatus, Duft, idem, .idem, pas rare. 

rupicola, Sturm idem, idem, idem. 

puncticollis, Payk. . . . idem, idem, idem. 

rufibarbis., Fab idem, idem, idem. 

maculicornis, Déj. . . . Toulouse, Béziers, très-commun dans les détritus, 
partout. 

signaticornis, Duft. . . . rare à Toulouse, dans les détritus de la Garonne 
après les inondations. 

hirsutulus, Déj Béziers, Toulouse. On le trouve dans les mêmes 

conditions, mais il n'est pas si rare. 

mendax, Rossi Toulouse, Béziers, un pou partout, sous les pierres, 

assez commun. 



— 96 — 



S. G. Harpalus , Déjean. 

ruficornis, Fab excessivement commun dans tout le Languedoc; 

endroits secs et humides; dans les jardins, etc. 
Il vole le soir et erre toute la nuit pendant la 
belle saison. 

griseus, Panz. , . . . . également commun dans tout le Languedoc. Mêmes 
mœurs. 

dispar, Déj Béziers, commun dans les détritus des inondations 

de l'Orb et au bord de l'étang de Vendres. 

aeneus, Fab Béziers, Toulouse, même habitat, pas rare. 

punctatostriatus, Déj. . . Béziers, mêmes mœurs que dispar, pas commun. 

patruelis, Déj idem, idem, rare. 

distinguendus, Duft. . . excessivement commun dans tout le Languedoc. On 
le prend , au printemps , jusque sur les places 
publiques des villes. 

cupreus, Déj Béziers, étang de Yendres, dans les détritus, pas 

commun. 

ignavus, Duft Béziers, Toulouse, dans les détritus et sous les pier- 
res, au bord des cours d'eau. 

pygmaeus, Déj assez commun dans les détritus après les inonda- 
tions de la Garonne. 

neglectus, Déj Via*, sous les fagots, dans les lieux sablonneux du 

littoral, commun. 

discoideus, Fab Béziers, détritus de l'Orb, assez commun ; étangs de 

Vendres et de Vias. 

calceatus, Duft. ..... Béziers, même habitat; aussi commun. 

hottentota, Duft idem, Hem, idem. 

latus, Lin deux individus trouvés à Cette, sous les pierres, 

dans le sable. 

consentaneus, Déj. . . ' Béziers, Narbonne, sous les pierres dans les lieux 
secs, assez rare. 

rubripes, Duft très-commun à Toulouse, sous les pierres, dans les 

détritus. 

Caspius, Stev excessivement commun dans tout le Languedoc, par- 
tout, sous les pierres. 

tenebrosus, Déj rare à Béziers, sous les pierres, dans les lieux secs. 

melancholicus , Dej. . . très-commun à Cette, dans les endroits sablonneux, 
sous les pierres. Il se prend aussi abondamment 
à Vias, en compagnie du neglectus. 

tardus , Panz rare à Béziers, dans les détritus, au bord des étangs 

et des rivières. 



— 97 — 

serripes , Sch excessivement commun dans le Languedoc, partout, 

sous les pierres et courant sur les chemins. 

anxius , Duft très-commun à Béziers et à Toulouse, dans les détri- 
tus des inondations et sous les pierres, dans les 
garrigues. 

picipennis, Duft rare à Toulouse, dans les détritus de la Garonne. 

S. G. Selenophorus , Déjean. 

scaritides, Sturm. . . . très rare à Béziers, dans les détritus de POrb où 
j'ai pris deux individus. A Toulouse j'ai capturé 
un troisième individu volant au soleil près l'éta- 
blissement des pères du Calvaire. 

Stenolophus, Déjean. 

Teutonus, Schrk très-commun à Béziers et à Toulouse dans les 

détritus des cours d'eau et sous les pierres. 

Skrismshiranus, Steph. . Béziers, même habitat, moins commun. 

discophorus , Fisch. . . Toulouse, Béziers, assez commun sous les pierres, 
au bord des rivières. 

vespertinus, Illig étang deVendres, commun dans les détritus. 

proximus, Déj idem. idem. 

elegans, Déj idem. plus rare, dans les détritus. 

Acnpaipus, Latreille. 

consputus, Duft étangs des environs de Béziers, dans les détritus, 

pas commun, 
longicornis, Schm. . . . un seul individu pris par moi aux environs de 

Béziers. 
meridianus, Lin très-commun à Béziers et à Toulouse; partout, sols 

les détritus. 

dorsalis, Fabr Béziers, dans les détritus des étangs; commun. 

brunnipes , Sturm. . . . très-commun dans le Languedoc , sous les détritus, 
flavicollis, Sturm. . . . Béziers, pas commun, dans les détritus. 

exiguus, Déj., et commun à Béziers sous les détritus des étangs, 

V. luridus, Déj. . . . plus rare à Toulouse, au bord de la Garonne. 

Amblystoamis , Erichsoil. 

metallescens, Déj Excessivement commun dans l'étang de Vendres, 

sous les pierres et les détritus . 



- 98 — 
Raymondi , Gautier. . . Toulouse, au bord des eaux, sous les pierres, rare. 

Daptus, Fischer. 

vittalus, Fisch Assez commun à Montpellier, dans le sable humide 

du littoral. Un individu a été pris à Marseillan, 
près Agde. 

FERONIDkE. 

\sti-is, Rambur. 

Salzmanni, Germ. . . . Béziers,, Toulouse, commun sous les pierres, au bord 
des cours d'eau. 

Platiderus, Stephens. 

dilatatus, Chaud très-rare à Béziers, sous les pierres, au bord des 

ruisseaux. 

rufus, Duft Béziers, rare, sous les pierres au bord de l'Orb. 

J'ai pris un individu à Toulouse dans la forêt 
de Bouconne, sous la mousse. 

Feronia, Latreiîle. 
S. G. Pœcilus, Bonelli. 

punctulata, Fabr rare à Béziers. J'ai pris quatre individus courant 

sur un chemin, à proximité des garrigues. 

cuprea , Lin très-commune à Béziers et à Toulouse, dans les 

détritus des . étangs de Vendres et de Vias et 
dans ceux des inondations des rivières. 

cursoria, Déj commun dans les détritus et sous les pierres, au 

bord des étangs dé Vendres et de Bages. 

dimidiata, Oliv le type se trouve dans les montagnes de St-Pons, 

la variété œnéa est excessivement commune à 
Béziers et commune à Toulouse, sous les pierres 
et courant partout. 

Koyi, Germar commune aux environs de Béziers, dans les luzer- 
nes, sous les détritus et sous les pierres. 

infuscata, Déj très commune dans les détritus des étangs de 

Vendres et de Vias. 

puncticollis , Déj même habitat et aussi commune qne l'infuscata. 



99 - 



S. G. Adelosia, Stephens. 

picimana, Duft assez rare à Toulouse, sous de grosses pierres, à 

Tounis. 



S. G. Lagarus , Ghaudoir. 

vernalis, Panz très-commune sous les pierres et dans les détritus 

des cours d'eau à Toulouse et à Béziers. La 
variété Maritima est surtout abondante dans 
l'étang de Yendres. 

inaequalis, Marsh. . . . Béziers, pas commune dans les détritus de l'étang 
de Yendres, 



S. G. Lyperus, Ghaudoir. 

elongata, Duft très-commune sous les pierres au bord de l'étang 

de Yendres. 
nigerrima. Béj rare à Béziers et à Toulouse, dans les détritus des 

inondations de l'Orb et de la Garonne. 

S. G. Omaseus, Déjean. 

nigra, Schal rare à Béziers, moins rare à Toulouse, dans les 

détritus des inondations des rivières, 
nigrita, Fabr. ..... commune à Béziers et à Toulouse dans les détritus 

des étangs et des cours d'eau, 
anthracina, Illig pas commune à Toulouse, dans les détritus des 

inondations, 
gracilis, Déj commune à Béziers (étang de Yendres) sous les 

pierres. 

S. G. Steropus, Déjean. 

madida, Fabr Toulouse; la plus commune des Feronia. On la 

trouve partout, surtout la nuit, dans toutes les 
immondices. 



S. G. Afoax, Bonelli. 
striola, Fabr rare dans les détritus de la Garonne. 



100 - 



Zabrus , Clairville. 

gibbus, Glairv très-commun, à Béziers et à Toulouse, partout, 

surtout en automne, courant sur les chemins. 

Amara, Bonelli. 

striatopunctata , Déj. . . étang de Vendres; quelquefois commune sous les 

pierres. 

rufipes, Déj idem. idem. 

nitida , Sturm un individu pris à Béziers, sous une pierre. 

trivialis , Gill excessivement commune à Béziers et à Toulouse. On 

la trouve partout, jusque dans les villes, courant 

au soleil, 
acuminata , Payk. . . commune à Béziers et à Toulouse, sous les pierres 

des étangs et dans les détritus de la Garonne, 
familiaris , Duft assez commune à Béziers et à Toulouse sous les 

pierres, un peu partout, surtout dans les lieux 

secs. 

S. G. Cciia, Zimmermann. 

ingenua, Duft étangs des environs de Béziers, assez commune sous 

les pierres, 
fusca, Déj Toulouse, au Pech-David, je l'ai trouvée enterrée 

au pied des plantes, en automne ; pas commune. 

S. G. Liocneinis, Zimmermann. 

eximia, Déj environs de Béziers, à Lespignan, sous les pierres 

des garrigues, pas rare. 

S. G. Braditus , Stephens. 

fulva, de Geer commune à Béziers, plus rare à Toulouse, sous 

les pierres, au bord des rivières, 
apricaria, Payk très-commune à Béziers. Même habitat. 

S. G. Percosia, Zimmermann 

patricia , Duft la variété zabroides est excessivement rare à Tou- 
louse. Je l'ai trouvée dans les détritus d'une 
inondation de la Garonne. 



- 101 



Sphodrus, Clairville. 
leucophthalmus , Lin. . très-commun à Béziers et à Toulouse, dans les 



caves. 

S. G. Fristonyclius, Dejean. 

terricola, Herbst très-commun à Béziers et à Toulouse, dans les 

caves et au pied des arbres. 

Algerinus, Gory ( je Pai P ris abondamment à Narbonne, sous des 

australis, Fairm. . . j P ierres » dans les fossés des remparts de la ville ; 
* l plus rare à Béziers. 

Calatfms, Bonelli. 

punctipennis, Germ. . . très-commun à Béziers et à Toulouse, au pied 

des saules et sous les pierres, un peu partout 

cisteloides, Illig idem. idem 

Gallicus, Fairm rare à Toulouse, dans les détritus des inondations 

de la Garonne. 

fulvipes, Gyll Béziers, Toulouse , sons les pierres et les détritus, 

, assez commun. 

fuscus, Fabr Béziers, moins commun, même habitat. 

circumseptus, Germ. . . Béziers, commun dans les jardins, sous les détritus; 

moins commun à Toulouse, 
melanocephalus, Lin. . . très-commun dans le Languedoc, sous les pierres, 

partout, 
mollis, Marsh très-commun sur le littoral, à Cette, Vias, Ven- 

dres, sous les détritus et au pied des plantes. 

Taphria, Bonelli. 

nivalls, Panz rare à Toulouse, sous les pierres, au bord de la 

Garonne. 

Doiichas, Bonelli. 

flavicornis, Fabr commune autrefois à Toulouse, plus rare aujour- 
d'hui, au pied des saules, en compagnie des 
Galathus punctipennis et cisteloïdes. 



— 402 - 



Anchomenus, Bonclli. 

angusticollis, Fabr. . . . très-rare à Béziers, assez commun à Toulouse dans 
les détritus des cours d'eau. 

cyaneus , Déj. ..... . Toulouse, assez commun dans les détritus de la 

Garonne et sous les pierres. 

prasinus, Thunb excessivement commun dans tout le Languedoc, 

sous les végétaux en décomposition et dans 
les détritus jetés par les cours d'eau. 

albipes , Fabr excessivement commun dans tous les lieux humides, 

dans les crevasses des tertres, sous les pierres et 
détritus des rivières. 

oblongus , Fabr rare à Toulouse, dans les détritus de la Garonne. 

S. G. Agonum, Bonelli. 

inarginatus, Lin pas commun à Toulouse, commun à Béziers, dans 

les détritus des rivières et ruisseaux , Vendres, 

sous les pierres, etc. 
sexpunctatus , Lin. . . . Toulouse, rare dans les détritus des cours d'eau, 
parumpunctatus, Fabr. . Béziers, Toulouse, très-commun dans les détritus 

et sous les pierres au bord des cours d'eau. 

Austriacus, Fabr très-commun à Béziers, au pied des saules, dans 

V. modestus , St. . . les étangs; plus rare à Toulouse dans les détritus 

de la Garonne. 

viduus , Panz excessivement commun à Béziers et à Toulouse, 

v. emarginatus, Gyll. sous les végétaux en décomposition, au bord des 

cours d'eau et des étangs, 
piceus, Lin Béziers, assez commun dans les détritus de l'Orb. 



oiisthopus . Déjean. 



rotundatus. Payk. . 
glabricollis, Germ. . 
fuscatus , Déj ... . 



assez commun à Toulouse, dans les détritus des 
inondations. 

assez rare à Toulouse, dans les détritus des inon- 
dations. 

très commun à Béziers et à Toulouse , sous les 
végétaux desséchés et sous les pierres. 



— 103 — 
POGONHLE. 

Patrobns , Déjean. 

rufipennis, Déj Béziers, Toulouse, pas commun, sous les pierres 

des ruisseaux desséchés et dans les crevasses des 
tertres humides. 

Pogonus, Déjean. 

pallidipennis, Déj. . . . étangs salés des environs de Béziers, sous les algues 
desséchées ; très-commun. 

httorahs, Duft très-comm un; on la trouve en compagnie du palli- 
dipennis. 

chalceus, Marsh étangs salés, pas commun. 

gilvipes, Déjean Cette, sous les algues desséchées, pas commun; dans 

les salins. 

riparius, Déj Vias, Cette, dans les salins, sous les végétaux dessé- 
chés ; commun. 

meridionalis , Déj. . . . avec ce dernier, plus rare. 

gracilis, Déj Vias, Cette, assez rare; on le prend en compagnie 

du riparius. 

testaceus, Déj idem. idem> 

TRECHIDiE. | 

Trechws, Clairville. 

discus, Fabr Toulouse, assez commun dans les détritus de la 

Garonne, 
longicornis, Sturm. . . idem. idem/ 

minutus, Fabr excessivement commun dans le Languedoc, sous 

les végétaux en décomposition ou secs, partout. 

Blemus, Déjean. 

areolatus, Creutzer. . . excessivement commun à Béziers et à Toulouse, 
sous les pierres et les détritus, tout-à-fait au 
bord des cours d'eau. 



/• 



Tachypus, Déjean. 

flavipes, Linné très-commun à Béziers et à Toulouse, sur le sable 

et sous les détritus, au bord des cours d'eau. 



— 104 — 

pallipes , Duft. ..... Béziers, Toulouse, commun; même habitat que 

flavipes. 
caraboides, Schrk. . . . Toulouse, pas commun, sous les végétaux en 

décomposition dans les endroits sablonneux et 

humides. 

Bembidium , Latreille. 

stiïatum , Fabr Toulouse, assez rare, dans les crevasses des tertres 

humides qui bordent la Garonne. 

punctulatum, Drapiez. . très-commun à Béziers et à Toulouse , sous les 
galets et courant sur le sable humide des cours 
d'eau. 



S. G. Leja , Déjean. 

pygmœum, Fabr pas rare dan? les détritus des inondations de la 

Garonne, à Toulouse. 

lampros, Herbst avec ce dernier, plus commun. 

aspericolle , Germ. . . . terrains sablonneux du littoral, à Sérignan , près 

Béziers, dans les racines d'une graminée; pas 

commun, 
hypocrita, Déj Toulouse. J'ai pris cinq individus dans des détritus 

d'une inondation, près Empalot. 
pusillum, Gyll très-commun à Béziers, au bord des étangs et des 

rivières, dans les détritus et sous les galets; com- 
mun à Toulouse. 

tenellum, Erich mêmes localités et mêmes mœurs; très commun. 

Sturmi , Panz Toulouse , Béziers , commun au bord des cours 

d'eau, 
articulatum, Panz. . . . idem. idem. 

S. G Lopha, Déjean. 

quadriguttatum, Fabr. . Toulouse, Béziers, commun sous les galets et dans 

le sable humide des cours d'eau, 
callosum, Kùster. . . . idem. moins commun, même habitat, 

quadripustulatum, Déj. . idem. idem, 

quadrimaculatum, Déj. . idem. idem. 

S. G. Peryphus, Déjean. 

elongatum , Déj très-commun à Béziers et à Toulouse, sous les 

végétaux en décomposition et sous les pierres, 
au bord des rivières, après les inondations. 



— 105 — 

Dahli, Dëj commun àBéziers, assez rare à Toulouse, même 

habitat. 

cribrum, Duv. ..... idem. idem. 

nitidulum, Marsh. . . . très-commun à Toulouse, commun à Béziers, même 
et ses variétés. habitat que les précédents. 

décorum, Panz très-commun à Toulouse et à Béziers, sous les 

galets au bord des rivières. 

tasciolatum , Duft. . . . commun dans le- Languedoc , même habitat que 
et ses variétés. décorum. 

tricolor , Fabr excessivement commun dans le Languedoc, idem. 

eques, Sturm assez rare à Béziers et à Toulouse : avec ces der- 
niers. 

ripicola , Duft pas rare à Béziers, à l'étang de Vendres, sous les 

et ses variétés. détritus. Inondations de l'Orb. 

distinguendum, Duval. . assez commun à Toulouse, dans les détritus des 
inondations et dans les crevasses des tertres 
humides du bord de la Garonne. 

femoratum, Sturm. . . . Toulouse, assez rare, dans les détritus des inonda- 
tions. 

Andrse, Fabr très-commun à Béziers et à Toulouse, sous les galets 

et dans les détritus , au bord des cours d'eau ; 
il est souvent dans le sable humide. 

fluviatile, Déj Toulouse, pas commun, dans les crevasses des 

tertres humides qui bordent la Garonne. 

ustulatum Lin, excessivement commun dans le Languedoc, sous les 

pierres et dans les détritus, au bord des rivières et 
ruisseaux, etc. 



S. G. Notaphus , Déjean. 

ephippium, Marsh. . . . marais salants de Yias, Agde, Cette, Sérignan, sous 
les végétaux en décomposition, en compagnie des 
Pagonus; très commun. 

varium, Oliv Béziers, Toulouse, dans les étangs et sous les détri- 
tus des inondations; commun. 

flammulatum , Clairv. . Toulouse, sous les feuilles sèches, dans les terrains 
sablonneux et humides, assez rare. 



2 me sous-genre. l«eja, Déjean. 



assimile, Gyli étang de Vendres, dans les détritus, pas rare. 

fumigatunf, Duft. . .. . idem. idem commun. 



06 



S. G. Phiiochtus, Stephens 

biguttatum , Fabr. . . . commun à Béziers, plus rare à Toulouse, dans les 
détritus au bord des cours d'eau. 

guttula, Fabr commun dans le Languedoc, dans les détritus, au 

bord des rivières. 

obtusum, Sturm commun à Béziers et à Toulouse, même habitat. 

S. G. Ocys, Stepbens. 

quinquestriatum, Gyll. . Béziers, Narbonne], Toulouse, sous les écorces , 
sous les vases à fleurs dans les jardins, rare. 

rufescens, Déj Béziers, Toulouse, lieux argileux et humides, dans 

les crevasses, très-commun. 



Focki, Hum. 



haemorrhoidialis, Déj . 
quadrisignata , Duft. . 
augustata, Déj 



parvula, Déj. . . . 
bistriata , Duft. . . 
nigrifrons, Fauv. . 

scutellaris , Germar. 



TacEiys, Déjean. 

Béziers, dans le terreau, rare, Toulouse, très-com- 
mun dans les détritus de la Garonne. 

rare à Béziers, dans les détritus des étangs. 

Béziers, rare, sous des galets, dans un ruisseau. 

commun à Béziers et à Toulouse, dans les détritus 
des inondations des rivières, 
idem . idem 

très-commun à Réziers et à Toulouse, idem. 

Toulouse, commun dans les détritus des inondation g 
et sous les pierres, dans les prairies. 

marais salants des environs de Béziers , sous les 
végétaux décomposés et dans le sable humide; 
très-commun. 



Anillus, Duval, 



caecus, Duv. 



j'ai pris deux individus sous des détritus enterrés 
au bord de la Garonne. MM. Lespès , Martin, 
Quérilhac et Bertout ont pris , dans le temps, 
cet insecte profondément enterré au bord du ruis- 
seau le Touch. 



- 107 



PRÉCIS DES HERBORISATIONS 

FAITES PAR LA SOCIÉTÉ d'hïSTOIRÊ NATURELLE DE TOULOUSE 
PENDANT L'ANNÉE \ 869 , 

Par M. Ed. TIMBAL-LAGRAVE , pharmacien. 



La Société d'histoire naturelle de Toulouse a eu l'heureuse 
initiative d'organiser diverses excursions, ayant pour but l'explo- 
ration scientifique des environs de Toulouse et de quelques contrées 
circonvoisines. Plusieurs de ces courses ont été suivies par des 
amateurs et par plusieurs membres très zélés de la Société. 

Mes honorables collègues ont bien voulu me charger de rédiger 
les observations qui ont été faites, en ce qui concerne la botani- 
que, afin de consigner le résultat de nos observations et de nos 
découvertes, dont pourront profiter la science et ceux qui, par 
des occupations ou tout autre motif, n'ont pu assister à ces 
réunions. 

Avant de commencer la lecture de mon travail, il me semble 
utile, je dirai même indispensable, de faire connaître quelles sont 
les bases qui ont servi à mes déterminations. Vous savez tous, 
Messieurs, qu'en ce moment les botanistes ne sont pas complète- 
ment fixés sur ce qu'on nomme espèce, parce qu'on ne peut 
en donner une définition complète, ni en limiter facilement les 
attributs. Des tentatives assez heureuses ont été faites ces der- 
nières années, mais encore personne n'a pu en donner une défi- 
nition qui puisse satisfaire tout le monde ; il en est de même pour 
savoir si l'espèce présente une imrputabifité absolue ou relative, 
ou bien si elle est sujette à varier, enfin, quelles sont les limites 
de ces variations. , 

De ces diverses opinions sont nées différentes manières de con- 
sidérer les espèces; les uns, se plaçant aux deux extrêmes, croient 
à l'immutabilité absolue, d'autres à la variété indéfinie, allant 



— 108 — 

même jusqu'à affirmer la transformation de l'espèce; enfin, les 
plus nombreux se réunissent dans une opinion intermédiaire 
qu'on a comparée, avec raison, à nos chambres délibérantes ayant 
la gauche, la droitej le centre, le centre droit, le centre gau- 
che, etc , mais tous tendant évidemment au même but par des 
moyens différents. Il résulte de ces opinions, contradictoires en 
apparence, plusieurs manières de considérer les espèces que les 
uns multiplient et les autres réduisent en admettant des variétés 
nombreuses. Dans cet état de choses, et en attendant que la 
lumière soit complète, voici quelle est ma méthode d'observa- 
tion et quelles sont les bases de mes déterminations. 

Je crois à la variabilité de l'espèce, mais dans certaines limites 
faciles à apprécier. Ces variétés, selon moi, tiennent à plusieurs 
causes, d'abord aux influences des agents physiques et chimiques 
du sol et de l'atmosphère, action complexe parce qu'elle peut agir 
à son tour de diverses manières 5 ensuite les cas de tératologie 
souvent héréditaires pendant plusieurs générations -, enfin , une 
cause très puissante à mon sens, c'est l'hybridité entre espèces 
congénères, croisement qui laisse quelque fois au sujet qui en 
résulte, la faculté de se reproduire en donnant des individus qui 
tendent, pendant un certain temps, à s'éloigner des caractères 
typiques. Mais cette propriété des végétaux est soumise, ou 
plutôt subordonnée, à la grande loi de l'atavisme, loi qui concourt 
puissamment à la conservation de l'espèce en agissant sur les 
plantes en sens inverse de l'hybridation, par la constante tendance 
à ramener tous les êtres vers leur type primitif. L'action de l'ata- 
visme est une action progressive ; elle s'exerce tantôt rapidement, 
d'autres fois il lui faut quelques générations pour recouvrer son 
influence. De l'action de ces deux modifications des types, l'un 
détruisant la constance des caractères, l'autre tendante la rétablir, 
résulte un certain embarras pour ceux qui ne sont pas prévenus 
ou qui croient à l'immutabilité absolue de l'espèce. Outre ces 
hybrides fécondes on trouve quelques individus stériles ; dans ce 
cas les hybrides prennent toujours la même forme et ont souvent 
été prises pour de véritables espèces, comme dans les Verbascum, 
les Digitalis, parce que dans cet état anormal elles présentent des 
caractères tellement tranchés que, depuis longtemps, une foule de 
ces plantes bâtardes sont figurées dans les livres de botanique, 
même les plus anciens, comme nous aurons à l'établir pour le 



— 109 — 

Salvia agrestis, Vill. et S. Pyrenaïca L., qui sont de véritables 
hybrides. 

A ces causes puissantes et qui exercent de grandes modifications 
dans les caractères spécifiques des plantes, nous devons en signa- 
ler une autre moins importante, il est vrai, mais qui cependant a 
entraîné plusieurs botanistes dans des erreurs graves. Il arrive, en 
effet, que quelques plantes vivaces, perennantes ou cespiteuses, 
prennent dans leur jeunesse des caractères qui se modifient sur les 
pousses que donnent leurs souches les années suivantes, comme 
on l'observe dans les Iberis, Hieracium, Centaurea et Saxifraga. 

Cela une fois bien établi, nous allons passer successivement à 
l'étude des espèces critiques ou douteuses que nous avons obser- 
vées dans les différentes excursions de cette année. 

Ficaria. — Dans les diverses courses, nous avons constaté que 
nous avons, à Toulouse, trois formes considérées par les bota- 
nistes modernes, tantôt comme trois variétés, tantôt comme 
trois espèces distinctes ; nous avons cherché à nous rendre compte 
de la valeur de ces deux opinions, cela nous était d'autant plus 
facile que ces trois formes sont immensément répandues dans nos 
environs ; elles sont même pour nos paysans de véritables mau- 
vaises herbes qui envahissent promptement des champs entiers, 
notamment le grandiflora , Rob. — On le nomme Glaujol en 
patois toulousain. 

Il résulte de nos recherches que ces trois plantes sont bien 
distinctes par des caractères assez tranchés, comme nous allons 
l'établir; elles viennent souvent ensemble dans les mêmes 
lieux. 

Ficaria grandiflora, Robert. — Grande plante, feuilles très 
grandes, étaléas, à lobes entiers, à sinus du bas du limbe très 
ouverts ; tiges avec une ou deux feuilles anguleuses , inégales, 
obtuses, ayant quelquefois des bulbilles à l'aisselle des feuilles ; 
fleurs grandes, huit à dix pétales, ovales, obtus, jaunes, luisants ; 
fruits globuleux, la plupart avortés 5 fleurit en mars. 

Ficaria ranunculoïdes, Mœnch. — Miniature de l'espèce pré- 
cédente, fleurit quinze à vingt jours plus tard; les feuilles sont 
ovales, plus longues que larges, limbes à sinus non ouverts, et 
recouvrant les pétioles, étalés sur la terre ainsi que les pédoncules. 



- 110 - 

Ceux-ci ordinairement aphylles ; fleurs petites à pétales plus étroits, 
moins nombreux, obtus et arrondis au sommet ; fruits ovoïdes, 
quelquefois avortés. 

Ficaria ambigua, Bor. — Plante grande ou petite, feuilles 
arrondies, plus larges que longues, anguleuses sur les bords, angles 
arrondis ; tiges dressées et étalées avec une feuille ou deux, sessiles 
très anguleuses au bord, étalés ainsi que les pédoncules sur le sol ; 
fleurs assez grandes à pétales étroits lancéolés, atténués au som- 
met ; fruits ovoïdes , presqu'aucun Carpelle n'avorte ; celui-ci 
fleurit aussi en avril. Ils sont tous communs partout. 

Viola. — Dans notre course de la Montagne-Noire, nous avons 
récolté plusieurs espèces de ce genre qui manquent dans la flore 
de la Haute-Garonne. 

I» Vîoia sudetica, Willd., qui couvre tous les talus des bords 
des chemins. Cette plante manque dans le pays Toulousain, mais 
elle est remplacée, dans les Pyrénées, par notre Viola Bubanii 
que Gay avait précédemment rapportée au V. grandiflora (Endres 
p. 48). Cette section nous donne encore, le Viola Timbali, Jord. 
abondant dans tout le département , excepté dans les vallées des 
basses montagnes où il est remplacé parle V. segetalis Jord, tandis 
que dans la région alpine inférieure abonde le Viola monticola 
Jord. du même auteur. (Vallée du Lys. Castanese). La section 
nomimium Gingins, nous a donné, cette année, quelques espèces 
intéressantes, dans la sous-section à tiges non feuillées. Nous avons 
vu dans les Pyrénées le V. palustris, la forme à petites feuilles, 
un peu acuminées, V. Pyrenaïca, de Cand , tandis que dans la 
Montagne-Noire, à Laprade (Tarn), nous avons récolté en masse 
le type à feuilles obtuses réniformes. Cette localité nous a encore 
présenté des Viola à tiges feuillées. Canina Var. ericetonim des 
auteurs qu'on trouve aussi dans les Pyrénées, tandis qu'on ren- 
contre dans les environs de Toulouse, le Viola canina, variété 
Lucorum Rechb. ; mais il est probable que ces plantes ne sont que 
deux états particuliers de la même espèce. Nous avons vu aussi 
dans toutes nos herborisations les Viola Riviniana Rechb. et 
silvatica Lamk, qui au contraire sont pour nous deux espèces 
distinctes. A Laprade nous avons récolté, en masse, le Viola 
vicina, de notre ami M. de Martrin Donos , qui nous a paru 
identique avec le Viola nemoralis, Jord. 



-_ 111 — 

Cardamine. — Depuis quelques années, M. Jordan a établi 
plusieurs espèces aux dépens du Cardamine pratensis des anciens 
auteurs. Sans rien préjuger sur la valeur de ces espèces que l'on 
distingue facilement avec un peu d'attention, nous signalerons 
celles que nous avons vues dans les courses de cette année. 

1° C. Herbivaga Jord. Diagnoses, p. 189. 

A grandes fleurs roses, pétales elliptiques très grands, rose vif, 
siliques peu étalées, en grappes allongées, terminées par un style 
court, stigmate globuleux ; feuilles radicales courtement ciliolées, 
lobes dentés, mucronulées , vertes, luisantes, souvent rougeâtres 
en dessous, lobe terminal grand, cordé à la base; tiges fortes de 
deux à trois décimètres, vertes, terminées par un grand nombre 
de fleurs, tiges simples, de trois à quatre décimètres. 

Vient dans les bois de Pressac, de Bouconne; fleurit en avril. 

2° Praticoîa Jord. Diag., p. 128. 

Celui-ci se distingue par ses fleurs blanches ou lilas clair, 
grandes, à veines nombreuses ; siliques très rapprochées, courtes, 
grosses, jaunâtres, égalant les pédoncules ; style plus allongé que 
dans le précédent ; par ses feuilles d'un vert sombre ciliolées, les 
inférieures à lobe terminal tronqués, non cordiformes, mais cré- 
nelés et mucronulés; les supérieures pinnatifides à lobes allongés, 
lancéolés, obtus, souches à tiges cœspiteuses de deux à trois déci- 
mètres-, fleurit en avril, abonde sur les bords de nos canaux et 
dans nos prairies. 

3. Udïcola Jord. Diag., p. 130. 

Cette plante se distingue des deux précédentes par ses fleurs 
plus petites et peut-être plus colorées. Ses feuilles d'un vert foncé, 
les inférieures à lobe terminal un peu en cœur, les supérieures 
courtes à lobes très rapprochés, lancéolés, obtus, le terminal du 
double plus grand ; les siliques sont appliquées, assez fines; tiges 
deux à trois, glauques de trois à quatre décimètres de hauteur. 

11 fleurit fin avril, plus tard que les deux premiers, auxquels il 
ressemble en miniature. Nous avons récolté cette plante dans les 
bois de Vaôur (Aveyron), et en abondance à Montoulieu (Aude), 
à Super-Bagnères près Luchon, àSaint-Gaudens, etc. 

Outre ces trois espèces, nous devons encore signaler deux autres 
formes qui, au même titre que les trois précédentes, doivent être 



— 112 — 

distinguées. La première, qui est assez abondante dans nos basses 
montagnes, notamment aux environs de Saint Béat, se distingue 
par ses fleurs petites d'un rose clair; ses calices sont verdâtres, ses 
pétales arrondis, échancrés en cœur au sommet brusquement, atté- 
nués en onglet ; par son style court, son stigmate aplati, ses siliques 
plus courtes que les pédicelles ; par ses feuilles inférieures à lobes 
elliptiques, obtus, entiers, non dentés, le terminal de même forme 
plus grand, atténué à la base; le limbe e*t même décurrent sur le 
pétiole; les supérieures sont pinnatifides, à lobes dressés, ellipti- 
ques, le terminal toujours tridenté; la tige est simple, de un à deux 
décimètres. 

Il fleurit en juin au col de Menthe et au bois de la Séoube près 
Boutz, Saint-Béat, et probablement ailleurs, sur le calcaire infé- 
rieur. Nous lui donnons le nom de C. monticola, Nob. 

La seconde forme appartient encore aux espèces à petites fleurs. 
Celle-ci a un aspect glaucescant, bleuâtre, très singulier ; les sépales 
sont verts, glauques; les pétales blancs à veines plus foncées, ellipti- 
ques, entiers, lestyle égalant lesétamines; les feuilles inférieures sont 
à lobes arrondis, inégalement dentés, mucronulés, le lobe supé- 
rieur à dents arrondies, mucronulés un peu en cœur à la base, à 
lobes ouverts, les eaulinaires inférieures entières, ovales, aiguës, 
avec une ou deux dents inégalement placées sur les bords mucro- 
nulés, le terminal de même forme, tronqué au sommet, avec 
cinq ou six dents tout autour, les supérieures pinnatifides, à lobes 
entiers étalés, ascendants, sessiles, très longs et obtus; siliques 
linéaires plus longues que les pédicelles, non rétrécies à la base; 
style très court et épais. 

Cette dernière est bien caractérisée et doit constituer une espèce. 
Elle est très commune dans le massif d'Arbas, en montant à 
Paloumère, parmi les nombreuses touffes de genévriers. El!c fleu- 
rit en juin. Cette plante très voisine du C. dentatade Scbultes que 
Kocb caractérise ainsi : Caulealtiore, foliolis foliorum caulinorum 
inferiorum angulato dentatis, pourrait bien être semblable à la 
plante de Galicie; mais comme cela n'est pas encore parfaitement 
démontré, nous lui donnerons en attendant le nom provisoire de 
C. Orophila, Nob. 

Arabis. — Deux opinions divisent les pbytographes sur Jes 
Arahis hirsuta et sagittata, Auct. 



- 113 - 

M. Grenier, Flore Jurassique, prenant en considération ses obser- 
vations sur la Flore du Jura et le texte des auteurs, propose de 
réunir ces deux plantes en une seule espèce. D'un autre côté, 
M. Jordan dans ses Diagnoses est d'avis d'établir, aux dépens de 
ces deux types anciens et du Gerardi des auteurs, une série d'es- 
pèces distinctes qu'il décrit avec la plus grande exactitude. Dans 
les courses que la Société a faites cette année, nous avons cherché 
toutes les formes qui de près ou de loin se rapportent à ces deux 
ou trois types. Nous avons aussi coliigé plusieurs formes très inté- 
ressantee que nous avons étudiées avec grand soin, mais il faut le 
dire, sans beaucoup de succès. Cela tient surtout à ce que nos 
échantillons laissaient à désirer. Dans quelques cas, les fleurs man- 
quaient, d'autres fois les fruits n'étaient pas en maturité. Dans 
cet état de choses, nous avons préféré soumettre ces plantes à des 
essais de culture comparative en suivant leur développement jour- 
nalier; nous pourrons ainsi arriver à un résultat précis. 

Biscuteiia. — Dans les courses de cette année, la Société a 
récolté aussi plusieurs formes de Biscutella, appartenant au groupe 
lœvigata. Ces différentes espèces sont difficiles à déterminer d'une 
manière précise, parce qu'il est rare de les trouver au moment où 
elles sont dans des conditions convenables pour présenter un 
ensemble de caractères spécifiques pour une bonne détermination, 
et plusieurs demandent une étude plus suivie. Nous nous borne- 
rons donc, pour le moment, à indiquer les formes que nous 
avons observées, sauf à revenir plus tard sur ces plantes liti- 
gieuses. 

Dans nos diverses herborisations nous avons trouvé des Biscu- 
tella que nous pouvons facilement diviser en deux groupes : le 
premier renferme les Biscutella à feuilles entières ; le second, 
celles à feuilles dentées, et ce dernier peut encore se subdiviser 
en deux : 1° fleurs en corymbes serrés; 2° fleurs en corymbes 
diffus ou allongés 

Le premier groupe k feuilles entières est représenté par une 
forme assez commune dans les Pyrénées, au col de Menthe près 
Saint-Béat, et plus haut près de l'henni tage d'Artigue-de-Lin, 
dans les Pyrénées centrales. Les souches sont bisannuelles, les 
feuilles radicales sont entières, obovales, obtuses, hérissées, de un 
à deux centimètres, celles de la tige assez grandes, de la même 



— 114 — 

forme; tige ramifiée au sommet, les rameaux sont ascendants, ter- 
minés par des fleurs dont la grappe fructifère est étroite, mais un 
peu allongée; les fleurs sont de taille moyenne, d'un beau jaune 
d'or; les silicules sont assez grandes, lisses en dessus, mais à 
veines saillantes; l'échancrure est assez grande et profonde. 

Nous avions donné à cette plante le nom de B. longifolia Vill ; 
mais, ne connaissant pas l'espèce de Villar, nous avons des doutes 
sur ce rapprochement (B. pratensis, Nob.). 

Dans le second groupe à feuilles dentées, vient se placer une 
autre forme commune sur la montagne de Cagire. Les feuilles 
sont encore plus grandes, mais aussi légèrement dentées ; les 
inférieures sont arrondies et orbiculaires ; les suivantes lancéo- 
lées à dents triangulaires, très grandes ; celles de la tige sont ses- 
siles et de même forme. La tige a les fleurs en corymbe assez serré, 
mais on voit à la base de ce dernier deux ou trois rameaux ascen- 
dants, dressés, portant à leur tour un petit corymbe de fleurs. Cel- 
les-ci sont jaunes, très pâles -, les grappes fructifères sont condensées, 
à silicules larges, lisses, à échancruros profondes. Cette forme se 
rapproche du B. Oreites Jord. Diagn.,293; mais ne connaissant de 
cette plante que la description, nous ne pouvons en donner une dé- 
termination définitive. On trouve aussi àCagire, en face de la cabane 
de la colline, une autre forme qui semble la miniature de la pré- 
cédente, mais qui a des feuilles bien plus petites. La tige simple 
monophylle, à fleurs en corymbes serrés, même après l'anthèse, 
blanc soufré à silicules lisses, sans aspérités , assez larges (B. 
alpicola, Jord. Diag., 295). 

Le troisième est une toute petite plante que nous avons observée 
dans la région alpine, autour du lac d'Espingo et au-dessus du lac 
d'Esquierry ; elle est dans toutes ses parties bien plus petite que la 
dernière. Ses fleurs sont plus jaunes et ses siliques plus petites, 
moins échancrées ; fleurit en août. Celle-ci pourrait bien être le 
B. Minor de M. Jordan. Diagn., 293. 

Capseiia bursa pastoris, L. et Auct. — M. Jordan a publié, au 
dépens de cette plante, plusieurs petites espèces qui toutes sont très 
répandues dans nos environs et que nous avons indiquées à nos 
collègues. C.prœcox Jord., rubella Reut., gracilis G.agrestis J. , 
virgata J. A cette liste, nous avons pu ajouter une espèce qui n'a 
pas été connue ou du moins publiée par M. Jordan. 



- 115 - 

Capsella stenocarpa Nob. 

Cette plante se distingue par son calice vert jaunâtre, sa grappe 
longue, étroite et très fournie, ses pétales blancs du double plus 
grands que le calice. Les anthères jaunes égalent les styles, cap- 
sules très longues et très étroites, insensiblement atténuées à la 
base ; sinus profond et étroit, lobes oblongs, obtus ; style très 
inclus; feuilles de la base entières ou lyrées, les caulinaires grandes, 
à dents profondes, inégales et aiguës. 

Cette plante fleurit en août et septembre tandis que le prœcooc 
fleurit en mars et avril, la virgata en mai, et la rubella peu de 
temps après. Elle abonde dans les fossés et sur les bords des che- 
mins. Toutes ces formes présentent une variété gracilis qui est 
pour nous une maladie et non une hybride, comme semblent le 
dire quelques auteurs. 

Aisine inti'îcata de Martrin, Flore du Tarn. — Mon excellent 
ami, M. de Martrin-DOnos, quand il rédigeait sa Flore du Tarn, 
me demanda mon avis sur cette plante, que nous avons aussi à 
Toulouse dans une foule de localités des environs. Elle habite 
toujours les murs en briques exposés au midi, rarement parterre. 
Je croyais, comme lui, que celte plante devrait constituer une 
espèce comme les Âlsine taxa Jord. et hybrida Jord. 

Mais depuis cette époque, ayant suivi cette plante, nous avons 
vu que non seulement Y Alsine tenuifolia prenait cette forme à 
grands rameaux embrouillés, qui caractérise VA. intrlcata, mais 
encore que YArenaria serpyllifolia L. prenait dans ces mêmes con- 
ditions une forme identique en tous points. Ce sont donc deux 
variations parallèles évidentes, qui infirment, ce nous semble, la 
valeur spécifique de cette plante qui n'était fondée que sur son 
port particulier. Nous croyons donc que ces plantes doivent être 
considérées comme deux variétés B. muralis, mais non comme 
des espèces. 

Fragaria. — Les auteurs de nos Flores locales et même ceux 
qui ont publié des ouvrages sur la Flore française ont décrit trois 
ou quatre espèces de fraisiers qui, soumis depuis longtemps à la 
culture, ont produit une foule de variétés que Duchesne a décrites 
à son tour en donnant un nom spécial à chacune d'elles. Mais 
les types sauvages n'avaient pas encore été étudiés avec assez 



- 116 - 

de soin et avaient dû suivre l'idée 1res accréditée d'alors que ce 
n'étaient que des variétés améliorées par les horticulteurs. 

M. Jordan, qui n'a cessé de porter son talent d'observation sur 
presque tous les genres, a pris un certain nombre de ces préten- 
dues variétés, les a soumises à des essais de culture et a constaté 
la permanence de leur caractère spécifique. La plupart même ont 
été figurées dans les Iconographies que ce botaniste publie avec 
M. Fourreau. En suivant les déterminations de ces deux savants 
botanistes, nous avons récolté les espèces suivantes : 

1° Fragaria suecica, Jord. et Fourr., brev. p. 43, tab. XXX. 
— Cette espèce est le F. collinade nos Flores. C'est la plus répan- 
due dans nos bois; nous l'avons récoltée dans les bois de Buzet, 
Castelginest, le bourg Saint-Bernard, les bois de Larramet, dePin- 
saguel et Portet. Dans ces diverses localités, cette plante estde petite 
taille, mais si le bois est un peu humide, elle devient plus grande. 
On la distingue facilement, outre sa petite taille, à ses fleurs blanc 
rosé, à ses pétales arrondis, presque sessiles, à insertion étroite, 
les étamines effilées égalant le réceptacle, calicules lancéolés, 
insensiblement atténués, fruits ronds et petits, feuilles petites à 
dents fines, soyeuses en dessous, obtuses. 

F. Thomasiana. Jord. et Fourr., Diag. tab. XXX, fig. 51, 
Brev. 14. — Ce fraisier, de taille un peu plus élevée, vient 
communément dans la basse montagne; il est commun à Saint- 
Gaudens, Cagire, Saint-Piancard, dans les bois ; nous l'avons vu 
aussi à Revel, près Saint-Féréol et Lampy -, enfin, nous l'avons 
récolté en mai dans la forêt de Buzet. Celui-ci est caractérisé 
par ses fleurs plus grandes, pétales arrondis à onglet plus large, 
limbe un peu rosé au centre; sépales larges plus brusque- 
ment acuminés , par son fruit allongé en cône, par ses feuilles plus 
profondément dentées, à lobes un peu atténués au sommet, presque 
pas dentés à la base, par sa taille plus élevée ; la plante n'est pas 
soyeuse comme la précédente. 

F. consobrina, Jord. et Fourr. icon. p. tab. XXIX, fig. 50, 
Brev. 13. — Le F. consobrina est assez répandu autour de Tou- 
louse ; nous l'avons déjà observé au bois de Larramet, dans le fossé 
du côté de Saint-Simon et dans un bois à Launaguet; il vient 
aussi dans les bois à Grisolles, Pompignan, Castelnaud. Il se distin- 



— 117 — 

gue par sa taille moyenne, ses fleurs grandes, à pétales arrondis, 
quoiqu'un peu plus allongés, atténués en onglets assez larges : 
sépales lancéolées, moins atténuées que dans la précédente, à 
pointes moins fines ; étamines effilés plus longs que le réceptacle ; 
par ses fruits arrondis déprimés au sommet , assez gros ; par ses 
feuilles vert jaunâtre, glaucescentes, pubescentes en dessous, à 
folioles ne se recouvrant pas; les inférieures forment par leur 
réunion un angle très ouvert , les supérieures de la base des 
rameaux linéaires. 

Fragaria cerinoalba, Jord. et Fourr. icon. p. tab. XXIV, 
fig. 49, Brev. 15. — Ce Fragaria est très voisin du précédent et 
vient aussi dans les bois. Nous l'avons récolté au bois de Lassère à 
Aufrery, près Balma ; nous l'avons vu aussi à celui de Fonsorbes et 
de Laramet. Use distingue néanmoins du précédent par ses fleurs 
d'un blanc jaunâtre, très sensible surtout à l'époque de l'épanouis- 
sement des fleurs ; les pétales sont très arrondis et un peu plus 
longs vers l'onglet qui est un peu rétréci et plus largement tron- 
qué, les sépales sont au contraire plus étroits; les fruits sont ronds, 
déprimés, mais généralement plus gros que dans le précédent ; les 
feuilles sont aussi plus arrondies, les lobes inférieurs sont plus 
rapprochés à la base, les lobes sont aussi plus obtus et se recou- 
vrent les uns les autres. 

Fragaria drymophila. Jord. et Fourr. icon. tab. XXVIII, 
fig. 48. Brev. 45. — Le Fragaria drymophila est une espèce de 
grande taille et mérite plus que tout autre d'être cultivée. Il cons- 
titue les fraises d'Arbas très renommées dans le pays par leur 
odeur suave; il est très commun, en effet, dans la forêt qui sépare 
Pennablanque de Paloumère et toute la région du massif d'Arbas 
et de Cagire; mais dans cette dernière le F. thomasiana est plus 
abondant. Nous avons vu le drymophila dans la vallée du Ger près 
le pont de l'Ouïe, plus haut dans la montagne, dans la vallée 
d'Aran autour de l'hermitage d'Artigue-de-Lin ; plus bas, vers 
Luchon dans la vallée d'Oueil et de l'Arboust, plus près de nous 
dans le bois de Pressac à Saint-Génies, au bord du fossé, enfin 
en quantité dans le parc de M. de Caumont, à Portet où il 
a été peut-être planté. Dans cette localité, les fleurs sont moitié 
plus petites que dans le type, ce qui nous donne quelques doutes 



— 118 — 

sur cette plante, qui n'est pas d'ailleurs franchement spontanée à 
Portet. 

Le ârymophila est bien caractérisé par sa taille plus élevée que 
les précédents (1); il a les fleurs petites, comparées à celles dont 
nous venons de parler, les pétales parfaitement arrondis, à 
onglets largement sessiles; sépales lancéolés, étroits, à pointes 
assez longues ; étomines à filets plus courts que le réceptacle ; 
feuilles minces, à lobes écartés, un peu pétioles et à grandes dents 
très profondes, surtout à la base du limbe. 

Ces caractères le distinguent très bien à première vue; les 
feuilles supérieures sont sessiles , larges, ovales et également 
dentées. Le fruit est gros, arrondi, non déprimé, d'une odeur 
suave. 

Fragaria silvulicola, Jord. et Fourr. p. tab. XXVII, 
fig. 47. Brev. 14. — Ce Fragaria est très remarquable par la 
grosseur et la beauté de ses fruits. Nous l'avons vu cultivé dans 
quelques jardins -, à l'état sauvage, il est très commun dans un 
fossé et une haie à Fontaine-Lestang près de Toulouse, sur le 
chemin dit de Baïsso Cambo-,vnous l'avons vu aussi dans une 
haie sur le chemin des Viltarelles, à droite, allant au bois de 
Larramet, et enfin, encore dans une haie à Blagnac. 

Il est de haute taille comme le drymophila, dont il se~distingue 
par ses fleurs plus grandes, à pétales ovales -, sépales de même 
l'orme, mais plus grands; étamincs à filets égalant le réceptacle ; 
fruits très gros, coniques, un peu resserrés vers le milieu ;" les 
feuilles aussi sont bien caractérisées par leurs lobes courts et 
arrondis, sessiles et se recouvrant largement, enfin par ces dents 
plus courtes et plus régulières ; les supérieures sont aussi atténuées 
à leur base et plus longues. 

Nous n'avons pu observer encore dans nos contrées le Dumeto- 
rum qui abonde , au contraire, dans le Jura, ni le Soyeriana 
connu aussi dans la Meurthe. 

Toutes les espèces, et surtout les dernières, sont cultivées dans 
nos environs, et vendues tout l'été sur nos marchés. 



(1) On trouve dans les fraisiers, comme dans toutes les plantes, des indivi- 
dus grands ou petits de taille, mais je parle dans le sens général en prenant 
des individus, normalement choisis. 



- 149 - 

Hieracium. — Dans les comptes-rendus des années prochaines, 
nous avons le projet de parler longuement des espèces critiques de 
ce genre; nous nous bornerons cette année à donner la liste des 
espèces que nous avons déjà récoltées dans le groupe des H. muro- 
rum et silvaticum des auteurs; ces plantes ont été en partie déter- 
minées par M. Boreau,,le savant professeur, auteur de la Flore du 
centre de la France, qui avec M. Jordan ont créé la plupart de ces 
espèces. 

Hieracium giaucinum, Jord. — Bois à Boussens, Revel, à 
Saint-Féréol, Saint-Gaudens, bois de Miremont; mai-juin. 

Hieracium similatum, Jord. — A Labarthe-de-Rivière ; juin. 

Hieracium spiiophœum, Jord. — Toulouse, bois de Lassère à 
Balma ; mai. 

Hieracium erubescens, Jord. — Montagne de Cagire; juin. 

Hieracium rarincevum, Jord. — Bois de.Pressac, sous Saint- 
Génies; mai. 

Hieracium bounophilum. Jord. — A Revel, Saint-Féréol et 
Lampy, à Sa'int-Geniés, près Toulouse. 

Hieracium commixtum, Jord. — Bois de Buzet et à Juset- 
dTsault, massif de Cagire-, juin. 

Hieracium silvivagum, Jord. — Bords du grand l'Hers. A 
Boulbonne, près Cintegabelle, à Carbonne, près Capens; juin. 

Hieracium conjugatum, Jord. — Bois de Bouconne. 

Hieracium prsestabile, Jord. — Bois de Pressac à Saint- 
Geniés ; juin. 

Hieracium paucifoiium , Jord. — A Bouconne ; bois de 
GrammoM; juin. 

Hieracium ovalifolium, Jord. — Toulouse, bois de Vieille- 
Toulouse ; juin. 

Hieracium pauchuevuni, Jord. — Massif d'Arbas à CouiïlO'- 
wère. 

Hieracium patulipes, Jord. — A Caslelmaurou, àMontrabé; 
mai. 

Hieracium prasinifolia. Jord. — Toulouse, Saint-Geniés. 



— 120 — 

Hicracïiira acutatum. — Boreau, en montant au lac d'Oô, 
près Luchon. 

Ilicracium pilosuium. Jord. — Montagne de Cagire près la 
Cabane. 
Hieracium viridicolum. Jord. — Sur la montagne de Cagire. 

ilicracium vasconicuui. Jord. — Bois de Lassère à Balma, 
bois de la Sillonne. 

Hieracium obliguum, Jord.. — Bois, à Nailloux. 

Hieracium umbeiliforme, Jord. — Bois de Bruyères, de 
Saint-Rustice, de Fronton. 

Hieracium virgultorum. Jord. — Bosquet des bains à Luchon. 

Hieracium pervagum, Jord. — Revel, dans les vignes. 

Hieracium alatum. — Lapeya-Arbas, Penneblanque et la 
grotte de la Barousse. 

Picris. — Nous avons dans les environs de Toulouse, en très 
grande abondance, le picris arvalis. Jord. Il abonde en été sur les 
tertres le long des champs. Le picris stricta, Jord., est plus rare, 
mais il se trouve à Villefranche, Nailloux, Avignonet, Saint-Léon 
et, à côté de ces deux picris, nous avons le picris Meracioides dans 
la partie montagneuse du département ; il est parfaitement dis- 
tinct par ses grandes feuilles, très rudes, lancéolées, longues et 
larges occupant, sans presque changer de forme, toute la longueur 
de la tige qui ne dépasse pas quatre à cinq décimètres ; ses 
grandes calathides à rayons longuement ligules le distinguent 
très bien. Si ce n'est pas l'espèce Linnéenne, elle devra constituer 
une espèce (picris macrantha) ; outre ces trois espèces , nous 
en avons une quatrième qui a passé inaperçue et qui nous 
paraît distincte des autres trois, principalement par son mode de 
végétation, que nous décrirons en détail après avoir donné la 
description de celte plante , qui est voisine du stricta et de 
Y arvalis. 

Picris Fiageiiaris. Nob. — Souche vivace, forte et vigoureuse, 
pivotante, donnant plusieurs tiges ascendantes de cinq à six déci- 
mètres, celles du centre dressées, se ramifiant tout de suite, en 
donnant de longs rameaux étalés, à angles droits très longs, de 



- 124 — 

deux à trois décimètres, ses rameaux à leur tour en portent d'au- 
tres petits et courts-, ils se terminent par une ou deux fleurs et il 
y en a ainsi plusieurs sur chaque rameau. Des tiges secondaires 
poussent après les premières, celles-ci sont encore plus longues, 
courbées et étalées sur le sol et donnent des rameaux encore plus 
longs, surtout d'un côté ; toutes les tiges se terminent par des 
rameaux en verticelles étalés, mais moins longs que dans Varvalis; 
calalhides de taille moyenne périclines à écailles extérieures, 
étalées, renversées, les intérieures lancéolées, couvertes ainsi que 
les rameaux de poils rudes, glanduleux, non visqueux ; ligules 
jaunes, dressés et rougeâtres en dessous, dépassant peu le péri- 
cline; styles jaunes livides; fruits roussâtres, allongés, obtus, 
striés finement en travers. 

Les feuilles inférieures sont longues, inégalement sinuées et 
dentées très rudes, à pointes placées en dedans et renversées, 
longues de un à deux décimètres ; les supérieures sessiles, 
embrassantes, cinq à six à la base des rameaux, dentées inégale- 
ment ; bractées, sessiles, embrassantes, atténuées en pointes rudes 
aussi et ciliolées. 

Cette plante, par son mode de végétation et la disposition des 
rameaux secondaires étalés, se distingue des P. arvalis et stricta 
desquels on doit la rapprocher. 

Elle est très commune aux environs de Toulouse, sur les berges 
des bords de l'Hers, de la Sillonne ; elle fleurit très tard, fin octo- 
bre ; c'est une plante qui prend en ces lieux de grandes pro- 
portions. Nous en avons vu des individus de plus d'un mètre 
de hauteur, ayant de cinq à huit tiges dressées ou étalées. 

Le Pi cris arvalis Jord. se distingue par sa tige plus basse, 
simple, ses rameaux courts, dressés, ses feuilles plus petites, plus 
régulièrement dentées, ses rameaux verticellés partant d'un même 
point, peu nombreux ; ses calathides plus petites, son péricline 
blanchâtre, à écailles plus courtes et plus larges, obtusincules à 
ses fruits courbés et bruns. 

Le Picris stricta Jord. se distingue par sa lige simple, très 
grande, raide et droite, par ses rameaux étalés, dressés courts, 
striés, beaucoup plus haut sur la tige, les calathides plus grandes 
une ou deux au sommet des axes, par ses poils plus raides, 
jaunâtres et ses feuilles plus entières et plus hérissées aux bords, 
mais plus manifestement et plus régulièrement dentées. 



- 122 — 

Scorzonera. — Le genre Scorzonera est représenté cette année 
dans notre précis par les Scorzonera plantaginea Schlei, qui est très 
commun à Saint-Gaudens, dans les prairies et autour du lac de 
Barbazan où nous avons rencontré, cette année, la forme à feuille 
étroite et à tiges plus élevées, tandis qu'à Avignonet nous avons 
récolté la forme type, à feuilles lancéolées, élargies et à tiges plus 
basses. Sur les coteaux de Muret, on trouve encore en quantité le 
5. hispanica, variété asphodeloïdes , de MM. Grenier et Godron; 
enfin, la Société a récolté dans la course de Montoulieu (Aude), 
une forme à souche, très grande et fibreuse, qui vient se placer 
entre le Scorzonera austriaca Gaud. et crispa Bieb. 

Le Scorzonera crispa, Bieb., a été signalé à Narbonne et à la 
Serre de Bouquet (Gard), par 'de Pouzols qui leur avait d'abord 
donné le nom de S. bupleiirifolia. 

Nous avons comparé la plante de Montoulieu qui appartient à ce 
groupe par sa souche multicante et à collet surmonté de nom- 
breuses fibriles, détritus des anciens pétioles avec le S. crispa 
de Narbonne ; notre plante diffère de cette dernière, par ses 
feuilles simplement elliptiques, un peu acuminées, non ondulées 
au bord ni crispées, à nervures concolores peu saillantes, à tiges 
plus grêles, minces, peu striées, à ses calathides plus petites et 
plus étroites, moins ombiliquées ; péricline plus allongé et écailles 
lancéolées. Nous n'avons pas vu la plante du Gard, que de Pou- 
zols a réunie plus tard au S. crispa du prodrome et à la plante 
de Narbonne, après l'avoir nommé d'abord S. bupleurifolia. 

Notre Scorzonera diffère encore du S. austriaca, de Gaudin, 
qui a les feuilles lancéolées, très allongées et le plus souvent 
linéaires {B. austriaca, B. angustifolia, Koch). Si les différences 
que nous signalons sont constatées, et qne les Scorzonera de 
Narbonne et du Gard soient identiques, il faudra donner un nom 
nouveau à la plante de l'Aude, qui nous semble différer de ces 
deux espèces. 

Elle vient en abondance sur les escarpements rocailleux, nom- 
més Saint-Roch , près Montoulieu (Aude), où le docteur Jean- 
bernat l'a trouvée le premier, pendant la session de la Société. 

Lappa. — Les auteurs des Flores de Toulouse et même des 
départements voisins, indiquent dans leurs ouvrages, le Lappa 
minor et major Gœrtn. Ces deux plantes sont, en effet, communes 



— 123 — 

dans le département de la Haute-Garonne, le L. minor habite 
la plaine et remonte, par les vallées, jusqu'à l'hospice de Luchon et 
au val de Burbe. Le L. major vient, au bord des chemins, dans 
toute la partie montagneuse du département, mais ne descend pas 
dans la plaine. La plante du bassin pyrénéen, signalée sous le nom 
de L. major par les auteurs, appartient au Lappa intermedia 
Rechb. comme on l'observe dans le bois de Larramet, près Tou- 
louse, Saint-Geniés et ailleurs. 

Il se distingue du L. major, Gœrtn, par ses calatbides glabres 
ou un peu aranéeuses , sessiles ou munies d'un pédoncule qui 
égale quelquefois le même volume que celles du major, mais plus 
ovoïdes, moins déprimées, disposées en grappes allongées, jamais 
en corymbe. Sa taille est aussi plus élevée,- dressée et non 
multicaule comme dans la plante de Gœrtner. 

Damasoninm stel&atum , Pers. — D. stellatum , B. flili- 
tans. Nob. 

Cette plante, très commune dans les fossés, a'utour du bois de 
Bouconne, à Pibrac, Léguevin et Mondonville, vient ordinaire- 
ment dans les fossés où l'eau séjourne une partie de Tannée. Dans 
ces localités, elle offre tousles caractères que les auteurs ont donnés 
en décrivant cette alimacée. 

Mais si dans les mêmes lieux on rencontre des mar^s à eaux 
profondes, où l'eau est abondante et se renouvelle durant toute 
l'année, cette plante prend des caractères particuliers, qui pour- 
raient tromper un œil peu exercé. Dans ces nouvelles conditions, 
les feuilles ont les pétioles beaucoup plus allongés; selon la pro- 
fondeur de l'eau, le limbe devient plus étroit, deux fois plus 
allongé, tronqué à la base, et les feuilles sont flottantes sur l'eau, 
tandis qu'elles sont ovales, cordées à la base, et dressées dans la 
plante venue dans les fossés ; la hampe suit "aussi la même modi- 
fication : elle s'allonge selon la profondeur de l'eau; l'espace qui 
sépare les verticilles des rameaux est double plus long ainsi que 
les pédoncules qui sont aussi plus égaux ; le bec même des fruits 
est bien plus long et plus étroit que dans la forme des fossés. 

Il est certain que ces caractères donnent à celte plante un 
faciès tout-à-fait différent et constituent une variété B. fluitans, 
comme on l'observe dans les plantes qui ont un semblable habitat, 
notamment hSagittaria sagittœfolia L. qui a les feuilles sagittées 



- 124 - 

dans les rivières à eau modérément courante ; allongées, vallis 
neriformis dans les eaux très courantes, et qui offre dans les 
marais à eaux dormantes, des feuilles hastées. S. sagittœfolia, 
variété hastata, Nob. 

Asphodelus. — M. Jordan a publié, dans ses Icônes, les des- 
criptions et les figures de plusieurs Asphodelus détachés de l'an- 
cien Asphodelus ramosus de Linnée. Sans rien préjuger delà 
valeur des déterminations et des distinctions établies par ce 
savant botaniste, nous allons donner la liste des espèces de ce 
genre que la Société a récoltées cette année, en les rapportant 
à celles qui ont été déjà figurées et décrites par MM, Jordan et 
Fourreau. • 

Dans la course du bois de.Vaôur (Tarn-et-Garonne),on a trouvé, 
le 26 avril 1869, dans les bois, V Asphodelus ambigens, Jord. Icônes 
Jord. et Fourr, Tab. CXXII. 

Dans les Pyrénées, à Cagire, à Luchon, V Asphodelus subalpi- 
nus G. G. fl.fr., Delphinensis Gren. (Mém. soc. émult. Doubs.), 
Jord. et Fourr. Tab. CXXIII. 

A Montoulieu (Aude), le 9 mai 1869, nous avons pris {'Aspho- 
delus Ozanoni Jord. et Fourr. icon. Tab. XIII. 

Enfin Y Asphodelus albus, de notre flore de Toulouse, devien- 
drait Y Asphodelus pijrenaïcus. Jord. et Fourr. icon. Tab. CXXII. 

Ornithogalum umbellatum des auteurs. 

Sous le nom d : 'ornithogalum umbellatum, les auteurs ont con- 
fondu plusieurs espèces affines, qui méritent d'être distinguées 
parce qu'elles offrent une série de caractères spécifiques d'une 
grande valeur par leur fixité et leur permanence. 

Ces plantes peuvent se diviser en deux séries , celles à 
pédoncules dressés ou étalés, et celles à pédoncules réfractés 
ou réfléchis après l'anthèse ; les unes et les autres ont été séparées 
et décrites avec une grande exactitude dans les icônes ad florum 
Europeœ, de MM. Jordan et Fourreau ; c'est à l'aide de cet ouvrage 
que nous avons pu déterminer celles que nous avons rencontrées à 
l'exception de deux espèces qui nous ont paru inédites; en voici 
la nomenclature. 

1° Pédoncules réfractés. 

Ornithogalum deciinatum , Jord. et Fourr. icon. pag. 50, 
pi. 77. 



— 425 — 

Fleurit le premier au commencement d'avril et abonde sur les 
bords du canal de Brienne et de la Garonne, dans les vignes à 
Lardenne et à Saint-Simon. 

2° o. divergens, Borean, Jord. et Fourr., pag. 50, pi. 75. 

Celui-ci fleurit 15 jours plus tard ; il est assez commun dans 
les berges herbeuses et luzernières à Blagnac, Ginestous, à 
Léguevin, Merinvielles, Grisolles. 

3° O. proliferum, Jord. et Fourr. pag. 29, pi. 73. 

Cet ornithogalum est commun sur les bords de la Garonne avec 
le précédent ; il fleurit en mai ; nous l'avons vu en masse à Bau- 
selle, les Sept-Deniers; il se distingue du divergens par les sépales 
intérieures atténuées en pointes comme les extérieures et de 
même longueur, tandis que les trois intérieures du divergens sont 
plus courtes, obovées, et les pédoncules plus longs et plus 
réfractés. 

2« Pédoncules étalés non réfléchis. 

1° o. tardons, Jord. et Fourr.,pag. 29, pi. 74. 

Cette espèce manque dans la Haute-Garonne , mais nous 
l'avons trouvée dans les garrigues, entre Alzonne et Montoulieu 
(Aude) où nous avons trouvé aussi une autre espèce Ornithogalum 
collinum de Gussonne dont nous avons, en heVbier, un échantillon 
authentique. 

2° O. collinum, Guss. Même localité. 

3° O. Peyrei, Nob. 

Fleurs de cinq à huit, en grappes, étalées, pédoncules grêles 
et étalés, dressés, ascendants, inégaux; bractées, scarieuses, 
blanches, lancéolées, très aiguës, égalant presque les pédon- 
cules, même les inférieures, divisions du périgone , lancéolées 
obtus au sommet ; les intérieures plus étroites, moins colorées sur 
le dos, un peu plus atténuées que les extérieures; filets des 
étamines, lancéolés, subulés au sommet ; style un peu plus court 
que l'ovaire; feuilles étalées sur le sol, plus longues que les tiges, 
larges et canaliculées en dessous, et blanchies par" un sillon central ; 
bulbes ordinairement trois, un central ovoïde, arrondi, et deux 
latéraux tenant au plateau ovoïde réniforme (1), quelquefois 

(1) Comme lescayeux de VAllium sativum L. 



— 126 

accompagné de quelques bulbilles de même forme que les latéraux, 
tunique très peu pellucide roussâtrc. 

Cette plante est très commune sur les bords de PAriège à la 
Groix-Falgarde, Goyrans , et fleurit vers la moitié de mai ; elle 
est très distincte de toutes les espèces publiées par MM. Jordan 
et Fourr. ; elle se rapproche de Yangustifolium, par ses bulbes 
latéraux, mais ils ne sont ni feuilles, ni réniformes, et d'un autre 
côté, la corolle est plus grande et la tige égale les feuilles, tandis 
qu'elle est beaucoup plus courte que les feuilles dans Yangusti- 
folium, Jord. et Fourr. 

Nous donnons à cette plante le nom d'O. Peyrei, en l'honneur 
de notre ami, M. Peyre, qui a découvert cette plante avec moi et 
a aussitôt reconnu ses caractères spécifiques et différentiels. 

Ornithogalum fasciculatum, Nob. 

Fleurs, cinq à huit en grappes, peu étalées, pédoncules* glabres, 
dressés inégaux avant l'anthèse, peu étalés, non réfléchis; bractées 
scarieuses égalant les trois quarts des pédoncules, celles des fleurs 
terminales les égalant; divisions extérieures du périgone lancéo- 
lées, obtuses, mucronées par une petite callosité noire-, les inté- 
rieures de même forme, mais plus étroites, atténuées sans mucron; 
filets des étamines atténuées au sommet en pointes fines. Anthères 
jaunes, dressées, oblongus, ovaire ovoïde, obtus ; feuilles très 
fines, roulées, grisâtres, n'égalant pas la grappe, mais atteignant 
les fleurs; bulbes très nombreux, de quinze à vingt- cinq, grands 
ou petits en faisceaux; ovoïdes très allongés et atténués au sommet, 
tenant entr'eux par un filet comme dans le 0. paterfamilias, 
Godron ; les bulbilles sont en grand nombre, de même forme et de 
toute grandeur, tous foliifères ; plante de un à deux décimètres de 
hauteur; elle se trouve dans les prairies de Portet et fleurit en 
mai • les tiges réunies forment de véritables bouquets de fleurs 
magnifiques. 

Cette plante est très distincte de toutes les espèces décrites par nos 
auteurs, son mode de végétation est des plus curieux, elle a quel- 
ques rapports avec l'O. paterfamilias, mais les bulbes n'ont pas 
la même forme, ils sont atténués, plus petits, coniques; les fleurs 
aussi sont tout-à-fait différentes, et les sépales extérieurs, par leur 
mucron noir et calleux, la distinguent sûrement des espèces de 
nouvelle création. 



— 127 — 

Brachypodhim. — M. Contejean a publié dans le Bulletin de 
la Société botanique de France, vol. XII, p. 218, une note où il 
propose de réunir en une seule espèce les Brachy podium pinnatum, 
ramosum et phœnicoïdcs^en basant ses observations sur des plantes 
que nous avions récoltées ensemble dans les environs de Toulouse. 

Je ne puis, pour ma part, partager l'opinion de mon ami Conte- 
jean ; il se peut, à la rigueur, que le Brachypodium ramosum du 
Midi soit le même que celui que nous avons récolté ensemble à 
Muret, quoique ce dernier diffère par ses feuilles de l'année 
étalées en carène et tronquées d'un vert jaunâtre, et par ses épiî- 
lets courbés en arc ; mais on peut dire que ces caractères ne sont 
pas suffisants et que la région, la station où se trouve cette plante, 
ont pu modifier ainsi le ramosum. Mais réunir ces deux plantes au 
B. pinnatum, c'est ici que nous sommes en complète divergence 
d'opinions. Le B. ramosum et pinnatum, outie les caractères tirés 
des ép'ilJets, des feuilles, etc., ont un mode de végétation tout-à- 
fait différent. Ces deux plantes ont bien la source rameuse à la 
base, mais elles se développent d'une manière tout-à-fait diffé- 
rente -, ce qui, je crois, a trompé mon ami, c'est qu'il a rédigé sa 
note avec les plantes en herbier. Il a vu d'une part le Brachypo- 
dium ramosum à feuilles roulées sétacées et aiguës, de l'autre côté 
le B. pinnatum à feuilles aplaties rubannées; il a placé au milieu 
le B. phœmcoïdes, qui a, à l'état frais, les feuilles vertes en dessus 
glauques en dessous et aplaties rubannées. Les épillets glabres, 
ovoïdes et aigus avec une arête, tandis que secs ou en herbier les 
feuilles se roulent; la face inférieure est seule visible, elles sont 
glauques, fines, sétacées par l'enroulement. Cette plante, que 
nous avions rencontrée à Avignonet, était pour M. Contejean 
l'intermédiaire entre les deux et il concluait* de là à la réunion 
de ces trois plantes. 

Nous avons vu, depuis et bien souvent, ces plantes-, celte année 
encore, nous avons récolté à Montoulieu (Aude) le ramosum et le 
phœnicoïdes. Nous ne doutons pas que ce ne soit deux espèces à 
l'abri de toute critique ainsi que le pinnatum qui abonde dans tout 
le bassin sous-pyrénéen. Ces plantes sont, du reste, bien connues 
de tous les botanistes, à l'exception peut-être du B. phamicoïdes, 
quoiqu'il ait été figuré admirablement par Gérard, fig. 2, pag. 95. 
Sous le nom de Poa,panicula erecta, spiculistrifloris, glabris corol- 
lis acuminatis, calyce duplolongioribus, Reiohard 1, pag,. 206, en 



— 128 — 

fit le Festuca pkœnicol'des. Decand, FI. Fr., pag. 85, le Triticum. 
phœnicoïdes. 

Festuca. — M. Duval Jouve, un des botanistes les plus distingués 
qui s'occupent avec succès des Glumacées, m'écrivait un jour : je 
ne connais rien au monde de plus embarrassant que les Festuca des 
Pyrénées et, cependant, ce botaniste n'a pas herborisé dans les 
Pyrénées. Que dirait-il s'il avait parcouru ces montagnes où il 
n'aurait pas manqué de voir les formes innombrables de Festuca 
qu'on trouve à chaque pas, depuis la plaine jusqu'aux sommets les 
plus élevés. J'ai le projet de faire un jour un travail sur toutes ces 
formes dont je poursuis l'étude depuis bien des années. En atten- 
dant que mes recherches soient terminées, je vais parler de trois 
Festuca que nous avons récoltés cette année, pendant les courses 
delà Société, et qui toutes les trois sont cultivées dans mon jardin. 

Festuca cagiriensïs, Nob. — Panicules dressées, étroites, 
oblongues, unilatérales, peu étalées pendant l'anthèse ; rameaux 
rudes, (luxueux, hispides'; pédicelles, inégaux, assez courts, 
arrondis, rudes, hispides par des poils rudes, épaissis sous les 
fleurs, portant trois ou quatre épiilets; ceux-ci elliptiques, formés 
de quatre à cinq fleurs séparées par un axe articulé sous chaque, 
fleur, l'articulation arrondie, lisse ; glumes ovales, lancéolées, 
inégales, plus courtes que les glumelles, l'inférieure un peu 
ciliolulée au sommet; la supérieure plus grande, carénée, moins 
atténuée en pointe et ciliolulée aux bords, glumettes égales ; 
l'inférieure ovale, lancéolée atténuée, ciliolulée aux bords et 
terminée par une arête droite, bidentée très visiblement. La 
supérieure, bordée et cilicéeau bord; feuilles d'un vert bleuâtre, 
glabres et caniculées en dessous avec des stries dont deux très 
saillantes sur la face supérieure, longues de trois à cinq déci- 
mètres, jonciformes et cassantes, atteignant le plus souvent le 
sommet des panicules. Les caulinaires sont courtes et de même 
forme, aiguës, à gaine lâche et ligules tronquées, très épaisses ; 
elles atteignent le panicule, et même on en trouve des fleurs qui 
sont encore enveloppées par les gaines. Souches très fortes et très 
compactes, formées par des milliers de tiges qui font une touffe 
immense ; tiges de trois à cinq décimètres, très feuillées, plante 
très remarquable formant d'immenses gazons. 

Elle couvre avec la F. varia et une autre Festuca : dont la 



— 129 - 

détermination est moins avancée, tout le sommet de Cagire : depuis 
le point le plus élevé jusqu'à la croix, elle forme de magnifiques 
gazons. Dans les éboulis des rochers, il y a des pieds dont on 
pourrait faire des centuries. Les moutons la mangent avec avidité? 
elle pourrait servir à faire de belles pelouses, mais cependant ces 
animaux préfèrent la seconde espèce qui est plus tendre; fleurit 
sur la fin de juin, jusqu'au mois d'août. 

Cette plante appartient au groupe de Festuca eskia, Ram., que 
les botanistes réunissent bien à tort avec le Festuca varia Hœnk, 
qui n'a aucun rapport avec Y eskia, si ce n'est peut-être le mode 
de végétation et encore, à mon avis, ces deux plantes constituent 
deux espèces parfaitement tranchées, on pourrait même dire deux 
groupes distincts. 

Les Festuca cagiriensis constituent aussi une autre espèce qui 
doit se placer, par ses feuilles fortes, jonciformes et dures, près du 
Festuca eskia, mais sa panicule le rapproche des formes du durius- 
cula, plutôt que du F. varia Hœnk. Son mode de végétation, et 
les caractères que j'ai cités le distinguent très bien des espèces 
déjà connues. Je n'ai pas besoin d'insister et dirai seulement que, 
comme tous les Festuca, il présente quelques variétés que j'aurai 
l'occasion de signaler plus tard. 

Festuca ochroieuca, Nob. — Panicule lancéolée, dressée, 
unilatérale, peu étalée pendant l'anthèse ; rameaux pubescents, 
fortement striés, aplatis, pédicelles hérissées, flexueux, assez épais- 
sis au sommet, longs ; 4 à 5 épillets ovales, lancéolés, glauques 
et roussâtres, portant 3 à 4 fleurs; axe court non articulé. 
Glumes lancéolés, fortement carénés, pâles et jaunâtres, un peu 
verdâtres sur la carène, et hispidules au sommet. Glumelles beau- 
coup plus grandes, d'un jaune pâle; l'inférieure hispidule et termi- 
née par une arête assez longue, flexueuse et finement dentée, la 
supérieure plus courte et plus petite, finement ciliée aux bords, 
très enveloppés, par l'enroulement de l'inférieure. Feuilles toutes 
filiformes, capillaires, d'un vert sombre, dressées, les vieilles jaunâ- 
tres, jonchant le sol et formant autour des touffes, des espèces de 
coussins ; celles de la tige sont conformes, à gaine peu enflée, 
ligules courtes, tronquées ; elles sont très rapprochées de la pani- 
cule qu'elles enveloppent souvent, tandis que les inférieures la 
dépassent toujours très longuement ; souche assez forte ; elle forme 



— 130 - 

de petites touffes qui donnent de 20 à 50 tiges florifères de 5 à 4 
décimètres de long, très grêle, filiformes, velus, dès que la tige 
sort de lu dernière feuille qui est, comme je l'ai dit, très rap- 
prochée du sommet. 

Cette plante est très commune dans le massif d'Arbas, elle suit 
la formation calcaire où elle forme de très beaux gazons, à la 
Penna Blanque et Penne Nère, à Coumonvère, à Paloumère, etc.- 
elle fleurit au mois d'août. 

Il nous est encore difficile de rapprocher celte plante des espèces 
signalées par les auteurs. Elle offre quelques variétés que j'étudie, 
notamment une forme à épillets hérissés et une autre à feuilles 
glauques qui pourraient bien être des variations parallèles à celles 
qu'on a observées dans d'autres espèces de ce genre -, mais je ne 
saurais en ce moment me prononcer avec assez de certitude. 

Festuca consobrina, Nob. — Schœnodorus consobrinus, Nob. 

Festuca spadieca, Àrrond., FI. Toul. 9 pag. 62 ; Festuca 
spectabilis, NouK, FI. analytique de Toulouse, pag. 189. 

Le Festuca consobrina, Nob., a été considéré par M. Arrondeau 
comme étant le F. spadicea, L., très abondant dans la région alpine 
inférieure des Pyrénées, tandis que M. Noulet le rapporte au Fes- 
tuca spectabilis, J., qui est une plante du Tyrol méridional qui a 
été signalée depuis par M, Godron au bois de Fondfroide près 
Narbonne. 

Nous avons à notre tour étudié avec soin la plante de Toulouse 
et nous l'avons comparée avec des échantillons de Festuca specta- 
bilis authentique. Nous avons aussi consulté la ligure 529, tab. 140 
du FI. Germ. de Reichembak. Nous sommes convaincu que 
notre plante ne peut pas être rapportée à cette espèce. 

Nous avons fait de la même manière avec le Festuca spadicea 
que nous avons vu très souvent dans nos herborisations, dans les 
Alpes de France, de Savoie et dans les Pyrénées. Notre plante, 
quoique plus voisine à notre avis du spadicea que du spectabilis, 
diffère encore de ce dernier d'une manière très manifeste. 

Nous avons vu cependant que notre plante est conforme avec 
une plante commune dans les Pyrénées-Orientales que j'ai moi- 
même récoltée à Prades, et qui porte dans quelques herbiers le 
nom de spadicea, et dans d'autres celui de spectabilis. Nous nous 
sommes alors demandé, si ce n'était pas aussi la plante de Nar- 



— 431 — 

bonne signalée par M. Godron, ce qui nous expliquerait très bien 
la détermination de notre savant et illustre maître M. Noulet.Mais 
si cette hypothèse est vraie, l'erreur viendrait de M. Godron, car 
notre plante ne peut être rapportée à l'une ni à l'autre ; dans 
tous les cas, ce serait un F. spadicea. Mais le F. spadicea L. diffère 
du F. consobrina par sa panicule plus étroite, plus courte et plus 
resserrée, parce que ses épillets sont bien plus courts et plus con- 
densés et ses pédicelles presqu'égaux et lisses, par ses gluines 
égales, concolores avec les glumelles qui sont d'un jaune fauve. 
Les glumelles ont des nervures plus saillantes ; les fleurs sont, 
en outre, plus petites. Les tiges sont grêles, moins élevées, les 
feuilles plus étroites et moins glauques. 

Le F estuc a spectabilis J. s'en approche par l'ampleur de sa pani- 
cule, mais les fleurs sont encore plus petites, concolores, d'un 
jaune doré et la panicule est, d'ailleurs, plus longue et plus large. 

Les pédicelles sont plus grêles, plus longs, inégaux et très 
scabres ; les glumes sont égales, concolores, les glumelles lancéo- 
lées, à nervures saillantes. La plante est très robuste, à feuilles ver- 
tes, aplaties, striées, ne s'enroulant pas. 

Le Festiica consobrina Nob. diffère de tous les deux par sa pani- 
cule courte mais large ; les pédicelles sont inégaux, grêles, peu 
épaissis au sommet, épillets de 4 à 5 fleurs, toutes fertiles, même 
celle qui termine l'axe qui est plus grêle. Les glumes sont très 
grandes, blanchâtres, couvrent presque toutes ses fleurs. Les glu- 
melles sont fauves, mucronées, purpurines sur le dos, à l'état 
frais, ce qui donne une couleur particulière à l'épis -, les feuilles 
sont concaves, glauques en dessus, fortement striées et vertes en 
dessous, ce qui est l'inverse dans d'autres plantes , ellds sont plus 
larges que celles du spadicea, mais moins que celles du spectabilis 
qui, au reste, n'ont pas la même forme. 

Toute la plante est parfaitement glauque, les rameaux forts et 
vigoureux, mais beaucoup moins que ceux du spadicea. La sou- 
che est la même, et ces trois plantes semblent avoir le même mode 
de végétation. 

Cette plante est très commune à Bouconne : elle fleurit en mai. 
Le spadicea, dans nos montagnes, n'est en fleur qu'en juillet 
et août, mais le spectabilis de Fondfroide fleurit aussi en mai, 
d'après M. Godron et Gren. FI. Française et cor. 5, p. 579; elle 
vient aussi à Colomiers, sur les coteaux de Muret; M. de Larem- 



— 132 — 

bergue nous l'a envoyée du Tarn. Nous l'avons aussi récollée à 
Prades, dans les Pyrénées-Orientales. Cette plante a été cultivée 
longtemps dans notre jardin, où elle se montre très constante et 
ne varie pas du tout dans ses caractères. 

Comme vous le voyez, Messieurs, dans ce travail nous avons 
donné une grande importance à l'analyse minutieuse des faits ; 
peut-être une certaine école, dont j'apprécie la valeur et le talent 
des botanistes qui la défendent, trouvera que je n'ai pas fait une 
assez large part à la synthèse, en divisant un peu trop les formes 
que nous avons étudiées ; eh bien ! je dois dire que je l'ai fait 
exprès, parce qu'il me semble que ce genre d'étude ayant pour 
but d'appeler l'attention de la Société et des botanistes qui s'inté- 
ressent à notre flore, il fallait autant que possible, mettre les faits 
en saillie et prendre le système d'observation le plus large et le 
plus étendu, parce qu'une fois les caractères des plantes bien 
exposés par une analyse exacte et rigoureuse, il ne restera plus 
qu'à s'assurer de leur fixité et de leur permanence. Ces faits bien 
établis, la synthèse n'est plus rien ; vous pourrez, selon le système 
adopté, mettre toutes ces plantes à leur véritable place, soit que 
vous soyez partisan de l'immutabilité absolue de l'espèce, soit que 
vous donniez la préférence à la variabilité relative ou indéfinie : ce 
qui est aussi la transformation. 



Plantes rares ou nouvelles pour la Flore du 
bassin sous-pyrénéen. 

Anémone rosea Hanry. — Champs à droite et à gauche de la 
route de Launaguet à Saint-Geniés ; avril , découverte par 
M. À. Peyre. 

Fumaris.spcciosa, Jord. — Bords des champs , à Brax près 
Léguevin, découverte par la Société, avec VErodium moschatiim. L. 

Papavcr modestum, Jord. — Dans les champs à Saint-Sulpice 
sur Léze ; à Muret ; MM. Filhol et Timbal-Lagrave. 

Capseiia rnbella, fieut. — Commune partout, mais ne vient 
pas sur les murailles; mai. 



— 133 — 

Cardamine silvatïca, Link. — Cette plante n'a jamais été 
trouvée par moi, dans le bassin sous-pyrénéen où elle doit être 
rare, mais elle abonde dans le massif d'Arbas et fleurit en juin -, 
MM. Filhol, Jeanbernat et Timbal-Lagrave. 

Emcastrum obtusangiiluin., Reicbe. — Commun dans les 
vignes à Revel ; MM. Filbol et Timbal-Lagrave. 

Silène puberula, Jord. — Ce silène séparé du S. inflata est 
très commun dans le Lauraguais , le Toulousain et remonte 
jusqu'à B.-de-Luchon où il est assez commun sur les bords des 
champs cultivés; MM. Peyre et Timbal-Lagrave. 

Althea narbonensïs, Pourr. — Cette plante a été trouvée aux 
bords du Fresquel aux Bigarras, près le mas Saintes-Puelles, par 
M. Anglade. Cette localité mérite d'être citée, parce qu'elle n'est 
pas très éloignée des limites de notre flore. Nous pourrons la trou-' 
ver du côté de Saint-Félix. 

Trifoiium maritiiMuin, L. — Sur la route, entre Gémil et 
Montastruc, dans le bassin du Tarn ; par la Société en session" 
ordinaire. 

Lathyms annuus, L. — Rive gauche de la Garonne , entre 
Pinsaguel et Portet; juin 5 MM. Lézat, Jeanbernat et Timbal- 
Lagrave. 

Cardans niartriuU, Timb. — Abonde à l'Isle-en-Dodon ; 
juillet. 

Carduus pycnocephalus, L. — Sur le chemin qui conduit dfi 
bac de Portet à Lacroix, en suivant le grand chemin, à Auterive 
dans un fossé près d'une grande minoterie-, juillet; MM. Filhol et 
Timbal-Lagrave. 

Hedypnoïs cretica, Wild. - Rive gauche de la. Garonne, entre 
Portet et Pinsaguel ; juin ; MM. Lézat, Jeanbernat et Timbal- 
Lagrave'. 

Taraxacum erythrospermuui, Andr. — Canal de Brienne 
(Peyre), côte de Perpan. M. Timbal-Lagrave. 

Verbascum glabrum, Mill. — Champs et fossés à Saint-Sul- 
pice-sur-Lèze. MM. Filhol et Timbal-Lagrave. 



- 134 *- 

Euphorbia ah^uiata, Jacq. — Juin ; foret Je Bouconne (dé- 
couvert par la Société en séance ordinaire). 

Lcmna arhysa, L. ( Marais à Ondes, sur les bords de Ja 
Lenina polrrliysa, L. ) Garonne. M. Timbal-Lagrave. 

Orchis alata, Fleury. — A Balma, dans une prairie à gauche. 
Cette plante a été trouvée aussi par la Société, en session extraor- 
dinaire, dans une prairie entre Saint-Denis et Lacombe (Mon- 
tagne Noire) toujours comme à Toulouse avec les morio et 
laœiflora, Lamk. 

Rumex vïncaHs, Timb. — Cette plante couvre entièrement les 
vignes dans tout le bassin du Tarn. On la distingue à de grandes 
distances par l'aspect rouge vineux que prend cette plante, cou- 
leur qu'elle donne au sol quand elle est aussi abondante et vue de 
loin. M. A. Peyre. 

Narcîssus biflorus, Curt. — Escarpement derrière Blagnac, 
sans doute échappé des jardins (A. Peyre) -, il vient à Nailloux dans 
les mêmes conditions. M. Timbal-Lagrave. 

Narcissus tazcta, L-, hermione modesta, Jord., Brev. 142. — 
Rive droite de la Garonne, en face Blagnac, dans les prés ayant une 
apparence de franche spontanéité. MM. Rivière, Peyre et Timbal- 
Lagrave. 

Carex pîiuiîfera, Lin. — Bois de Bouconne sur la route de 
Mondonville à Lévignac, en face du 40 me kilomètre (découvert par 
la Société). 

Agrostis intermpta, L. — Sur la route entre Gémil et 
Montastruc, par M. Timbal-Lagrave. 

Festaca ovina, L. — Bois de Buzet. Timbal-Lagrave. 

Bromus riibens, L. — Bords de la Garonne à l'Embouchure 
(Timbal-Lagrave). 

Outre ces plantes, la Société, dans ses courses extraordinaires, 
a découvert quelques espèces nouvelles pour notre département; 
mais le catalogue n'en ayant pas été publié , nous ne pouvons en 
citer la liste en ce moment. 

Toulouse, 51 décembre 4869. 



— 135 — 

SUR QUELQUES INSECTES COLÉOPTÈRES 

DE LA. FAMILLE DES CHARANÇONS 
Par M. MARQUET. 



J'ai l'honneur de soumettre à la Société quelques curieux 
insectes Coléoptères de la famille des Charançons (curculionites) 
du Midi de la France, et destinés à figurer dans la collection de 
notre Musée. 

Les espèces que je fais passer sous vos yeux, sont : 

Raymondia Marqueta (Aube), insecte voisin du Charançon du 
blé (Sitophilus granarius), mais complètement privé d'yeux ; il a 
été, jusqu'à ce jour, excessivement rare dans notre localité ; cepen- 
dant nous sommes parvenu, il y a une dizaine de jours, à en 
reprendre une vingtaine d'individus dans le chevelu des racines de 
divers végétaux qui croissent sur les tertres, un peu humides, 
des bords de la Garonne. Nous avons pris cet insecte, pour la pre- 
mière fois en janvier 4861 ; il n'a jamais été pris ailleurs, que 
nous sachions ! 

( Aubei (Marquet) { _ 
Raymond H Perrisi (Grenier) l Insecle é g aIement av ^gle , 
plus rare que le précédent et vivant dans les mêmes conditions. 
Un seul individu de cette espèce a été trouvé, dit-on , à Sos 
(Lot-et-Garonne), par M. Bauduer : tous les autres, soit une tren- 
taine, proviennent de Nous. Ce Charançon n'a pas été retrouvé 
depuis 4 ou 5 ans. 

Coniatus Tamarisci Fabricius) . 
Coniatus DeyroljLei (Capiomont). 
Coniatus répandus (Fabricius). 



- 130 — 

\ suavis (Gvllenhal). 
Coniutus , \, ,w . \ 

( chrysoclilora (Lucas). 

Ces magnifiques insectes, ne cédant en parure à aucune espèce 
de l'Equateur, se trouvent sur le Tamarix gallicus qui croît sur 
le littoral. Une espèce, le Coniatus Wenkeri (C-ipiomont), vit sur 
le Tamarix germanicus aux bords du Rhin. 

Les larves des Coniatus se fabriquent une coque ovoïde revêtue 
d'un réseau à mailles irrégulières et ayant l'aspect d'un tissu ^e 



Lixus scabricollis (Bohemail). 

Espèce très petite qui, jusqu'à ce jour, n'avait été trouvée qu'en 
Portugal et en Algérie. Nous avons découvert ce rare insecte dans 
un jardin potager, à Toulouse, vivant aux dépens de la poirée. 
{Bcta cxjcla). 

Ssnicronyx cyaneus (Gvllenhal), et non A pion cyaneus, 

comme l'ont nommé certains auteurs. 

Cet insecte a été , pendant longtemps , fort rare dans les 
collections. En mars 1860, nous trouvâmes cette espèce en si 
grande quantité aux environs de l'Observatoire de Toulouse, que 
l'on aurait pu en remplir un boisseau dans la journée. La larve et 
l'insecte parfait vivent aux dépens des racines de la luzerne 
(Medicago sativaj. et conséquemment portent un très grand pré- 
judice à ces végétaux lorsque l'hiver n'est pas rigoureux. 

Baridius opiparis (J. Du val). 

Joli charançon trouvé, pour la première fois, par nous, aux 
environs de Béziers et de Cette ; sa larve vit dans les racines des 
Crucifères, notamment dans celles de la Smapis incana. L'insecte 
parfait, qui est très rare,' se trouve au collet des plantes précitées. 

Ceutliorhynchus Grenieri (Ch. Brisout). 

Insecte connu depuis longtemps, mais décrit depuis peu. La 
larve vit dans les racines des Crucifères (colza, moutardes, etc.) 

Toulouse, 19 février 1870. 



PROCÈS-VERBAUX 



U} 



BULLETIN 



r r 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

DE TOULOUSE. 
TROISIÈME ANNÉE 1868-1869. 



PROCÈS-VERBAUX. 



Séance du 43 novembre 1868. 
Présidence de M. le D r Guitàrd, vice-président. 

Le président annonce deux présentations. 

La Société reçoit : 

De la part de M. L. de Malafosse , un pic épeiche et un faucon. 

De la part de M. le professeur L. Soubeyran, le tatou de Chine, 
un chevrotin de Chine, une série d'œufs et d'embrions de poissons 
élevés dans la Meuse 

De la part de M. le professeur D. Clos , La plante au point de 
vue littéraire , discours prononcé à l'ouverture de la séance pu- 
blique de l'Académie des sciences de Toulouse, 7 juin 1868. 

Journal d'Agriculture du Midi de la France, n oS de juillet, 
août et septembre 1868. 

Mémoires de la Société académique de Maine-et-Loire, in-8°, 
t. XXIV, 4865 à 4868. 

Notices, Mémoires et Documents publiés par la Société d'agri- 
culture, d'archéologie et d'histoire naturelle du département de 
la Manche, in-8°, 1 er vol., 2 e partie, et 3 e vol., 4868. 



- 140 - 

Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, in-8°, 1867- 
1868. 

Bulletin de la Société algérienne de climatologie et des sciences 
physiques et naturelles, in-8°, 1867-1868. 

Annales de la Société impériale d'agriculture, industrie, sciences, 
arts et belles-lettres de la Loire, t. XII, 1868. 

Mémoires de la Société d'émulation de Montbéliard, 2 e série, 
1er à 3 e vol., 1862-1866. 

Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts de la 
Marne, 1868. 

Annales de la Société littéraire et scientifique d'Apt (Vaucluse), 
1863 à 1867, t. I à IV. 

Bulletin de la Société des sciences naturelles et historiques de 
l'Ardèche, 1861 à 1867, 8 n os . 

Mémoires de V Académie impériale des sciences, arts et belles- 
lettres de Caen, 1868-1869. 

Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et belles- lettres 
de l'Aube, t. V, 3 e série, 1868. 

Bulletin de la Société scientifique et littéraire de Béziers, 
9e série, t. IV, 1868. 

Société des sciences et arts de Vitry -le- Français, 1867-1868, 
2 vol. 

Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de 
Semur, 1865 et 1867. 

Bulletin de la Société d'archéologie, sciences, lettres et arts du 
département de Seine-et-Marne. Melun, 1867. 

Mémoires de lAcadémie impériale de Dijon, t. II à XIII. 

Mémoires de l'Académie des sciences, belles -lettres et arts de 
Clermont-Ferrand, t. VIII à X, 1866-1868. 

Académie de la Rochelle (section sciences naturelles), t. VII 
et VIII, 1864 à 1867. 

Bulletin de la Société d'études scientifiques et archéologiques de 
Draguignan, t. VI et Vil, 1867-1868. 

Mémoires de la Société des sciences physiques et naturelles 
d'Ille-et-Y Haine (Rennes), t. IV, 1863-1864. 

MM. Timbal-Lagrave, Cartailhac et Marquet sont chargés de 
présenter des rapports sur plusieurs de ces publications/ 



- Ul — 

MM. Cartailhac et Truîat sont délégués par la Société pour la 
représenter au Congrès scientifique de Montpellier. 

M. Cartailhac met sous les yeux de la Société une nombreuse 
série d'objets qu'il a recueillis récemment dans les dolmens 
des départements de l'Aveyron ,. du Gard et de l'Hérault; la 
majeure partie de ces fouilles ont été exécutées avec le concours 
de ses amis MM. Emile et Eugène Daguin. — Il fait remarquer 
la beauté de plusieurs pointes de flèches et pointes de lance en 
silex merveilleusement ciselé -, la présence du bronze dans les 
parures, perles et pendeloques, de l'ambre même et du verre , 
d'une hachette en chloromelanite. — Enfin il a été assez heureux 
pour trouver un vase entier et en reconstruire exactement plusieurs 
autres. — Le contenu vient confirmer les conclusions que 
M. Cartailhac présentait en i 867 au Congrès International d'Anthro- 
pologie : Le mobilier funéraire des dolmens et tumuli-dolmens du 
Midi de la France est d'une civilisation plus avancée que celui 
des monuments du même genre du Centre et de l'Ouest de la 
France. — H y a donc progrès dans le sens Nord-Sud , et comme 
des considérations nombreuses nous font regarder les construc- 
teurs de dolmens comme ayant seulement traversé nos régions, 
avec une grande lenteur il est vrai, il faut sans doute admettre 
qu'ils sont venus du Nord au Sud. — C'est dans notre Midi qu'ils 
ont connu pour la première fois le métal et ce métal est un alliage 
de cuivre et d'étain que des sauvages de l'âge de pierre ne peu- 
vent avoir inventé ; ce bronze était évidemment importé et il 
prouve que le peuple des dolmens s'était approché d'un foyer de 
civilisation, ou bien plutôt, que la civilisation arrivait dans nos 
régions avec les races qui ont enfin un nom dans l'histoire. 

Cette communication donne lieu à une discussion entre 
MM. Gourdon , Dusari , Cartailhac et Trutat sur l'âge auquel il 
faut rapporter les dolmens dans la chronologie générale. Les 
derniers membres font observer que la question ne peut être 
résolue par une sommaire réponse. Ils sont persuadés que l'érec- 
tion des dolmens et tombeaux mégalithiques n'a pas eu lieu à un 
moment donné de la civilisation de peuples différents, mais doit 
être attribuée à des populations errantes qui laissèrent en Dane- 
mark , en Angleterre , en Bretagne, en Algérie, de nombreuses 
colonies dont l'industrie et les coutumes se différentièrent et 
viennent compliquer l'étude de la marche générale de la migra- 



- 142 — 

tion. Dans tous les cas, l'histoire ne fait pas mention de ces tom- 
beaux les plus récents. La bible que citait M. Dusan ne parle que 
d'autels et de cercles de pierres. 
La séance est levée. 



Séance du £6 novembre 1808. 
Présidence de M. le D r GumRD. 

Le président proclame membres correspondants de la Société : 

MM. Valdemar Schmidt , attaché au Musée des Antiquités du 
Nord à Copenhague , Danemark ; et Philibert Lalande, corres- 
pondant de la Commission de Topographie des Gaules, à Brive 
(Corréze), présentés par M. Cartailhac. 

La société >a reçu : 

De la part de M. l'abbé Carrière — Archéologie populaire, n° 25. 

De la part des auteurs , Appel aux amis des sciences naturelles 
pour le tracé d'une carte géologique du terrain et des blocs 
erratiques des environs de Lyon, du nord du Dauphiné, des Doubes 
et du midi duBugey et>pour la conservation des mêmes blocs erra- 
tiques dans les mûmes régions, par MM. Faisan et E. Chantre. 

Mémoires de V Académie impériale des sciences de Toulouse, t. VI, 
(6e série) 4868; 

Annuaire de l'Académie de Toulouse, in— 12, 4868-4869; 

Bulletin de la Société d'acclimatation, n° 5 à 9. 

M. Marquet lit un rapport sur le Catalogue des Coléoptères de 
l'Algérie (Société d'acclimatation). 

M. Trutat annonce à la Société que le Musée d'histoire natu- 
relle a reçu une nombreuse collection d'animaux du Cap de 
Bonne-Espérance, en échange d'une série d'ossements à'Ursus 
spelœus. 

Il cite, entre autres, un exemplaire remarquable par sa bonne 
conservation de l'Orycterop du Cap (Orycteropus Capensis, Sch.) ; 
— le Myrmccophaga afra de Pallas, l'analogue dans la faune 
Africaine du grand fourmillier tamanoir de l'Amérique du Sud ; — 
l'Antilope pygargue ; — le Cerval ; — le Balhergus maritimus, 



— 143 - 

Sch., espèce de marmotte qui vit dans les dunes du bord de 
la mer. 

La collection d'oiseaux offre un intérêt tout particulier. 11 existe, 
en effet, des analogies tellement grandes entre certaines espèces 
(genre falco surtout) et les espèces voisines d'Europe, qu'on les 
confond de prime-abord. La Cresserelle du Cap, Tinnunculus 
montanus diffère de notre Cresserelle d'Europe (Tin. alaudarius, 
Gray) par une taille un peu plus forte et une teinte rougeâtre un 
peu plus marquée. Ne pourrait-on pas voir dans ces espèces, 
admises cependant par des auteurs éminents, de simples variétés 
climatériques ? — Une des pièces les plus importantes est un 
superbe exemplaire du Serpentaire (Serp. reptilivorus, Cm.), 
dont l'introduction dans les Antilles a été couronnée du plus grand 
succès et dont l'existence est protégée par une amende de 300 fr. 

M. Chalande met sous les yeux de ses confrères, un fragment 
de mâchoire de Lophiodon trouvé à ïssel ; il annonce qu'il vient 
de découvrir des débris d'un rhinocéros dans le lit du Touch. 

MM. Gourdon et Trutat sont invités par le présideut à se joindre 
à M. Chalande pour étudier ce dernier gisement et y faire prati- 
quer les fouilles nécessaires. 

La Société met à l'ordre du jour de la séance prochaine , la 
révision de son règlement. 



Séance du \\ décembre 4868, 
Présidence de M. le D r Guitard, vice-président. 

Le président annonce plusieurs présentations. 

La Société reçoit : 

Bulletin de la Société d'acclimatation, 2 e série, t. V, 1868. 

N° 10. Octobre. — Journal cl agriculture pratique de la Haute- 
Garonne, octobre 1868. 

De la part de l'auteur : Distribution des dolmens dans le dépar- 
tement de VÂveyron, par M. P. E. Cartailhac, in-8°, 1867. 

De la part de l'auteur : Tableaux miner alogiques pour l'étude 
de cette science, par M. le D r Gourdon, feuilles in-f°. 



- 144 - 

De la part de M. Pendaries : une série de silex taillés, de Ville— 
maticr, près Villemur. 

Le Secrétaire général annonce que la Commission municipale a 
bien voulu allouer à la Société d'histoire naturelle de Toulouse 
une somme de 500 francs. 

Des remercîments sont votés par acclamation. 

M. Trutat rend compte, des travaux du Congrès Scientifique de 
Montpellier. 

M. Meilhés lit la note suivante et l'accompagne de nombreuses 
expériences. 

Recherches sur l'action que Viode exerce sur les sulfures 
insolubles, par MM. Filhol et Melliés. 

L'action que l'iode exerce sur les sulfures alcalins est connue 
depuis longtemps. On sait aussi que le sulfure de zinc et le sulfure 
de fer absorbent l'iode ; mais on n'avait jamais étudié l'action de 
ce métalloïde sur la série complète des sulfures métalliques. C'est 
cette étude que nous avons entreprise, et nous venons aujourd'hui 
vous communiquer la première partie de ce travail. 

Nous pouvons dire d'une manière générale que l'action de l'iode 
sur les sulfures insolubles est très vive, qu'elle se produit à froid et 
soit que l'on fasse agir sur le sulfure l'iode en poudre ou en disso- 
lution dans l'eau, dans le sulfure de carbone, dans l'alcool, dans 
l'éther ou dans le chloroforme, il y a souvent élévation considérable 
de température. Presque toujours, il se produit un iodure métalli- 
que, et le soufre est mis en liberté à l'état de soufre mou; mais, 
dans certains cas particuliers, la réaction paraît se compliquer par 
l'intervention du dissolvant ou la facile décomposition de l'iodure 
qui tend à se former. L'étude de ces réactions secondaires fera le 
sujet d'un second Mémoire. 

Le sulfure de manganèse artificiel est décomposé par l'iode avec 
une rapidité extrême. Il se forme de l'iodure de manganèse et le 
soufre est mis en liberté. 

Le sulfure de zinc artificiel est aussi très rapidement décomposé 
par l'iode et la réaction est la même que dans le cas précédent. 

Le sulfure de zinc naturel, la blende, se décompose également, 
quoique avec plus de lenteur. 

Le mono-sulfure de fer artificiel absorbe rapidement l'iode, il se 
forme du mono-iodure de fer, et le soufre se dépose. 



- 145 - 

Le sesqui-sulfure de fer se décompose aussi très rapidement, et, 
chose singulière, l'iodure qui en résulte est le mono-iodure Je fer ; 
cela tient, sans doute, à l'instabilité du sesqui-iodure, et ici, comme 
dans le cas des poly-sulfures alcalins, un équivalent d'iode déplace 
plus d'un équivalent de soufre. 

Le bisulfure de fer naturel, la pyrite blanche, ne paraît pas 
être attaquée par l'iode, nous n'avons pas pu obtenir sa décompo- 
sition. Nous attribuons cette résistance à Ja grande dureté de cette 
substance. 

Le sulfure de nikel artificiel est lentement décomposé par l'iode 
à froid. Mais si on élève légèrement la température, la réaction se 
fait plus rapidement. Il se forme du mono-iodure de nikel, et le 
soufre devient libre. 

Le sulfure de cobalt se comporte à froid et à chaud, comme le 
sulfure de nikel. 

Le mono-sulfure d'étain est lentement décomposé par l'iode. 
Quand on élève la température, la décomposition devient plus rapide. 

Le bi-sulfure d'étain, l'or mussif absorbent péniblement l'iode à 
froid. Comme dans le cas précédent, la réaction ordinaire ne paraît 
pas se produire franchement-, car la liqueur filtrée est acide. Il est 
probable qu'il se produit de l'acide zodhydrique et de l'acide stan- 
nique. C'est une question que nous nous proposons d'étudier plus 
tard. 

Le sulfure d'antimoine est décomposé à froid ; mais ici encore la 
réaction paraît se compliquer. 

Le sulfure de bismuth est rapidement décomposé par l'iode. 

Le sulfure de plomb artificiel est très rapidement décomposé par 
l'iode. Ces deux corps pulvérisés et mélangés agissent si vivement 
l'un sur l'autre, que la température s'élève assez pour qu'une por- 
tion notable d'iode se sublime. Quand on fait cette expérience, il 
ne faut employer que quelques grammes de chaque espèce de ma- 
tière, car l'opération pourrait devenir dangereuse. Quand on fait 
agir sur le sulfure de plomb une dissolution d'iode, la décomposi- 
tion se fait rapidement et avec beaucoup de régularité ; il se produit 
de l'iodure de plomb et du soufre. 

Le sulfure naturel (galène) se décompose aussi très rapidement 
en produisant une réaction identique. 

Le sulfure de cuivre artificiel subit lentement l'influence de l'iode . 
Le sulfure naturel ( pyrite cuivreuse ) plus lentement encore. 



— 146 — 

Le sous-sulfure de mercure se décompose aussi rapidement, 
mais il se produit non un sous-bdure de mercure, mais bien du 
mono-iodurc. Ainsi, dans ce cas, un équivalent d'iode ne déplace 
t|u'un demi-équivalent de soufre. Cela tient, sans doute, à ce que le 
sous-iodure qui se forme, réagissant sur l'iode encore libre, en 
prend un demi-équivalent de plus. 

Le mono-sulfure de mercure, obtenu par précipitation , es* très 
rapidement décomposé par l'iode. Il en est de môme du vermillon, 
et ici encore on peut observer une très grande élévation de 
température, quand on mêle ces deux corps, en poudre fine, l'un 
et l'autre. 

Le sulfure de mercure naturel (cinabre) est aussi décomposé par 
l'iode. 

Le sulfure d'argent artificiel est très vivement attaqué par l'iode ; 
il se forme de l'iodure d'argent et du soufre. 

Enfin, le sulfure d'or et le sulfure de platine subissent lentement 
à froid l'action de l'iode. A chaud, la réaction est plus rapide. 

M. Cartailhac qui a pris part aux réunions du Congrès Archéo- 
logique à Carcassonne, Narbonne et Perpignan , résume les com- 
munications les plus intéressantes sur les découvertes préhistori- 
ques , les seules qui fassent partie du domaine des études de la 
Société. Il signale un mémoire de M. de Sambucy notre confrère , 
sur la grot'e du Sargel (Aveyron) ; l'absence d'espèces émigrées , 
la présence des animaux domestiques, d'objets en pierre polie, tels 
qu'une hachette, une pendeloque; les gaines d'outils en bois de 
cerf, les poteries nombreuses, variées, grossières et mal cuites per- 
mettent de faire remonter à l'âge de la pierre polie la date la plus 
reculée de l'habitation de cette caverne qui a livré de nombreux 
objets de toutes les époques postérieures. — Un autre de nos con- 
frères, dans des discussions sur lesdolmens, est intervenu avec l'au • 
torité de l'expérience et d'une connaissance étendue de la question. 

M. Cartailhac donne ensuite lecture d'un rapport sur les collec- 
tions d'histoire naturelle et surtout d'Anthropologie de Carcassonne, 
Perpignan et Narbonne (1). Dans cette dernière ville il a admiré 

(1). Ce rapport a été publié dans la Re\ue : Matériaux pour l'histoire pri- 
mitive de l'homme, dirigée par MM. Trutat et Cartailhac,, n° de janvier 1869 
avec planches. 



- 147 — 

ie Musée Tournai , dénomination qui serait un juste hommage 
au zèle désintéressé de son savant fondateur et directeur, l'un des 
premiers défenseurs de la contemporanéité de l'homme et des 
espèces d'animaux éteintes depuis longtemps. 

M. Magnan fait observer que, contrairement à l'opinion admise 
jusques-ici, les grottes de Bize dont M. Cartailhac avait eu l'oc- 
casion de parler s'ouvrent dans les assises du terrain Garumnien de 
M. Leymerie. 

M. Marquet dépose sur le bureau la première partie de son 
catalogue des Coléoptères du Languedoc et notamment de Tou- 
louse, Bèziers et Cette (imprimé ci-dessus, p. 89). 

M. le Président indique la marche qu'il croit convenable de 
suivre pour la révision du règlement, et sur le consentement de la 
Société, il nomme membres de la Commission du Règlement 
MM. Pendaries, d'Àubuisson, L. de Mala fosse , Pla , D r Gourdon, 
Cartailhac, Magnan, D^ E. Joly. 



Séance du 26 décembre 1868. 

Présidence duD 1 ' Guitard, vice-président. 

Le Président proclame membre titulaire de la Société : 
M. Gravelle, professeur libre de chimie, présenté par MM. Gui- 
tard et Melliés. 

M. Trutat lit une note sur la division des âges antéhistoriques. 
Il reconnaît deux grandes périodes qu'il appelle paléontologique et 
archéologique, nettement distinctes en tout l'une de l'autre. — La 
première est caractérisée par une faune essentiellement composée 
d'espèces éteintes ou émigrées et par l'emploi d'objets de pierre sim- 
plement taillée 5 la seconde par la présence des espèces actuelles 
exclusivement , de tout ou partie de nos animaux domestiques , 
enfin par le polissage plus ou moins général des pierres travail- 
lées. — Il estime qu'il faut rejeter toute idée d'un cataclysme 
entre les deux périodes , qui cependant n'empiettent jamais l'une 
sur l'autre. Quant à la concordance de la seconde avec l'immigra- 
tion d'une race d'hommes nouvelle , elle lui paraît démontrée. 11 



— 148 — 

ndmet des subdivisions définies, surtout la première période , mais 
elles sont secondaires et singulièrement liées les unes aux 
autres (1). 

M. Cartailhac met cette fois sous les yeux de la Société une 
série d'ossements humains retirés des dolmens dont il a déjà entre- 
tenu la Société. — Généralement un grand désordre règne dans 
ces ossuaires et de nombreuses raisons peuvent être mises en 
avant pour l'expliquer. — On peut dire que le tombeau a été 
remué par les animaux sauvages , ou mieux encore par les cher- 
cheurs de trésors; que , suivant une coutume dont les naturels 
de l'Amérique et de l'Océanie donnent des exemples, les cadavres 
sont exposés d'abord aux intempéries de l'air et les os une fois 
dépouillés sont réunis et entassés dans des ossuaires ; la situation 
de ces ossements au fond du tombeau et sur les côtés, et la pré- 
sence une seule fois bien constatée d'un squelette accroupi à 
l'entrée permettent de penser que cette place à l'entrée était 
occupée par tous les corps qui s'y succédaient et étaient chacun 
à leur tour rejetés pèle mêle au fond du tombeau avec ses armes, 
ses parures . ses poteries, toutes les fois qu'un nouveau défunt se 
présentait. 

M. Cartailhac expose ensuite l'état de la science anthropologique, 
surtout au sujet des dolmens et des grottes sépulcrales contem- 
poraines. Il trouve fâcheuse la voie où semblent s'aventurer avec 
confiance plusieurs savants qui donnent des conclusions en dehors 
de tout contrôle archéologique ; l'Anthropologie deviendra certai- 
nement une science précise, et la parfaite coïncidence de certaines 
de ses assertions avec celles de l'archéologie doit donner de véri- 
tables espérances. Quant aux ossements des dolmens soumis à la 
Société , ils seront l'objet des études du savant anthropologiste 
Prùner-bey. 

M. de Malafosse montre aussi une série d'ossements humains 
des dolmens de la Lozère et appelle l'attention sur quelques carac- 
tères. Il conteste l'opinion de M. Cartailhac etcroitque les dolmens 
qui lui semblent avoir servi durant des âges fort longs contien- 
nent les restes de plusieurs races. 

M. Trutat pense que M. de Malafosse ne tient pas suffisamment 

(1) Cette note a été publiée dans la Revue Archéologique du Midi de la 
France et tirée à part. 



— 149 - 

compte des remaniements ; il faut séparer les résultats qu'ils don- 
nent de ceux qui sont fournis par les tombeaux inviolés -, en pré- 
sence d'une collection considérable retirée de ces monuments, il 
faut savoir distinguer les additions et les faits exceptionnels qui 
ne peuvent infirmer les résultats généraux. 

M. le D r Guitard présente de la part de M. Reinold un pied de 
maïs de Mexico provenant de semis effectués à Saint-Simon. 11 
donne quelques renseignements sur cette tentative d'acclimatation. 

M. Pendaries fait à cet égard quelques observations. 



Séance du 7 janvier 1869. 

Présidence de M. le professeur Pla. 

La Société reçoit : 

De la pari de M. Marquet, un exemplaire de YÂlytes Obstetricans. 

De la part de M. Belleville, un moulage en ciment aggloméré 
d'un dogue de Clodion. 

De la part de M. Pendaries, des graines de Y Acacia glutineus ; 

De la part de M. Soubeyran une série d'oiseaux du Nord de 
la Chine. 

M. Pendaries entrelient la Société d'une station antébistorique 
qu'il a constatée à Villematier, canton de Yillemur (Hte-Garonne). 

Une Commission composée de MM. le D r Jeanbernat, Timbal- 
Lagrave, Magnan , d'Aubuisson , Marquet, Regnault et Trulat est 
chargée de préparer le règlement des excursions scientifiques et le 
programme pour 4869. 



Séance du 23 janvier 1869. 

Présidence de M. le professeur Filhol, président. 

Le président fait une présentation. 
La Société reçoit : 

De la part de M. Daguin : Tableaux des observations faites à 
V Observatoire de Toulouse en 1868 , br. in-8°. 



- 450 — 

De la part de M. le D r L. Soubeyran, une série remarquable de 
bois de quinquina. 

De la part de M. Pendaries , un Conglomérat de fruits du Pin 
maritime. 

De la part de M. Peyre, une série de plantes qu'il a recueillies 
dans son dernier voyage dans les Alpes. M. Trutat insiste pour 
que l'exemple de M. Peyre soit suivi par tous les confrères dans le 
but de former un berbier spécial à la Société. 

De la part de M. le professeur Filhol , un fémur de Mastodonte 
qu'il a trouvé à Roquelaure (Gers); ce fragment était contenu dans 
une coucbe d'argile interposée entre deux bancs calcaires. 

M. le D r Jeanbernat présente au nom de la Commission un rap- 
port étendu sur la question des excursions. Il donne lecture 
d'un projet de règlement spécial. Ce projet est adopté. 

11 propose ensuite la liste des excursions choisies par la Com- 
mission. La Société adopte successivement après discussion les 
projets de courses dans la Montagne-Noire — La Barousse — à 
Cagire — à la Maladetta — et à Ussat. Elle décide que le règlement 
des excursions et les projets détaillés seront imprimés sans retard 
et distribués. 



Séance extraordinaire du 29 janvier ISfîî) (i). 

Présidence de M. le professeur Filhol, président. 

M. Cartailhac donne lecture du rapport de la Commission 
chargée de modifier le Règlement. 

Il est ensuite procédé, article par article, à l'examen du nou- 
veau Règlement proposé , qui est adopté à l'unanimité après modi- 
fications 



(1) Le bureau avait jugé que la discussion du nouveau Règlement ne 
devait pas remplir et annuler les séances ordinaires consacrées à des travaux 
scientifiques. 



- 451 — 

Séance du 5 février 1869. 

Présidence de M. Timbal-Lagrave père. 

Le président proclame membre correspondant M. de Mes- 
semeker, à Bergues près Dunkerque, présenté par M. Lacroix. 

M. Peyre met sous les yeux de la Société un échantillon de 
Knautia sylvatica dont l'inflorescence présente un cas de disjonc- 
tion remarquable. 

Dans cette plante les fleurs , au lieu d'être réunies en capitules 
et munies d'un involucre commun , ainsi qu'il en est d'habitude 
dans la famille dés Dipsacées, sont disposées en cimes dichotomes 
très lâches. Chaque rameau se termine par une fleur isolée munie 
de deux feuilles florales presque semblables aux feuilles nor- 
males. De l'aisselle de chacune de ces feuilles florales part un 
second rameau. Ce curieux échantillon tératologique a été 
recueilli dans les Vosges, dans la vallée d'Oberbrùck (Haut-Rhin) 
au pied du Ballon d'Alsace, en juillet 1867. 

MM. Marquet, Peyre et Cartailhac sont nommés pour vérifier 
les comptes de M. le Trésorier. 

Quelques modifications sont apportées au programme des 
excursions. 

L'élection des membres complémentaires du bureau, confor- 
mément au nouveau règlement, aura lieu dans la séance du 19 
février. 



Séance du 19 février. 

Présidence de M. le D r Guitard, vice-président. 

La Société reçoit ; 

Bulletin de la Société d'études de Draguignan, (ornes VI et VII, 
1866-1867. 
Journal d' Agriculture pratique de la Bte-Garonne, janvier 1869. 
Bulletin de la Société d' acclimatation, décembre 1868, in-8°. 



— 152 - 

Société des sciences et arts de Vitry-le-Français, lom. II, 1 867- 
1868. 

Société des Lettres, Sciences et Arts de l'Aveyron, tom. VI. — 
Compte-rendu du concours de la Société des Lettres, Sciences et 
Art* de l'Aveyron, 1868, in-8°. 

De la part de M. Marquet : un Fragment de Vaérolithe tombé à 
Nohic (Tarn-et-Garonne.) 

M. Marquet lit une note sur quelques coléoptères aveugles de la 
famille des charençons (imprimé ci-dessus, p. 135). 

M. Magnan donne quelques détails sur la composition des ter- 
rains secondaires des bords du plateau central et indique la 
découverte qu'il vient de faire aux environs de Tonnac , du 
Permien et du Zechtein. La Société qui dans sa première excur- 
sion se rendra dans celte région, constatera les faits qu'il expose. 
(Travail général imprimé p. 5). 

Il est procédé à l'élection des membres suivants : 

2 e Vice-président , M. le D r Gourdon. 

Bibliothécaire- Archiviste, M. Cartailhac. 

Conseil d'administration : MM. Marquet etPla. 

Comité de publication : MM. D r Jeanbernat, E. Joly, Magnan, 
Cartailhac. 

Commission des petites excursions : MM. Timbal père, Peyre, 
Rivière. 



Séance du 5 mars 1860. 

Présidence de M. le professeur Gourdon, vice-président. 

La Société reçoit : 

Revue médicale de Toulouse, février 1869. 

La Minerve de Toulouse. Revue fondée par M. Gatien-Àrnoult, 
livraison spécimen in 8° 

Une lettre de M. le professeur Gatien au sujet du projet d'Institut 
Toulousain développé dans cette livraison. 

De la part de M. Peyre : Etude sur le Carex, espèce nouvelle 
que M. Timbal croit avoir été découverte aux environs de Toulouse 
par M. le Dr Schultz, in-8°. (M. Peyre est chargé de l'analyser.) 



- 453 - 

De la part de M. Bunel , pasteur à Anduze (Gard) : Une série 
d'ossements humains retirés de la grotte de Burfort, une perle en 
bronze, une pointe de lance en silex, un fragment de poterie — 
recueillis aux frais de M. Cartailhac. 

La grotte de Durfort connue depuis bien longtemps , décrite 
par Marcel de Serres, a été en quelque sorte découverte de nou- 
veau, et à une époque où les gisements préhistoriques sont 
recherchés avec tant d'activité , les débris humains qu'elle con- 
tenait devaient nécessairement attirer l'attention de quelque 
amateur. 

Un jeune membre de la Société littéraire scientifique d'Alais, 
M. Tessier , a fait une première exploration avec grand soin , et la 
grotte paraît encore fort riche. D'après les objets qu'on y a recueillis, 
M. Cartailhac ne doute pas que ce ne soit une grotte sépulcrale 
des hommes des Dolmens semblable à celle de Saint-Jean d'Alcas 
qu'il a fouillée dans l'Aveyron. Il insiste sur l'importance consi- 
dérable de ces cryptes funéraires. Si dans les dolmens il a pu y 
avoir trop souvent des remaniements et des ensevelissements pos- 
térieurs aux premiers, dans les grottes sépulcrales, ces chances 
sont infiniment moindres; surtout aux époques anciennes, leur 
entrée étaitsoigneusement dissimulée (celle de Saint-Jean d'Alcas 
a été hermétiquement fermée jusqu'à 1829) , et leur contenu bien 
attribuable au même peuple et au même temps, permet des 
déductions solides. 

M, Guitard fait hommage à la Société de son herbier d'Ussat. 

M. H. Magnan lit un travail intitulé : Etude des formations 
secondaires des bords S.-O. du plateau central de la France entre 
les vallées de la Vère et du Lot, et explique à la compagnie les 
coupes géologiques qui l'accompagnent (ce travail a été imprimé 
dans ce volume, p. 5). 

M. Cartailhac, au nom de ia Commission des finances , fait un 
rapport sur les comptes du Trésorier qui sont approuvés. 

MM. d'Adhémar , de Malafosse et Cartailhac sont chargés d'étu- 
dier le projet d'Institut Toulousain de M. Gatien-Arnoult. 



11 



— 154 — 
Séance du 19 mars 1869. 

Présidence de M. le docteur Guit\rp, vice-président. 

La Société reçoit : 

Delà part de M. le D'Gourdon : La Revue agricole du Midi, 
in-4», années 1865 à 1868 et les N<> s parus en 1869. 

De la part de M. Peyre, une série de plantes. 

De la part de M me Tanq, la collection d'histoire naturelle qu'a- 
vait formée feu M. Tanq, membre de la Société. 

La Société prie le Bureau de se rendre auprès de M me Tanq 
pour lui adresser des remercîmenls. 

M. de Malafosse -expose les idées de la Commission chargée 
d'examiner la proposition du professeur Gatien-Arnoult relative à 
l'établissement d'un Institut à Toulouse. Le projet de M. Gatien 
serait excellent s'il était réalisable. Dans tous les cas, la Société 
d'histoire naturelle, la dernière venue, n'a aucune autorité pour 
prendre l'initiative d'un essai de réunion en Institut des diverses 
académies. 

M. le D r Emile Joly dépose sur le bureau un pli cacheté. 

La Commission permanente des excursions demande que la 
Société se dirige, le dimanche 4 avril, dans le bois de Pressac et 
de Saint-Geniés. 

M. Armand Peyre lit un rapport sur la brochure intitulée : 
Etude de quelques Carex, par le D r Schultz. 

On croit généralement que la botanique descriptive, au moins 
en ce qui touche les espèces européennes, a dit à peu près son 
dernier mot; que toutes les plantes de notre flore ont été étudiées 
et que le phytographe ne peut plus trouver à glaner quelques faits 
nouveaux que dans les collections apportées de pays lointains et 
nouvellement découverts. C'est une erreur. Outre que, dans les 
contrées les mieux connues, il existe certaines localités dont les 
productions J A yturelles n'ont été étudiées que de la manière la plus 
imparfaite ; atfns le voisinage môme des grands centres d'étude, on 
peut rencontrer plus souvent qu'on ne pense des faits dignes d'être 
signalés. Les genres les plus vulgaires ont encore leur mot à dire, 
et nous croyons pouvoir afiirmer que la botanique a bien plus à 
nous apprendre qu'elle ne nous a déjà appris. 



— 455 - 

Nous n'examinerons pas aujourd'hui si les classifications géné- 
ralement adoptées sont ce qu'elles devraient être, et si le nom un 
peu ambitieux de méthode naturelle qu'on leur applique est plei- 
nement justifié. Nous croyons que la véritable méthode" naturelle 
est encore à trouver et que, sous ce rapport, la botanique est fort 
en arrière de la zoologie qui cependant a, elle aussi, bien des pro- 
grès à faire. Les rapports qui unissent les êtres sont loin d'être 
tous connus, et nous n'en voulons pour preuve que les manières si 
différentes d'envisager la question des espèces. 

Pendant longtemps, les botanistes, suivant sur ce point l'exemple 
de Linné, n'ont admis que des espèces tranchées, qu'ils décrivaient 
d'une manière assez vague pour pouvoir rentrer dans ces groupes 
des formes nombreuses rapprochées par quelques caractères com- 
muns. Ils admettaient ensuite, comme variétés, les plus distinctes 
de ces formes en négligeant les autres. Depuis quelques années, une 
école est née, qui, marchant dans des voies toutes différentes, a 
séparé ce que l'école linnéenne laissait réuni, et multiplié les es- 
pèces d'une manière peut-être exagérée. Entre ces deux tendances 
extrêmes, quelques savants ont cru devoir garder un milieu un 
peu arbitraire. Où est la vérité? C'est un problème que nous 
croyons pour longtemps insoluble. 

X'espèce, en effet, n'est pas un simple terme de classification, un 
mot créé pour faciliter la connaissance des êtres en rapprochant 
ceux qui présentent les plus grandes ressemblances. L'espèce est 
un fait. Pour nous, l'espèce est l'ensemble des individus plus ou 
moins semblables qui sont descendus ou peuvent être considérés 
comme descendus d'une paire primitive unique. L'espèce existe 
donc dans la nature et ne saurait être délimitée arbitrairement (4) . 
Tous les êtres de même espèce sont plus ou moins semblables; 
toutefois, ils peuvent présenter des différences notables. Parfois, ils 
sont absolument différents, suivant l'âge, ainsi que nous le voyons 
chez tous les animaux à métamorphose. Parfois, l'individu ressem- 
blera non à son père, mais à un ancêtre plus éloigné, comme les 
animaux à génération alternante nous en offrent des exemples. 



(1) Aussi ne considérons-nous pas comme sérieuse l'objection faite à M. Jor- 
dan de rendre ia botanique trop difficile. M. Jordan pourra répondre que ce 
n'est pas lui, mais la nature, et ses adversaires n'ont qu'une réponse sérieuse à 
lui faire. C'est de lui montrer qu'il s'est trompé, s'ils le peuvent. 



- 156 - 

Enfin , les êtres représentent des traits individuels; l'jction du 
milieu peut, dans de certaines limites, modifier les formes, et ainsi 
se forment dans l'espèce des groupes connus sous le nom de 
variétés et qui prennent le nom de races quand leurs caractères 
distinctifs deviennent héréditaires. 

On voit quels sont les problèmes complexes que soulève la décou- 
verte d'une forme non encore signalée, problèmes que nous n'hé- 
sitons pas à déclarer bien souvent insolubles dans l'état actuel de 
nos connaissances. Aussi nous paraît-il qu'un seul parti est raison- 
nable en semblable circonstance. C'est de décrire les caractères 
nouveaux observés comme si l'on se trouvait en présence d'une 
espèce certaine en laissant à l'avenir le soin de décider, après des 
expériences réitérées, si cette forme doit garder ce titre ou descen- 
dre au rang de variété. Sans doute, il est des cas où la question 
pourra être jugée dès maintenant. Quand le croisement sera facile 
et indéfiniment fécond avec les formes voisines, quand des inter- 
médiaires nombreux permettront de passer d'une forme à l'autre 
sans saisir de lacune dans la série, quand une culture bien dirigée 
amènera la transformation de ces formes entre elles, nous pourrons 
les considérer comme variétés ou races. Mais, tant que nous n'au- 
rons pas ces preuves pour nous, nous devrons agir comme si nous 
étions en présence d'espèces bien déterminées. 

Aussi les botanistes, qui s'occupent spécialement de l'étude de 
ces formes critiques, rendent a la science de véritables services, 
et si parmi leurs nombreuses espèces il en est qui devront déchoir 
de ce rang, celles-là même seront toujours utiles à connaître comme 
races ou variétés. C'est à celte école, bien qu'avec moins de témé- 
rité que quelques-uns de ses confrères, qu'appartient M. le docteur 
F. Schultz, auteur de YEtude sur quelques Carex dont je suis 
chargé de vous rendre compte. 

M. le D r F. Schultz, de Wissembourg, publie, depuis plusieurs 
années, sous le titre à'Herbarium normale, de très intéressantes 
collections de plantes rares, nouvelles ou critiques d'Europe, et 
principalement de France et d'Allemagne. A ce titre, il reçoit la 
plupart des types nouvellement décrits, et beaucoup ont été déjà 
distribués par lui. C'est ainsi qu'il reçut, au mois de juin dernier, 
de M. Michel Paira, de Genderthcim (Bas-Rhin), une lettre et des 
échantillons de Carex. Dans la lettre, M. Paira le priait de lui 
donner quelques éclaircissements sur la plante qu'il lui adressait 



— 157 - 

et qui était pour lui le Carex loliacea de Schkuhr(Riedgrœser 1 801 ), 
tab. Ee, n° 91. Mais ce Carex loliacea Schkuhr n'est pas celui dé- 
signé par Linné sous ce nom et sa synonymie était fort embrouillée, 
certains auteurs l'ayant rapporté comme synonyme aux C. vul~ 
pina L., C. divulsa Good, C. muricata L. et C. virens Lam.; 
d'autres l'ayant considéré comme variété de l'une ou l'autre de ces 
espèces. 

M. Schultz se mit à l'œuvre et chercha d'abord à éclaircir la 
synonymie de ces diverses espèces. Ce travail occupe la plus 
grande partie de sa brochure. 11 rejette comme espèce le C. virens 
Lam., et établit qu'aucune des trois autres n'est le Carex loliacea 
Schkuhr qu'il identifie du reste à la plante de M. Paira. 

Reprenant alors cette plante, M. Schultz la considère comme 
espèce nouvelle (le nom de Carex loliacea ne pouvait lui rester, 
puisqu'elle diffère de la plante ainsi nommée par Linné), et lui ap- 
pliquant le nom de Carex Pair œi- Schultz, il en donne la descrip- 
tion et termine en annonçant que les échantillons envoyés par 
M. Paira seront publiés dans la 12 e Centurie de son Herbarium 
normale. 

Ce travail est accompagné de deux planches lithographiées don- 
nant la figure du Carex Pairœi, ainsi que des détails de ce Carex 
et des deux espèces les plus voisines, les Carex divulsa et muricata. 

Les considérations que nous avons énoncées en commençant 
nous paraissent suffire pour faire apprécier l'intérêt de ce travail 
sans prétention, et nous engageons les botanistes de la Société à 
rechercher s'ils ne trouveraient pas ce Carex dans les environs. 
Déjà un pas a été fait dans cette voie. 

Notre savant collègue, M. Timbal, a trouvé près de Grisolles un 
Carex qui lui paraît avoir les plus grands rapports avec celui 
décrit par M. Schultz. Il se propose de l'étudier avec plus de soin 
cette année et de demander des exemplaires du Carex Pairœi 
comme termes de comparaison. Qu'il nous soit permis d'exprimer 
l'espoir que M. Timbal nous fera connaître les résultats de cette 
étude et nous donnera son opinion, lorsqu'elle sera formée, sur la 
valeur réelle de la nouvelle espèce publiée par M. Schultz. 

A la suite de cette lecture, une discussion s'engage entre 
MM. Gourdon, Peyre et Trutat, au sujet des caractères distinctifs 
des espèces végétales et animales et des doctrines relatives à la 



— 158 - 

variabilité limitée ou à la transformation de ces mêmes espèces. 
M. Peyre admet la première de ces doctrines, M. Gourdon se pro- 
nonce pour la seconde. 

M. de Malafosse place sous les yeux de ses confrères divers 
fragments de végétaux fossiles qu'il a recueillis dans la partie du 
département de la Lozère désignée par d'Orbigny et d'autres géo- 
logues sous le nom de Golfe de la mer Jurassique , et voit dans 
ces fossiles la confirmation des idées que ces géologues expri- 
maient par cette dénomination. 

M. H. Magnan ne partage pas cet avis. Ce qu'on appelle le Golfe 
ne rappelle pas un avancement dans les terres de l'ancienne mer 
Jurassique, mais n'est, selon lui , que le résultat de deux phéno- 
mènes géologiques qui ont joué un grand rôle dans la configuration 
des continents : ces deux phénomènes sont les failles et les érosions. 

M. Cartailhac fait part à la Société d'une découverte importante. 
La direction des Matériaux pour Vhistoire primitive de l'homme, 
a reçu par une lettre de M. Arcelin , de Maçon , l'annonce que ce 
savant avait découvert des stations de l'âge de la pierre taillée dans 
la vallée du Nil. Il a recueilli toute une série d'objets en silex 
et en pierres dures, évidemment travaillés de main d'homme. 

M. Dusan fait observer que les anciens Egyptiens se servaient 
de couteaux de silex pour ouvrir les cadavres qu'ils embaumaient, 
et que dès lors les silex rencontrés en Egypte pourraient bien 
appartenir à une époque relativement récente. 

M. Cartailhac répond que les instruments en silex employés 
pour l'embaumement ont une forme bien connue, et qui n'a 
aucun rapport avec les types recueillis par MM. Arcelin et son 
compagnon vicomte de Murard. — L'emploi du silex pour l'em- 
baumement chez les Egyptiens , pour la circoncision chez les 
Juifs , les sacrifices chez les Romains et les Carthaginois, est un 
legs de l'âge de pierre et prouve seul que ces peuples ont passé 
par celte enfance de la civilisation. 

Ce n'est pas d'ailleurs la première fois que l'on trouve en 
Egypte des vestiges d'un Age primitif, des haches en pierre polie 
et des pointes de flèches en silex; mais M. Arcelin le premier a 
découvert de véritables gisements soit à la base des dépôts relati- 
vement modernes, soit à la surface des terrasses supérieures aux 
plus hauts cours du ileuve. — Ainsi l'Egypte, où 4000 ans avant 
J.-C. lacivilisation était merveilleuse, n'a pas échappé à la 



- 159 - 

loi commune : à une époque incomparablement éloignée, elle a 
eu ses tribus sauvages tout comme l'Europe et le reste du monde. 



Séance du 2 avril 186». 

Présidence de M. le D r Guitard, vice-président. 

Le président fait une présentation. 

La Société reçoit : 

De la part de M. Filhol : sa Conférence sur les eaux minérales 
des Pyrénées, dans la Revue des cours scientifiques. 

De la part des Directeurs : Matériaux pour l'histoire primitive 
et naturelle de l'homme, n° \, 1869, in-8°. 

Bulletin de la Société impériale zoologique d'acclimatation, 
n os 1 et 2, 1869. 

De la part de M. Tournai, sa Notice sur les gisements de sel 
gemme des Pyrénées. 

Journal d'agriculture pratique. Toulouse, février 1869. . 

De la part de M. Philibert-Lalande, membre correspondant 
(don transmis par la direction des Matériaux) : Une série d'outils 
et armes en silex de la première époque du Renne des grottes des 
environs de Brives (Corrèze). 

M. Trutat met sous les yeux de la Société une peau d'ours 
récemment tué dans les Pyrénées de la Haute-Garonne, et signale 
les particularités qui l'autorisent à rapporter cet individu à l'ours 
des Asturies. Il insiste spécialement sur la teinte fauve générale 
du pelage, coloration produite seulement par l'extrémité des poils 
les plus longs, leur base et les poils courts étant d'un noir intense. 

M. Peyre lit une notice sur deux plantes qu'il a recueillies 
sur les rives de la Garonne , le Narcissus Tazettaet YOrnithogalum 
declinatum — (voirie rapport général sur les herborisations de 
l'année, par M. Timbal, p. 424 et 134 de ce vol.) 

La Société décide qu'elle fera des excursions le 4 avril à Saint- 
Geniez, le 11 à Larramet et que la grande course géologique de 
Vindrac-Cordes à Vaour et Saint-Antonin, aura lieu les 25 et 26 
du môme mois. 



- 160 - 

Séance du 16 avril 18G9. 

Présidence de M. le D r Gourdon, vice-président. 

M. Malinowski, professeur au collège d'Alais (Gard), est nommé 
membre correspondant. 

Le président fait deux présentations. 

La Société reçoit : 

La Minerve de Toulouse, 3 e livr. avril 1 869 ; 

De la part de M. Lambert : un Varanu* arenarius et un (Jro 
mastix acanthinurus ; 

De là part de M. de Sambuci-Luzeuçon : une série d'objets 
•provenant d'une grotte des environs de Milhau , et appartenant 
à l'âge de la pierre polie ; 

Une lettre de la Compagnie des chemins de fer d'Orléans 
accordant à la Société une réduction de prix de 50 p. °/ lorsque 
trente de ses membres au moins feront une excursion. 

Le secrétaire général communique le programme de la première 
excursion dans le Tarn et le Tarn-et-Garonne. 

M. Peyre rend compte d'une herborisation faite à Saint- Gêniez 
avec M. Timbal-Lagrave. 

M. Timbal-Lagrave fils rend compte d'une exploration faite 
dans les bois de Laramet. — Répondant à une interpellation, il 
rappelle que les Orchidées ne peuvent pas se féconder elles- 
mêmes, quoique offrant à la fois les deux sexes. La fécondation se 
fait par les insectes. 



Séance du 30 avril 186». 
Présidence de M. le D r Guitard, vice-président. 

M. Tournal, directeur du musée de Narbonnc, est nommé 
membre correspondant, sur la présentation du bureau. 

M. Wright est nommé membre titulaire, sur la présentation de 
MM. Timbal et Peyre. 

La Société reçoit : 

Journal d'Agriculture pratique, Toulouse, mars 1861): 

Société d'émulation du Jura, Montbéliard, 4808; 



- 161 — 

De la part de M. Chalande : un magnifique exemplaire d'em- 
preintes de Labyrinthodon , des environs de Lodève. il annonce 
que M. Aubouy offre une collection nombreuse de plantes fossiles 
des environs de cette ville. 

M. H. Magnan rend compte sommairement, au point de vue 
géologique, de l'excursion faite entre les stations de Vindrac- 
Cordes et de Saint-Antonin par Vaour , dans laquelle les faits 
importants signalés (Magnan, Etude des formations secondaires, 
etc., p. 15 de ce vol.), ont été reconnus par la Société. M. A. Peyrc 
en parle au point de vue botanique, et M. Trutat au point de vue 
zoologique. 

M. H. Calmels fait une communication sur les écailles des 
papillons. Après avoir dit quelques mots sur la structure, la com- 
position et. le mode de coloration des écailles, il s'étend sur les 
variétés de formes qu'elles affectent et montre qu'elles peuvent 
aider à Ja classification. Ainsi chez les Lépidoptères Diurnes le 
pédoncule qui sert d'attache à l'écaillé est toujours placé entre 
deux petites pointes qui se trouvent a la base de celle-ci, tandis 
que chez les Nocturnes la base tantôt arrondie, tantôt carrée 
est toujours dépourvue de pointes. Les écailles diffèrent chez les 
genres les plus voisins ; ainsi les genres Sphinx et Declcphilia, si 
semblables, ont des écailles très-diverses. M. Calmels cite d'autres 
exemples et met des dessins à l'appui de ces recherches destinées à 
montrer quelles nouvelles ressources peut fournir à la classification 
des Lépidoptères l'étude microscopique de leurs écailles. 

Sur la proposition de MM. Jeanbernat et H. Magnan, la Société 
décide que les 9, 10 et 11 aura lieu la course dans la Montagne- 
Noire, et le 23 celle à Montréjeau. 

La Société entend le rapport du comité d'impression. 



Séance du 14 mai 1869. 

Présidence de M. le D r Gourdon, vice-président. 

]VL Aubouy , professeur d'histoire naturelle au collège de 
Lodève (Hérault), est nommé membre correspondant, sur la pré- 
sentation de MM. Chalande et Trutat. 



— 102 — 

La Société reçoit : 

Bulletin de la Société impériale zoologique d'acclimatation, 
n° 3, mars 1800; 

Revue médicale de Toulouse, mars et avril 1869; 

Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, deuxième 
semestre 1868 ; 

Catalogue des mammifères et oiseaux du Morbihan ; 

De la part de M. de Malafosse : deux flamants roses des lacs 
salés de V Algérie ; 

De la part de M. de Clermont : une hache en pierre polie et 
des bois de cerf trouvés dans le département du Gers; 

De la part de M. le Recteur de l'Académie de Toulouse : une 
lettre demandant l'avis de la Société sur le concours académique 
de 1869. — MM. Pla, Trutat et Cartailhac sont chargés de 
répondre, au nom de la Société, à M. le Recteur. 

MM. Peyre et Rivière rendent compte de la grande excursion 
dans la Montagne-Noire. 

La commission des petites excursions fait connaître le pro- 
gramme de la course à Montréjeau, du 22 au soir au 24 matin. 



Séance du 28 mai 1869. 

Présidence de M. d'Aubuisson. 

M. Cartailhac expose que la Société a effectué son excursion 
projetée dans les environs de Montréjeau jusqu'à Saint-Pé-d'Ardet , 
Barbazan et Saint-Bertrand-de-Gommingos. Dans une séance 
extraordinaire tenue à Montréjeau, M. Isarn, commis principal 
des douanes à Toulouse, botaniste, a été nommé membre titulaire. 
— Enfin, il rend compte des résultats géologiques et paléon- 
tologiques de l'excursion. 

M. Peyre donne les résultats botaniques. 

M. Cartailhac rappelle que le Congrès Anthropologique aura 
lieu, cette année, en Danemark, et il engage la Société à souscrire 
pour un exemplaire du compte-rendu de ses séances, qui seront 
très-importantes. — Adopté. A 



- 163 - 

Séance du 11 juin 1869. 

Présidence de M. le D r Gourdon, vice-président. 

La Société reçoit : 

Bulletin de la Société impériale zoologique d'acclimatation, 
2 e série, t. IV, n° 4, avril 4869 ; 

De la part de la Société archéologique du Midi : lettre d'invi- 
tation à la séance publique du 13 juin pour la distribution des 
médailles; 

De la part de la Compagnie des chemins de fer du Midi : une 
nombreuse série d'ossements fossiles d'un gisement miocène près 
Mielan (Gers), — deux espèces de Rhinocéros, un petit ruminant 
sans cornes, le Cervus elegans, un petit carnassier, enfin le Dyno- 
therium et le Mastodonte. — Malheureusement, les ossements de 
ces derrières espèces surtout sont en très-mauvais état. — Des 
remercîments sont votés à la Compagnie du Midi. 

M. Timbal lit un rapport sur la course botanique, dans la foret 
de Bouconne, du 2 mai. 

M. Peyre rend compte de l'excursion faite à Buzet, le dimanche 
7 juin. 



Séance du S5 juin 1869. 

Présidence de M. le D r Gourdon, vice-président. 

La Société reçoit : 

De la part de M. Valdemar Schmidt : son ouvrage sur le Dane- 
mark, à l'Exposition universelle de 4867 ; in-8<% 262 p. Paris. 
Reinwald, 4868. 

De la part de M. Fouque (Ch.) : un Milan. 

De, la part de M. Timbal, fils : des photographies du Polyporus 
Igniarius (trouvé à Montlaur, au bord du canal du Midi, sur un 
arbre). 



- 164 - 

M. Peyrc rend compte de la petite excursion faite à la Croix- 
Fil I garde. 

M. H. Magnan qui a l'ait partie de l'excursion récente, ayant pour 
but l'exploration du pic de Cagire par la Société d'histoire natu- 
relle, donne quelques détails sur la constitution géologique de 
cette montagne. 

Les couches qui composent la région de Cagire sont dirigées 
N. S. et N. 0. -, leur inclinaison est ordinairement considérable 5 
en certains lieux, ces couches atteignent la verticale. 

La partie occidentale du massif, limitée par le Job, appartient 
au terrain jurassique supérieur (système oolithique) ; elle est 
principalement formée : par des dolomies et des calcaires noirâ- 
tres, fétides sous le choc du marteau ; par des schistes de teinte 
sombre, sub-ardoisiers et par des brèches dolomitiques à petits 
éléments. Cet ensemble ne paraît pas renfermer de fossiles; mais 
les caractères lithologiques ne laissent aucun doute sur sa place 
dans la série des terrains pyrénéens. 

La partie centrale et orientale de Cagire (sommet de Piquc- 
Poque, 1,899 m. ; pic de Cagire, 4,912 m.); c'est-à-dire la partie 
la plus élevée du massif, est formée de calcaires souvent fétides et 
quelquefois dolomitiques, qui alternent avec des calcaires com- 
pactes, marmoréens, gris ; avec des calschistes à texture fibreuse; 
avec des schistes noirâtres sub-ardoisiers, jaunâtres par décom- 
position. Les calcaires et. les calschistes contiennent, çà et là, des 
sections de Iludisles se détachant en noir sur le fond clair de La 
roche (Caprotina Lonsdalii), des Polypiers, ainsi que des Gasté- 
ropodes peu déterminables, parmi lesquels, pourtant, on a pu 
reconnaître des Nérinées de petite taille. 

Cette série, qui repose en concordance sur le terrain jurassique 
supérieur, doit être rangée, grâce aux fossiles qu'elle renferme et 
à la nature des roches, à la base du terrain crétacé inférieur, 
c'est-à-dire dans le Néocomien. Les couches qui la constituent 
ont d'ailleurs les mêmes caractères que celles rapportées par 
M. Magnan à cet étage, à Saint-Lizier, près de Saint-Girons ; à 
Penne -Arrouye, dans le massif de Lhéris ; dans les gorges de la 
Pierre-Lisse, près de Quillan ; etc., etc. 

M. Magnan fait remarquer que, sur la Carte géologique de 
la France, le massif de Cagire est colorié en bleu, teinte affectée 



- 165 - 

aux roches jurassiques. Il y a donc ici une conquête faite en faveur 
du terraiu crétacé inférieur, qui, l'on peut le dire, joue dans nos 
montagnes un rôle de premier ordre, ainsi que l'ont démontré ses 
derniers travaux. 

M. Magnan explique ensuite la présence de l'oolithe et du crétacé 
inférieur a Cagire, par des failles immenses, qui ont fait reparaître 
à de grandes hauteurs (1,912 m.), des couches que l'on peut 
étudier dans les petites montagnes, presque dans la plaine, au 
nord des régions hasiques d'Aspet et d'Arbon, c'est-à-dire dans 
les environs d'Encausse, de Ganties, de Barbazan, de Gour- 
dan, etc. 

M. le docteur Emile Joly exprime ses regrets de s'éloigner de 
Toulouse -, il donne sa démission de membre du comité de publi- 
cation. 

M, le président répond que la Société espère que Téloignement 
de M. Joly nessra pas un obstacle à ses communications si inté- 
ressantes. 

Le conseil d'administration devra se réunir jeudi. 



Séance du S Juillet flSG». 
Présidence de M. le D r Guitard , vice-président. 

La Société reçoit : 

Matériaux pour Vliistoire primitive et naturelle de l'homme, 
liv. de février, mars, avril 18(39. 

Bulletin de la Société impériale zoologique d' acclimatation 9 n° 5, 
mai 1869. 

Revue agricole du Midi de la France. 

De la part de M. Prosper d'Albenas : Collection d'animaux de 
Montevideo, parmi lesquels on peut citer le Kamichi, le Nandou, 
Y Albatros fuligineux, le Cygne à tête noire, le Fournier et son nid, 
un certain nombre de reptiles, des minéraux, quelques fossiles, 
(portion d'omoplate du Mastodonte del'Ohio). La Société vote des 
remercîments au donateur. 



— 466 — 

11. Truiat donne lecture d'un article ridicule, d'une provenance 
inconnue et publié par les journaux, sur les ossements donnés à 
la Société par la Compagnie des chemins de fer du Midi. Il est 
regrettable que de pareilles erreurs soient ainsi mises sous les 
yeux du public. 

M. Fouque communique à la Société les conclusions du conseil 
d'administration touchant diverses questions d'ordre intérieur. 

Plusieurs membres demandent que la Société soit affiliée à la 
Société zoologiquc d'acclimatation ; la compagnie décide que la 
question sera discutée, dans une séance spéciale, le 44 juillet. 



Séance extraordinaire du 14 juillet 1S69. 

Présidence de M, le D r Gourdon, vice-président. 

La Société reçoit : 

Mémoires de la Société d'émulation de Montbéliard, t. XII. 

La Minerve de Toulouse, liv. de juin et juillet 1869 ; 

De la part de l'auteur : Note sur une coupe des petites Pyrénées 
de VAricqe, in-4° (Ext. des Comptes- rendus de V Institut, t. LXVI); 
Note sur une deuxième coupe des petites Pyrénées de VAriégc. — 
Sur Vophite (diorité) , roche essentiellement passive, et Aperçu sur 
les érosions et les failles, par M. Henri Magnan, in-8° (Extr. du 
Bulletin de la Soc. géol, de France, 2 e série, t. XXV). 

De la part de M. Ferradou : une empreinte d'Unio dans une géode 
calcaire (commune d'Auradé, canton de l'Isle-en-Jourdain). 

Après un exposé de MM. Trutat et Gourdon et une longue dis- 
cussion, la Société décide qu'elle demandera à la Société impériale 
zoologique d'acclimatation d'être comptée au nombre des Sociétés 
affiliées. Le bureau est invité à faire les démarches nécessaires (4). 

M. Gartailhac donne lecture d'un Rapport sur les travaux de 
Vannée 48G8-4869. Extrait publié ci-après. 

(1) Ces démarches n'ont pas abouti. 



- 467 - 

Extrait du Rapport sur les Travaux de Tannée 1868--! 86!) 

Par E. Cartailhac. 



LES EXCURSIONS 

Une Société d'histoire naturelle pénétrée de sa mission ne pou- 
vait pas restreindre ses travaux aux séances ordinaires. Il ne 
devait pas lui suffire d'écouter avec intérêt les notices que chacun 
de ses membres a pu rédiger, et de les livrer au public dans ses 
Annales. Elle veut que devant la nature même l'union se fesse 
plus intime et véritablement profitable entre ses divers spécialis- 
tes; elle désire former, ça et là, dans la région d'actifs prosélytes 
et encourager de tout son pouvoir ceux qui déjà ont regardé la 
nature et cherchent à la comprendre pour mieux l'admirer. 

11 est juste de reconnaître que de courtes promenades restrein- 
tes à une seule partie de la science se faisaient quelquefois à 
Toulouse , sous la direction de quelques professeurs de notre 
Faculté des sciences. Mais notre Société a eu l'initiative de véri- 
tables excursions à travers le bassin Sous-Pyrénéen, soit vers les 
Pyrénées, soit vers la Montagne-Noire ou les bords du plateau 
Central. Ces excursions sont organisées par un règlement spécial, 
dont l'excellence a été reconnue, et jusqu'ici elles ont eu lieu avec 
un succès qui a dépassé nos espérances. 

C'est d'abord à Najac, dans l'Aveyron, que s'est rendue notre 
Société. Guidés par le D r Bras, de Villefranche, devenu dès-lors 
notre correspondant, les botanistes recueillaient sur les roches 
amphiboliques et serpentineuses des espèces spéciales au pays, et 
d'autres au contraire qui n'avaient été signalées que dans les 
Vosges et les Cevennes de l'Ardèche. 

Une autre fois, dirigés par notre zélé confrère, le D r Jeanber- 

nat, il nous fut donné de parcourir la contrée pittoresque, si 

! riche en plantes et en insectes , qui s'étend par Arfons, entre 

Revel et Lampy. Près de Sorèze, la Société visita la fameuse grotte 

du Calel; elle lit une longue et fructueuse station près du bassin 



— 168 — 

de Lampy, retenu par une digue de granit au pied des trônes et 
des pi us ; enfui, près du lac artificiel de Saint-Féréol elle recon- 
naissait la superposition des roches fossilifères lacustres de l'Eocène 
sur les couches primordiales de la Montagne. 

Plus lard nous abordions un autre côté de la Montagne-Noire, 
au-dessus des fertiles plaines du Languedoc : Montoulieu nous 
livrait ses fossiles nummulitiques de l'Eocène inférieur ; ses magni- 
fiques coquilles lacustres si bien décrites par notre savant maître, 
M. le D r Noulet; les roches primitives du haut massif de la foret 
de Ramondens, nous offraient, ainsi que les marais tourbeux, une 
faune et une flore particulières. . 

Un autre jour, la Société se rendait sur les bords du plateau 
central dans les départements du Tarn et du Tarn-et-Garonne 
pour reconnaître les récentes et importantes découvertes faites par 
M. II. Magnan. Sous la direction de notre infatigable géologue, nous 
pûmes étudier à Tonnac les bords du rivage de l'ancien lac Eocùnc; 
voir les grandes failles qui font buter contre le Permien les couches 
liasiques-, reconnaître l'étage du Zechstein, pour la première fois 
signalé en France ; recueillir entre Puech-Maurel et Vaour des 
roches triasiques ; et récolter entre Vaour et Saint-Antonin les 
précieux fossiles de l'infra-lias, du lias et de l'oolithe. 

Cette grande excursion, qui, on peut le dire, deviendra un 
jour classique, nous montrait que notre Midi ne le cédait pas au 
Nord pour la puissance et la variété des terrains ; qu'ici comme dans 
les Pyrénées, ils rentraient dans la loi commune. Elle fut loin d'être 
perdue pour les botanistes et les zoologues : la flore surtout, variée 
si franchement à chaque nouvelle formation , donnait lieu à des 
découvertes de détail pleines d'intérêt. 

Tournant ensuite ses yeux vers les Pyrénées, la Société fit 
l'ascension du Pic de Cagire, cette sentinelle avancée de nos gran- 
des montagnes. Elle découvrit des terrains et naturellement aussi 
des plantes, inconnus jusqu'ici dans ces régions. — Plus tard, 
enfin, une course plus rapide et plus modeste nous amenait aux 
environs de Barbazan et de Saint-Pé-d'Ardet, où les bords des 
petits lacs nous permettaient {le recueillir de bonnes espèces et 
d'observer les traces du glacier disparu de la vallée de la Garonne. 

Dans ces excursions la science n'est plus pour vous, Messieurs, 
seulement une aride nomenclature, des titres, des mots, des chif- 
fres, un numérotage qui ne parle pas à la pensée ; vous oubliez un 






- 469 - 

instant ces détails abstraits ; vous dites adieu aux classifications 
sèches et froides et à ces analyses anatomiques et mortes qui font 
je ne sais quel squelette de la nature éternellement vivante. 

Certes, ces nomenclatures, ces systèmes sont nécessaires pour 
classer les faits, servir la mémoire et favoriser l'extension des 
connaissances en coordonnant les observations déjà faites. C'est la 
base du monument 5 mais si la base est belle, le monument est 
sublime, admirons-le dans tous ses détails. 

Ici c'est une plante hier inconnue dans le pays, et qui, trans- 
portée par l'homme, l'oiseau , l'insecte ou le vent, se montre 
comme espèce spontanée et se multiplie à foison. Dès-lors, vous 
comprenez que chaque région n'a pas reçu à l'origine toutes les 
espèces qu'elle peut nourrir et conserver, que les causes physiques 
actuelles ne sauraient engendrer toutes les espèces appropriées à 
un pays, soit en les tirant de la matière organique, soit en modi- 
fiant les espèces existantes. — Là au contraire vous ne retrouvez 
plus telle espèce sauvage signalée jadis. Vous cherchez la cause de 
cette disparition et vous concevez l'influence révolutionnaire de 
l'homme et surtout du climat. 

Sur ce point vous remarquerez un Lichen, végétal rabougri, 
répandu dans ces parages arides; tandis que la pierre qui abrite 
ses racines vous donne l'empreinte d'une fougère arborescente, 
ancien témoin d'une végétation luxuriante. Vous comprenez dès lors 
ces changements dans le temps. Quels nouveaux horizons! Vous 
évoquez à coup sûr les îles, les archipels, les continents oubliés. 
Il vous suffit d'une feuille imprimée sur une argile pour conclure 
à l'existence de mondes antérieurs. 

Ou bien au sommet du Nethou vous ramassez un coquillage 
imperceptible. La Nummulite vous dit que là où se dressent les 
Pyrénées était jadis une vaste mer, que la plaine s'est abaissée et que 
la montagne est ainsi restée la dominant. Vous parcourez ces val- 
lées, ces coritreforts, et tout vous raconte l'histoire du monde. Vous 
reconnaissez qu'à trois époques différentes les Pyrénées ont été 
bouleversées et dénudées et que les terrains y sont constitués 
comme partout, grandiose simplicité. 

Après avoir aperçu, gravés sur les rochers en traits ineffaçables, 
une suite de paysages qui s'enchaînent et reculent d'âge en âge 
dans une perspective infinie, après avoir perdu patience à compter 
ces formes vivantes changées à chaque aurore dans les siècles de la 

42 



— 170 - 

terre, séduit par une admirable théorie vous formez une chaîne 
des ùtres, et quoique les plus lointains anneaux se cachent dans 
l'inconnu, vous êtes disposés à croire que cette chaîne est une filia- 
tion. Mais qu'est ceci? une Libellule qui a rasé de son aile les eaux 
stagnantes de la période du Lias, est pareille à celle-ci qui voltige 
autour de nous. Voici d'autres insectes : ces coléoptères encore parés 
de toutes leurs couleurs et conservés dans une goutte de succin, 
sont identiques à ceux de nos jours. Pendant la durée intermina- 
ble des mers jurassiques, crétacées, tertiaires, ils sont restés 
immuables. C'est l'affirmation de YEspèce; c'est le problème le 
plus palpitant de l'univers. 

Entin Zoologie, Botanique, Géologie ne vous occupent pas seule- 
ment dans vos excursions scientifiques -, vous avez une prédilection 
légitime pour la science de Y homme, et bien mieux que ne sauraient 
le l'aire une exposition dans un musée ou une description dans une 
de vos séances, un coup de pioche dans une grotte ou dans un 
talus offre à tous les regards la preuve manifeste de la haute 
antiquité de l'humanité, et sa sauvagerie primitive comparée à la 
civilisation actuelle promet à nos lointains descendants le meilleur 
avenir. 

Tels sont, entre mille, quelques-uns des graves sujets de vos 
conversations, Messieurs, lorsque vous parcourez la région que 
vous vous êtes donné pour mission d'étudier. Vous savez que ceux 
qui, par hasard, se joignent une fois à notre groupe sont pour tou- 
jours nos compagnons fidèles. C'est que la science est le meilleur 
lien entre des hommes bien nés. Elle amène vite à un degré d'inti- 
mité qui permet les causeries familières, les contradictions utiles et 
les argumentations paisibles. Toutes les amères discussions politi- 
ques ou religieuses sont, d'un commun accord, écartées aveesoin, et 
il n'y a de place dans vos esprits satisfaits et transformés quelquefois 
par ces études d'un si puissant attrait, que pour l'estime et l'affec- 
tion réciproque. Puisse la Société d'histoire naturelle de Toulouse 
donner toujours cette marque de véritable intelligence et de raison. 
Qu'elle ne perde jamais sa bienveillance qu'elle est heureuse de 
témoigner à tous ceux qui viennent à elle ; et si un jour elle 
acquiert quelque renommée et compte dans la science, qu'elle 
ne méconnaisse pas l'origine de sa prospérité, qu'elle garde ses 
traditions. 



- 471 — 

RÈGLEMENT 
DES EXCURSIONS 

DE LA 

SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE. 



Art. 4 er . Les excursions faites par la Société en vertu de l'art. 40 
du Règlement général, sont de deux sortes : 

1° Extraordinaires, quand elles ont lieu loin de Toulouse. 

2° Ordinaires, quand elles sont faites dans les environs immé- 
diats de Toulouse. 

Art. 2. Les excursions extraordinaires peuvent, en outre, être 
suivies d'une séance extraordinaire et publique, tenue dans une 
des villes de la région où elles s'exécutent. 

TITRE I er . 
Excursions extraordinaires. 

§ 1 er . — Dispositions préliminaires . 

Art. 3. Chaque année, une Commission composée de cinq 
membres, nommés en séance, sera chargée d'examiner les projets 
d'excursions extraordinaires qui lui seront soumis pour l'année 
courante. Son rapport devra être déposé, au plus tard, avant le 
45 février. 

Art. 4. Les projets soumis à l'examen de la Commission devront 
renfermer les indications suivantes : 

\° Voies de communication et moyens de transport. 

2° Epoque présumée la plus favorable pour l'exécution de la 
course. 



• — 172 — 

3° Détails indispensables d'organisation et programmes à suivre- 

4>» But principal de l'excursion. 

5° Enfin, description succincte de la région proposée. 

Art. 5, Un devis approximatif des dépenses prévues sera joint 
au dossier et devra renfermer spécialement l'indication des frais 
préliminaires que peut entraîner l'organisation de la course. 

Art. 6. Ces projets restent placés sous la responsabilité de 
ceux qui les présentent, et, en cas d'acceptation par la Société, ils 
doivent prendre l'engagement d'en assurer la bonne exécution. 

Art. 7. Dés que les projets auront été adoptés, en séance, par 
la Société, ils seront imprimés et distribués dans le plus bref 
délai et annoncés dans les journaux, quinze jours au moins avant 
la date fixée pour leur exécution.. 

§ 2. — Dispositions générales. 

Art. 8. Lorsque la Société fait une excursion extraordinaire, 
un Bureau spécial composé d'un Président, d'un Vice-Président 
et d'un ou plusieurs Secrétaires, est choisi par et parmi les mem- 
bres présents pour toute,Ia durée de l'excursion. 

Art. 9. L'organisateur de la course fait, de droit, partie des 
Secrétaires. 

Art. 40. Le Président prend toutes les mesures nécessaires 
pour assurer la parfaite exécution du programme et en maintenir 
l'ordre. Il préside les séances publiques extraordinaires. En cas 
d'empêchement, il est suppléé par le Vice-Président. 

Art. 11. Les Secrétaires rédigent les rapports qui seront lus 
plus tard en séances ordinaires, et s'aident pour cela des notes 
recueillies par tous les membres présents à la course. 

Art. 12. En dehors du Bureau spécial, le secrétariat permanent 
continue de fonctionner pour toutes les affaires de la Société. 

Art. 13. Les membres qui ne se conformeraient pas aux déci- 
sions et aux mesures d'ordre qui seront prises par le Bureau 
spécial, perdront, pour les excursions, tout droit aux facilités que 
leur assurerait leur titre de membre de la Société. 

Art. 14. Aucun membre de la Société, à l'exception du Prési- 
dent de l'excursion, ne peut, en l'absence du Bureau spécial, se 
considérer comme représentant la Société en quelque lieu que ce 



- 173 - 

soit, ni vis-à-vis de qui que ce soit, à moins qu'il n'ait reçu, à cet 
effet, un mandat spécial du Bureau provisoire. 

Art. 45. Suivant les circonstances, la durée de l'excursion 
peut être prolongée ou abrégée par le Bureau spécial. 

§ 3. — Frais généraux. 

Art. 16. Cinq jours, au moins, avant la date fixée pour 
l'excursion, un registre de souscription sera ouvert au Secrétariat- 
général ou dans tout autre endroit jugé préférable, et les membres 
qui voudront y prendre part devront s'y inscrire. 

Art. 17. En s'inscrivant, les membres devront verser intégra- 
lement, à titre d'arrhes, le montant de la somme fixée pour les 
dépenses préliminaires d'organisation. 

Art. 18. Deux jours avant le départ, ce registre sera clos et les 
sommes versées à titre d'arrhes ne pourront être remboursées, 
sauf décision contraire du Conseil d'administration. 

Art. 49. En partant, les membres présents verseront entre les 
mains du Secrétaire organisateur le complément de la somme 
prévue par le devis approximatif des dépenses de l'excursion. • 

Art. 20. Chaque soir, le Secrétaire organisateur rend compte de 
l'emploi des sommes versées entre ses mains, et, s'il y a lieu, pro- 
cède à un nouvel appel de fonds. 

Art. 21. Toutes les dépenses non prévues dans le devis approxi- 
matif ou celles qui n'auraient point été décidées par le Bureau 
spécial, restent à la charge de chaque membre. 

Art. 22. Les membres de la Société qui prendraient part aux 
excursions sans avoir été préalablement inscrits sur le registre 
de souscription, ne le feraient qu'à leurs risques et périls, et ne 
pourraient prétendre avoir le droit de jouir des bénéfices de l'asso- 
ciation réservés aux seuls souscripteurs. 

TITRE II. 

Excursions ordinaires. 

Art. 23. Les courses ordinaires ont lieu deux fois par mois, le 
dimanche et jours de fêtes, depuis le 4 er avril jusqu'au 30 sep- 
tembre. 



- 174 - 

Art. 24. Une Commission spéciale composée de trois membres, 
nommés en séance pour un an, fixe la date de chaque course et 
la localité, et indique l'heure du départ et le lieu du rendez-vous. 

Art. 25. Cette Commission dirige les courses ou délègue un de 
ses membres pour les diriger. 

Art. 26. Chaque course est annoncée dans la séance ordinaire 
qui la précède. 

Art. 27. Un membre choisi par et parmi les membres présents 
fait, à la séance suivante, un rapport sur l'excursion. 

Art. 28. Les courses se font à frais communs et les dépenses 
sont partagées proportionnellement au nombre des membres pré- 
sents. 

Art. 29. Si la course doit entraîner des frais préliminaires, les 
membres qui voudront y prendre part devront se faire inscrire 
au secrétariat. La liste sera close le samedi, veille de l'excursion, 
à midi. 

Art. 30. Ce règlement ne pourra être modifié que sur demande 
motivée introduite par trois membres et appuyée par un vote de 
la Société. 



— 175 — 
ÉTAT 

DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 
DE TOULOUSE. 

Août 1869. 

Membres nés. 

M. le Préfet du département de la Haute-Garonne. 

M. le Maire de Toulouse. 

M. le Recteur de l'Académie de Toulouse. 

Membres honoraires. 

MM. Clos, Professeur à la Faculté des sciences, Directeur du Jardin des 
Plantes de Toulouse. 

Daguin , Professeur à la Faculté des sciences, Directeur à l'Obser- 
vatoire de Toulouse. 

E. Dulatjrier, Membre de l'Institut, Professeur à l'Ecole des Langues 
orientales vivantes. 

E. Filhol, Professeur à la Faculté des sciences, Directeur de l'Ecole 
de médecine de Toulouse. 

Lavocat, Directeur de l'Ecole vétérinaire de Toulouse. 

Edouard Lartet, Professeur au Muséum d'histoire naturelle. 

J.-B. Noulet, Professeur à l'Ecole de médecine de Toulouse. 

Membres titulaires. 

MM. D'Adhémar (Victor), Mainteneur de l'Académie des Jeux Floraux. 
Alzieux, Médecin, à Axiat (Ariége). 
D r Armieux, médecin-major, à Toulouse. 
D'Auruisson (Auguste), Fondateur. 
Badin, Chirurgien-orthopédiste. 
Belleville, Commandant en retraite. 
Berdoulat (Jules), Fondateur. 
Besaucèle, Etudiant en médecine. 
Biroteau. 



- 176 - 

MM. D r Bonamy, Professeur à l'Ecole de Médecine. 
Bonnal (Edmond), Fondateur. 
D r Bonn ans, aux Cabanes (Ariége). 
Bordenave, Chirurgien-dentiste. 
Brun (Emile), Conservateur du Muséum de Montauban. 
Calmels (Henri). 

L'abbé Carrière, Directeur de la Société archéologique du Midi. 
Cartailhac (Emile, Directeur des Matériaux pour l'histoire pri- 
mitive de l'homme, Fondateur. 
Cassanhol (Edmond), Fondateur. 
Chalande, Fondateur. 

De CONSTANT-BONNEVAL. 

Cuq, Docteur en médecine. 

Duboul (Léopold). 

Filhol (Henri), interne des hôpitaux de Paris. 

Fittère, Pharmacien, à Auch. 

Fouque (Charles), Membre de la Société géologique de Fiance, 

Fondateur. 
D r Gourdon, Professeur à l'Ecole Vétérinaire de Toulouse. 
D r Graciette. 
Grayelle, Professeur. 
D r Guiraud, à Montauban. 

D r Guitard, Professeur à l'Ecole de Médecine, Fondateur. 
Isarn, Commis des douanes. 
Jaybert, Juge de paix, aux Cabanes (Ariége). 
D r Jeanbernat, Membre de la Société botanique de France. 
Joly (Arthur), Professeur au Lycée de l'Ile de la Réunion. 
D r Joly (Emile), Médecin aide-major, Fondateur. 
D r Labéda, Chef des travaux anatomiques à l'Ecole de Médecine 
Lacaze (Marius), Fondateur. 
Lacroix (Adrien), Fondateur. 
Lambert, Fondateur. 
Lassère, capitaine d'artillerie. 
Magnan (Henri), Membre de la Société géologique de France, 

Fondateur. 
Magnes fils, D r en pharmacie. 
De Malafosse (Louis), Membre de la Société archéologique du Midi 

de la France. 
Marqlet, Fondateur. 
M un y, Fondateur. 

Melliés, Professeur à l'Ecole des Arts, Fondateur. 
De Montlezun (Armand), Fondateur. 
Mi 98Y, Ingénieur des mines, à Vicdessos (Ariége). 



- 177 - 

MM. Pendaries (Emmanuel). 

Peyre (Armand), Membre de la Société botanique de France, et de 

la Société de géographie, Fondateur. 
Piette (Alexandre), Fondateur. 
Pla, Professeur à l'Ecole Normale, Fondateur. 
De Planet, Ingénieur civil. 
Regnàult (Félix). 
Rivière, Fondateur. 

Rozy, Professeur à la Faculté de Droit de Toulouse. 
De Sambucy (F.), Mainteneur de l'Académie des Jeux Floraux. 
D r Thomas (Philadelphe) , à Gaillac (Tarn). 
Thoumaing, chef de gare, à Foix . 
Timbal-Lagrave (Ed.), Pharmacien. 
Timbal-Lagrave (Albert). 
Trutat, Conservateur du Muséum d'histoire naturelle de Toulouse, 

Directeur des Matériaux pour l'histoire de l'Homme, Fondateur. 
Vidal. 
Wright. 

Membres correspondants. 

MM.Aimàrd, Archiviste, au Puy (Haute-Loire). 
d'Aquila (Philippe), à Paris. 
d'Aquila (Louis), à Paris. 

Aubouy, Profes. d'histoire naturelle au Collège de Lodève (Hérault). 
D r Bleicher, Professeur suppléant à l'Ecole du service de santé, à 

Strasbourg. 
D r Bras, à Villefranche (Aveyron). 
Chantre (Ernest), Membre de la Société géologique de France, et 

de la Société des sciences industrielles de Lyon. 
Dusan (Bruno), Directeur de la Revue archéologique du Midi. 
Fourcade (Charles), Vétérinaire à Luchon. 
Lalande (Philibert), correspondant de la Commission de topographie 

des Gaules, à Brive (Corrèze). 
Malinowski, Professeur au Collège d'Alais (Gard). 
Massenat (Elie), Manufacturier, à Brive (Corrèze). 
De Messemeker, à Bergues, près Dunkerque. 
Paparel, à Mende (Lozère). 
Poujol (Henri), à Mérueys (Lozère). 
Tournal, Directeur du Musée de Narbonne. 
Valdemar Schmidt, attaché au Musée des antiquités du Nord, a 

Copenhague. 
Venckes, Naturaliste, à Strasbourg. 



- 178 — 



Officiers de la Société 



Pendant l'année 1868-1869 (ij. 



Président : 
Vice-présidents : 

Secrétaire-général 



M. 
M. 
M. 
M. 



Secrétaire-adjoint : M. 

Trésorier : M. 

Archiviste : M 

Membres du Conseil\ M 

d'administration : \ M 

(M. 

Comité de J M 

publication : 

M. 



Filhol, Professeur à la Faculté des sciences. 
Guitard, Professeur à l'Ecole de médecine. 
Gourdon, Professeur à l'Ecole vétérinaire. 
Eugène Trutat, Conservateur du Musée d'his- 
toire naturelle. 
Marius Lacàze. 
Charles Fouque. 
Emile Cartailhac. 
le professeur Pla. 
Marquet. 
le D r Emile Joly. 
le D r Jeanrernat. 
H. Magnan. 
Emile Cartailhac. 



(I) Dans sa séance du 11 novembre 1866, la Société a décidé que, contraire 
ment au règlement, le bureau de 1866 était nommé pour trois ans. 






- 179 - 

LISTE 
des Académies et Sociétés savantes 

Avec lesquelles la Soeiété d'Histoire naturelle est en correspondance. 



Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse. 

Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand, 

Académie de la Rochelle ^section sciences naturelles) . 

Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen. 

Société académique de Maine-et-Loire. 

Société de médecine, chirurgie et pharmacie de Toulouse. 

Société linnéenne de Bordeaux (Gironde). 

Société zoologique d'acclimatation, Paris. 

Société des sciences naturelles de Strasbourg (Bas-Rhin) , 

Société d'agriculture, sciences, arts et commerce du Puy (Haute- 
Loire). 

Société d'agriculture de la Haute-Garonne. 

Société des lettres, sciences et arts de VAveyron. 

Société des sciences naturelles de Colmar (Haut-Rhin). 

Société d'agriculture, d'archéologie et d'histoire naturelle du 
département de la Manche. 

Société d'études scientifiques et archéologiques de Draguignan. 

Société des sciences physiques et naturelles d'Ille-et- Vilaine. 

Société d'agriculture, sciences et belles-lettres de l'Aube. 

Société archéologique, scientifique et littéraire de Bèziers. 

Société des sciences et arts de Vitry-le- Français. 

Société des sciences historiques et naturelles de Semur (Côbe-d'Or). 

Société d'archéologie, sciences, lettres et arts de Seine-et-Marne. 

Société polymatique du Morbihan. 

Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne. 

Société Algérienne de climatologie et des sciences physiques et 
naturelles, Alger. 



— 180 — 

Société d'agriculture, industrie, sciences, arts et belles-lettres de 

la Loire. 
Société d'émulation du Jura (Montbéliard) . 
Société d'agriculture, sciences et arts de la Marne. 
Société littéraire et scientifique d'Âpt (Vaucluse) . 
Société des sciences naturelles et historiques de V Ardèche. 

Journaux et Revues. 

Revue agricole du Midi. Directeur : D r Gourdon. 
La Minerve de Toulouse, Directeur : Gatien-Arnoult. 
Matériaux pour servir à l'histoire primitive et naturelle de 
l'homme. Directeurs : Trutat et Cartailliac. 



181 - 



TABLE DES ARTICLES. 



Henri Màgnan. — Étude des formations secondaires des bords 
S. 0. du plateau central de la France, entre les vallées 
de la Vère et du Lot. 

Pages. 

Préambule 5 

Historique ' . fi 

Travaux de MM. Dufrénoy, Manès, Dufrénoy et Elie de Beau- 
mont, Fournet, Leymerie, de Boucheporn, Boisse, Marcel 
de Serres, d'Archiae, Ebray, Harlé, Reynès, Noulet. 

Considérations générales. — Directions et allure des terrains. — 

Failles 4 2 

Coupe de Donnazac à Saint-Antonin (PI. I, fig. 4) . 4 5 

Coupe de la Borie à Bruniquel (PL I, fig. 5) 38 

Coupe de Cordes à Galabert (PI. I, fig. "3). 4? 

Coupe de Laguépie à Caylux (PI. I, fig. 2) 47 

Coupe de Trebessac au Mas-del-Sol (PI. I, fig. 4) 52 

Résumé lithologique et paléontologique des terrains étudiés entre 

les vallées de la Vère et du Lot. 55 

Première Série. — Terrains horizontaux. 

Terrain quaternaire 56 

— tertiaire 56 

Deuxième Série. — Terrains inclinés. 

Terrain secondaire. 

Groupe de l'Oolithe ( oolithe supérieure, moyenne et infé- 
rieure). . . . , 57 

Groupe du Lias (lias supérieur, moyen et inférieur, infralias). 64 



— 182 — 

Pages. 
Groupe du Trias (keuper, muschelkalk, grès bigarré). ... 68 
Groupe du Permien (zechstein, rothe-todte-licgende). ... 70 

Troisième Série. — Terrains très inclinés. 

Terrains cristallisés et primordiaux. 
Gneiss, schistes micacés, etc. — Granité 72 

REMARQUES ET CONCLUSIONS. 

Analogie entre les terrains secondaires des bords S. 0. du 
plateau central et ceux du nord de la France et de l'Europe. 73 

Dislocations. — Epoques auxquelles elles ont eu lieu. — 
Les accidents qui se rapportent aux systèmes du Thurin- 
gerwald et du Mont-Seny ne se sont pas produits à la fin 
de la période triasique 74 

Importance du phénomène des érosions à diverses époques. . 70 

Conséquences qu'entraînent l'existence des failles et le 
phénomène des érosions sur les bords du plateau central 

de la France 78 

Appendice 80 

Marquet. — Catalogue des insectes coléoptères du Langue- 
doc. — Espèces observées dans quelques régions de cette 
province, notamment à Toulouse, Béziers, Cette, etc. 

Première partie : Gicindelidae 84 

Carabidae 85 

Ditomidse 90 

Scaritidse 91 

Chlsenidse 92 

Stomida? 93 

Harpalidœ 94 

Feronidœ 98 

Pogonidœ 103 

Trechidse 103 

Ed. Timbal-Lagiuye. — Précis des herborisations faites par 
la Société pendant l'année 1869 107 

Plantes rares ou nouvelles pour la flore du bassin sous- 
pyrénéen 133 

Marquet. — Sur quelques insectes coléoptères de la famille 
des charançons 135 



- 183 - 

Pages. 

Procès-verbaux des séances 137 

ANTHROPOLOGIE. 

Dolmens de l'Aveyron, du Gard, de l'Hérault (Cartailhac). . 141 

Ossements des dolmens 148 

Dolmens de la Lozère (L. de Malafosse) 149 

Grotte de Durfort (Bunel, Cartailhac) 153 

Station préhistorique de Villematier, H. -G. (Pendaries) . . . . 149 

L'Antropologie au congrès archéologique de 1869 140 

Division des âges an téhistoriques (E. Trutat) 147 

Age de la pierre taillée en Egypte (Cartailhac, Dusan). ... 158 

GÉOLOGIE. — PALÉONTOLOGIE. 

Rhinocéros près Toulouse (Chalande) 143 

Mastodonte, à Roquelaure, Gers (Ed. Filhol) 150 

Fossiles du golfe de la mer Jurassique, Lozère (L. de Malafosse). 

Discussion (Magnan) 168 

Labyrinthodon de Lodève (Chalande) 161 

Ossements miocènes de Miélan, Gers 165 

Géologie du mont Cagire (Magnan) 164 

ZOOLOGIE. 

Animaux du cap de Bonne-Espérance (Trutat) 142 

Ours des Asturies (Trutat) 159 

Sur les écailles des papillons (Calmels) 161 

BOTANIQUE. 

Knautia sylvatica monstrueuse (Peyre) 151 

Etude de quelques Carex. — Rapport (Peyre) 154 

VARIA. 

Action de l'Iode sur les sulfures insolubles (Filhol et 

Melliès) 144 

Extrait du rapport sur les travaux de l'année. — Les 

Excursions (Cartailhac^ 166 



Règlement des excursions 171 

Etat des membres de la Société 175 

Liste des Académies et Sociétés en correspondance avec 

la Compagnie ,^r^r^^> 179 






Toulouse. — Imprimerie de HONNAL et GIBRAC, rue SainURome, <i4. 






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